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La compassion nous ouvre le cœur et nous rend plus heureux-se

8 minutes
La compassion nous ouvre le cœur et nous rend plus heureux-se
Dernière mise à jour : 08 août, 2017

La compassion est notre aptitude à comprendre la souffrance de l’autre, cette émotion répond au désir de soulager et d’atténuer la tristesse des personnes qui nous entourent. Le concept de compassion est plus simple mais à la fois plus intense que l’empathie, il nous invite à vouloir aider et réduire la souffrance d’autrui.

L’auto-compassion, en revanche, nous permet d’adopter une attitude compréhensive vis-à-vis de nous-même, en particulier quand les choses ne se passent pas comme nous l’avions prévu. Apprendre à développer la compassion est une compétence qui peut nous aider à nous sentir plus heureux-ses et satisfait-e-s au quotidien; sans pour autant, bien entendu, en abuser ou en prendre plaisir.

Le psychologue et chercheur Paul Gilbert, créateur de la thérapie fondée sur la compassion, affirme que ressentir de la compassion pour les autres ne signifie pas avoir de la pitié pour elleux. C’est davantage une motivation qui nous donne de l’énergie pour les aider, de manière à ce qu’iels puissent elleux-mêmes soulager leur propre souffrance grâce à notre soutien.

Les composantes de la compassion

Le terme compassion signifie littéralement “souffrir ensemble” ou “gérer les émotions à partir de la sympathie”. C’est une émotion qui surgit lorsque nous percevons la souffrance des autres et qui nous provoque une envie de réduire cette souffrance que nous voyons en elleux. L’émotion de la compassion se divise en différentes composantes :

  • Une composante cognitive qui englobe l’attention et l’évaluation de la souffrance d’autrui, ainsi que la reconnaissance de notre aptitude à réagir face à la souffrance des autres.
  • Une composante comportementale qui inclut l’engagement de chacun et la décision inébranlable de réaliser des actions visant à éliminer la souffrance.
  • Une composante émotionnelle qui nous pousse à puiser au plus profond de nous-même, générant des réactions émotionnelles qui nous fournissent une satisfaction personnelle. Notre degré de bien-être psychologique dépend en partie du type de relations que nous établissons avec les autres. Si nous tissons des liens basés sur la bienveillance et la compassion, il sera plus simple d’être satisfait-e-s par nos actes.
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La compassion nous ouvre le cœur

Cette émotion nous permet d’interagir avec notre cœur et ainsi de nous mettre à la place des autres. Elle nous ouvre la porte des émotions en nous permettant de comprendre la vie que les autres mènent, et de ressentir ce qui peut les blesser ou les faire souffrir.

La compassion,  si elle est sincère, nous aide à cesser de regarder notre nombril en étendant notre vision sur ce qui se passe dans notre entourage. Elle nous rappelle que nous ne sommes pas seuls dans ce monde, que les autres aussi ont de l’importance. De plus, si l’aide que nous leur offrons est honnête, cela nous procurera une immense paix intérieure.

L’acte de compassion nous rapproche de l’autre, nous offre la possibilité de donner le meilleur de nous-même pour aider les autres, avec humilité et proximité. Cela nous rend plus humain-e-s, sensibles et sincères avec les personnes qui nous entourent, et bien entendu, avec nous-même. Chaque fois que nous nous préoccupons pour quelqu’un qui le nécessite, nous élargissons notre cœur et offrons à l’autre une aide sincère.

La peur de la compassion

Pourquoi ne saisissons-nous pas de toutes les opportunités qui se présentent à nous ? Nous sommes dans l’impossibilité d’agir avec compassion car notre attention n’est pas focalisée sur les bonnes intentions. La neuroscience sociale a démontré que l’envie d’aider fait partie de notre instinct naturel. Au niveau cérébral, nous sommes préparé-e-s pour aider. Alors pourquoi n’aidons-nous pas systématiquement ?

Le sentiment de compassion peut mener vers une peur d’agir pour différentes raisons, par exemple :

  • Penser qu’aider les autres à réduire leur souffrance nous rend plus vulnérables et donc faire face à un rejet de la compassion.
  • Être incapables d’observer des personnes souffrantes, car cela pourrait réveiller en nous de la tristesse que peut-être nous ne souhaitons pas ressentir.
  • Raviver, au travers de la compassion, des blessures enfantines non-cicatrisées, qui nous empêchent de ressentir la souffrance d’autrui.
  • Sentir que si nous entrons en contact avec la souffrance d’autrui, nous ne pourrons ensuite plus nous en éloigner.
  • Centrer nos attentions sur d’autres choses qui nous paraissent “plus importantes”.

“Le problème humain basique est l’absence de compassion. Tant que ce problème subsistera, les autres problèmes subsisteront. S’il se résout, nous pourrons espérer des jours plus heureux.”

-Dalaï Lama-

L’auto-compassion, la capacité à nous accepter tel-le-s que nous-sommes

L’auto-compassion se construit lorsque nous prenons conscience de notre souffrance interne, en comprenant sa signification,  nous permettant de l’accepter et nous donnant de l’affection. C’est une manière d’encourager une attitude amoureuse envers nous-même, quand les choses ne se déroulent pas comme nous l’avions prévu.

“Sois le changement que tu veux voir dans le monde.”

-Gandhi-

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La compassion nous invite à regarder la société comme une force de transformation, de notre intérieur vers l’extérieur. Au lieu de nous remplir d’auto-critique et de jugement, l’auto-compassion nous permet d’être bienveillant-e-s et de développer un-e adulte amoureux-se en notre intérieur, qui prend soin de nous et nous protège chaque jour. La souffrance, au lieu de nous éloigner de l’humanité, nous unit à elle.

4 étapes pour développer la compassion

Pour percevoir la souffrance d’autrui et exercer l’auto-compassion, il est nécessaire de développer sa manière de percevoir la souffrance. Nous devons prendre conscience et nous concentrer sur une seule vérité, nous ne sommes pas seul-e-s, certaines personnes ont besoin d’aide. Autrement dit, ne pas détourner le regard. Lorsque nous entrons en contact avec la souffrance d’autrui, nous pouvons être débordé-e-s par nos émotions. Notre deuxième tâche sera donc d’apprendre à gérer les émotions qui naissent au moment d’agir avec compassion.

Percevoir la souffrance

Percevoir sa propre souffrance et celle d’autrui est la première étape vers le chemin de la compassion. Pour cela, nous devons ouvrir notre cœur, ce qui nous permettra d’interagir avec nos émotions. Par exemple, si dans la rue nous croisons une personne souffrante, nous devons nous arrêter un moment pour ressentir cette souffrance, au lieu de passer devant comme si de rien n’était.

Evaluer la souffrance d’autrui

Il est important de pratiquer l’observation sans jugement, car sinon, la compassion ne surgira pas en nous. Elle n’apparaîtra pas non plus si nous n’avons pas préalablement réaliser la première étape de perception de la souffrance. Par exemple, si nous pensons que la personne mérite sa souffrance, il est fort probable que la compassion n’apparaisse pas.

Ressentir pleinement l’émotion

Nous ouvrir à l’émotion signifie que nous nous permettons de ressentir toutes les émotions, même si parfois elles nous provoquent souffrance et mal-être. Si nous nous laissons porter par la compassion, nous pourrons accéder au sentiment de bienveillance.

Par exemple, si nous voyons à la télévision une information qui nous touche, il faut nous autoriser à pleurer, ne pas se retenir. Par ce moyen, nous pourrons nous sentir plus libres au moment de ressentir de la compassion.

Passer à l’action

Après avoir pu percevoir la souffrance des autres, évaluer son importance et ressentir l’émotion sans barrière, il est temps d’agir pour extérioriser le sentiment qui ne doit pas rester interne. Par exemple, nous pouvons essayer de soulager la souffrance d’un ami ou d’un membre de notre famille, et lui donner cet appui émotionnel dont il a besoin.

Les effets positifs de la compassion

Lorsque nous ressentons de la compassion, il y a plusieurs effets positifs pour la société ainsi que pour nous-même. Pour le Dalaï Lama, le pouvoir de la compassion à la capacité de :

  • Favoriser une éducation fondée sur l’empathie, l’étique et le développement personnel.
  • Créer de nouveaux systèmes économiques plus justes pour la société.
  • Reconnaître que nous sommes une espèce humaine unique, dans laquelle il n’y a pas de séparation entre eux/nous et supérieur/inférieur.
  • Développer le dialogue et la communication au lieu de la violence.
  • Réduire les inégalités sociales en permettant une plus grande transparence dans tous les domaines.
  • En finir avec les différences culturelles, les préjugés et la corruption.
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En intégrant la compassion dans notre vie, nous pourrons noter des changements significatifs. Nous pouvons essayer d’imaginer un être cher souffrant et observer les effets que cela provoque dans notre corps. Envoyer à cette personne des sentiments de bienveillance et de compassion. Voir les changements que cet exercice instaure en nous. Ensuite, essayer d’envoyer des sentiments positifs à quelqu’un que nous n’apprécions pas particulièrement et analyser ce qu’il se passe dans notre corps.

Le mindfulness ou pleine conscience nous aide à développer cette compassion qui est ensuite transmissible aux autres. Pour développer la compassion et pouvoir passer à l’action, nous devons générer un espace mental, comme si nous réalisions notre propre consultation, dans lequel nous percevrons la souffrance des autres. Ainsi, nous mettrons notre grain de sable et contribuerons à construire un monde plus juste et généreux.

Le changement de la société commence par un meilleur comportement les un-e-s envers les autres, la pratique de l’empathie et de la compassion envers chacun de nous, et des autres. Il n’y a pas d’excuse pour ne pas commencer dès aujourd’hui. Plus tôt nous expérimenterons la compassion, plus nous ressentirons du bonheur et du bien-être dans notre vie quotidienne.

 

Ce texte est fourni à des fins d'information uniquement et ne remplace pas la consultation d'un professionnel. En cas de doute, consultez votre spécialiste.