Le chemin de la vie

· 5 octobre 2015

« Marcheur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant » Antonio Machado

« Marcheur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant »…Que de mots savants pour décrire magistralement ce qu’est la vie. Il n’y a pas de chemin, certes.

Nous traçons tous notre chemin au fur et à mesure, notre sentier, notre histoire personnelle, pleine de succès et d’erreurs, de moments heureux, mais aussi amers.

Mais, c’est la vie ; et la vie, on l’apprend sur le tas. On apprend à vivre sans avoir peur, à ne pas s’arrêter de marcher malgré les pierres qui se trouvent sur notre chemin et qui nous font parfois trébucher et tomber, puis trébucher et tomber encore, ne nous empêchant pas pour autant de nous relever, toujours avec plus d’envie et de force, et ce sans regarder derrière nous.

Car le passé n’est plus, et le futur arrive. On regarde au loin, et on discerne vaguement un horizon que l’on n’a pas encore atteint.

A certains moments on avance doucement, tel un escargot qui cache sa tête dans sa maison. Parfois, au contraire, on prend notre courage à deux mains et on va de l’avant. On marche, car… « Marcheur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant ».

Parfois, on devra choisir entre traverser la rivière ou passer par un raccourci, on profitera du soleil qui brille dans toute sa splendeur, et on devra résister aux averses qui s’abattront sur nous. 

Ainsi, on pourra ramasser les petites pierres parsemées sur notre chemin, cueillir les petites fleurs, récolter les quelques gouttes de pluie, qui resteront toutes gravées dans notre mémoire et qui nous renverront aux leçons que l’on aura pu tirer de cette averse.

Cette averse qui nous a appris à couvrir nos épaules alors qu’on est épuisé afin d’éviter d’attraper bêtement un rhume qui nous empêcherait de continuer à avancer avec légèreté, de salir nos vêtements ou nos cheveux, ou de ne pas être présentable si on venait à rencontrer quelqu’un sur notre chemin…

Plus le temps passe, plus on remplit notre sac à dos, qui pèsera de plus en plus lourd. D’autre part, notre visage et notre peau se seront habitués au soleil, au vent et à la pluie.

Fort de notre expérience, on avancera sur le chemin de la vie, car… Marcheur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant.

La force de volonté, le courage, le fait de continuer à avancer, et l’humilité dont on peut faire preuve si on manque d’orgueil après avoir réussi à escalader la montagne, tout cela nous aidera lors de notre parcours…

Ce long chemin qu’est la vie, et qui n’est pas limpide, car c’est avançant qu’on apprend, et les erreurs peuvent donc parfois être nécessaires. 

La vulnérabilité, la peur et l’incertitude pouvant nous envahir à la nuit tombée lorsque qu’on se retrouve seul sur ce chemin, où tout n’est plus qu’ombres mystérieuses qui nous perturbent et nous troublent la vue…mais qui peuvent aussi avoir leur charme.

Car…

Tout passe et tout reste,
mais nous, nous devons passer,
passer en marchant,
en marchant sur la mer.

Je n’ai jamais couru après la gloire,
ni voulu ancrer dans la mémoire
des hommes ma chanson ;
moi j’aime les mondes subtils,
légers et gentils,
où flottent des bulles de savon.

J’aime les voir se peindre
de soleil et de rouge écarlate, voler
sous le ciel bleu, trembler
subitement et se casser…

Je n’ai jamais couru après la gloire.

Marcheur, seules tes traces de pas
et le chemin comptent ;

marcheur, il n’y a pas de chemin,
le chemin se fait en marchant.

En marchant se fait le chemin,
et en regardant derrière,
on voit le sentier
sur lequel on ne posera plus jamais le pied.

Marcheur, il n’y a pas de chemin,
seulement ton sillage dans la mer…

Il y a longtemps, en ce lieu
où aujourd’hui les bois s’arment d’épines,
on entendit la voix d’un poète crier
« Marcheur, il n’y a pas de chemin,
le chemin se fait en marchant… »

Coup après coup, vers après vers…

Le poète mourut loin de chez lui.
La poussière d’un pays voisin le recouvrit.
En s’éloignant, on le vit pleurer.
« Marcheur, il n’y a pas de chemin,
le chemin se fait en marchant… »

Coup après coup, vers après vers…

Quand le chardonneret ne peut pas chanter.
Quand le poète est pèlerin,
quand rien ne sert de prier.
« Marcheur, il n’y a pas de chemin,
le chemin se fait en marchant… »

Coup après coup, vers après vers.

Antonio Machado