Comment survivre à la désapprobation de nos parents

L'invalidation constante de nos parents peut continuer à nous influencer dans le présent, dans la façon dont nous construisons des histoires, révisons le passé ou regardons vers l'avenir.
Comment survivre à la désapprobation de nos parents
Valeria Sabater

Rédigé et vérifié par Psychologue Valeria Sabater.

Dernière mise à jour : 10 décembre, 2021

Survivre à la désapprobation de nos parents peut être un défi qui occupe une grande partie de notre vie. Peu importe que nous soyons adulte et que nos responsabilités soient distincts du foyer parental. L’ombre de ces parents, habitués à critiquer, sanctionner ou sous-estimer tout ce que nous faisons, peut nous hanter longtemps.

Ceux qui subirent ce type de dynamique gardent en mémoire une scène précise. Celle dans laquelle une mère critique la façon de s’habiller de sa fille ou dans laquelle un père désapprouve le type d’amis qu’elle ramène à la maison.

Les premières critiques deviennent souvent des germes qui déforment l’image. L’image de soi peut être très affectée en cas de mauvaise gestion de ces commentaires.

Une désapprobation est une invalidation, et peu de choses peuvent être plus dommageables pour notre développement personnel. De même, et presque sans nous en rendre compte, nous pouvons finir par hériter de ces récits que nos parents immiscèrent en nous.

Cela se traduit, par exemple, en disant des choses comme « pourquoi vas-tu porter ces vêtements ? C’est trop tape-à-l’œil pour toi !” ou “mieux vaut ne pas prêter attention cette personne parce qu’elle ne t’appréciera pas”. Souvent, le substrat d’une faible estime de soi vient de la façon dont nos parents nous parlaient.

Le dialogue basé sur la désapprobation est parfois transmis de parent à enfant. Nous parlons à nos enfants de la même manière qu’ils nous parlèrent et, pire encore, de la manière dont nous nous parlons à nous-mêmes.

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Les clés pour survivre à la désapprobation de nos parents

La chaleur, l’empathie et surtout savoir valider les enfants favorisent directement leur bien-être. Une étude de l’Arizona State University (États-Unis) indique en effet que l’approbation et l’expressivité maternelle positive optimisent les compétences sociales des enfants.

Cependant, le dars de la désapprobation est une dynamique fréquente dans le domaine de la parentalité et de l’éducation. Ce sont des attitudes qui invalident ce que l’enfant fait, dit ou ressent. Ses propres aspects sont remis en question et critiqués, y compris ses besoins. Il est alors courant que deux conséquences en résultent.

D’une part, l’enfant ou l’adolescent ressentira le besoin de solliciter l’approbation parentale comme seul moyen de validation et source de bien-être. D’autre part, il est fréquent qu’ils finissent par se déconnecter d’eux-mêmes, qu’ils se remettent en question et qu’ils cherchent toujours des sources externes de validation pour se sentir bien. Tout cela conduit souvent à des troubles anxieux et même à la dépression.

Gardons cela à l’esprit. Il est très fréquent d’atteindre l’âge adulte en subissant encore la désapprobation de nos parents. Que pouvons nous faire? Comment agir dans ce genre de circonstances ?

Répéter une conversation, il est temps de fixer des limites

L’adolescence et la petite enfance sont des moments où vous prenez des décisions que vos parents n’aiment pas toujours. Le faire n’est pas seulement adéquat, c’est la loi de la vie. Cela implique de fixer des limites, de brandir des drapeaux rouges sur ce que nous permettrons ou non.

Cet acte n’est pas un défi. C’est un mécanisme pour que la relation soit plus fluide en informant sur ce que nous voulons vraiment. Si nous ne l’avons pas fait à l’époque, il faudra le faire à l’âge adulte. Cela implique de devoir répéter au préalable cette conversation que nous devons avoir avec nos parents. Cette étape nous permettra de gagner en maturité et en indépendance.

Un exemple : « J’apprécie votre soutien et vos conseils. Cependant, je ne peux pas accepter que vous sanctionniez mes décisions. Vous ne pouvez pas intervenir dans ma vie ou dévaloriser ce que je fais, ce que je suis ou ce que je ne fais pas. Ces comportements me blessent. Je vous prie de ne pas le faire.”

Apprendre à décevoir pour surmonter la désapprobation de nos parents

Il y a une étape essentielle pour surmonter la désapprobation de nos parents : les décevoir. Parfois, arrêter de s’adapter aux attentes des autres est le meilleur moyen d’être libre, d’arriver à être soi-même.

Nous passons parfois la moitié de notre vie à essayer de les satisfaire. Cependant, il arrive un moment où il interdire qu’elles soient les juges de nos vies. Dans de nombreux cas, les décevoir signifiera prendre la responsabilité de suivre notre propre chemin.

Concentrez-vous sur vos propres intérêts pour mettre de côté le conditionnement toxique

Souffrir de la désapprobation de nos parents a peut-être été notre peur la plus invalidante. Nous avons passé de nombreuses années piégés par ces conditionnements toxiques qui nous ont assommés, ralentis et bloqué. Par conséquent, il est peut-être temps de chercher d’autres références que nos parents.

Se concentrer sur nos propres désirs est un moyen de nous libérer de ces couches qui, pendant longtemps, nous ont empêchés de grandir en tant que personnes libres et authentiques.

Il arrive un moment où vous êtes obligé de réfléchir aux récits qui vous appartiennent et à ceux que vous avez hérités de vos parents. Peut-être que vous concentrez votre vie sur des objectifs et des filtres qui vous ont été inculqués et qui limitent complètement l’opportunité d’être VOUS, d’être heureux comme vous le méritez.

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Reformuler les récits hérités afin d’atteindre votre bonheur

Nous gardons en mémoire des récits originaux d’événements. Nous les écrivons sur la base d’autres récits, personnalité et caractère.

Il est probable que la marque de la désapprobation de nos parents continue d’exister dans notre manière de construire des récits, d’expliquer les événements, de limiter les projets et même de regarder vers l’avenir.

Il est temps d’y penser. De limiter son influence de manière consciente. Parfois, la vraie liberté commence par couper un cordon ombilical qui nous lie encore à ces figures familières dont nous sommes captifs.

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