Ce n'est pas la même chose d'être seul que de se sentir seul

27 juillet, 2020
Si vous lisez cet article, c'est que vous vous sentez -ou vous êtes senti- probablement seul. C'est pourquoi vous saurez que ce n'est pas la même chose de se sentir seul que de l'être, que la solitude désirée ou recherchée que la solitude imposée ou incontrôlée.

Nous vivons dans une époque dans laquelle nous souffrons une série de changements qui nous rendent plus seuls : vieillissement de la population, changements dans les relations sociales, augmentation des familles monoparentales, augmentation du nombre de personnes qui veulent vivre seules ou des demandes sociales qui impliquent un isolement. Néanmoins, ce n’est pas la même chose d’être seul que de se sentir seul.

La solitude n’implique pas un isolement social objectif. Selon certains auteurs, la solitude possède une composante émotionnelle. En effet, c’est une expérience désagréable, outre la composante cognitive. Par conséquent, on perçoit une réduction des relations sociales ou que celles-ci sont inappropriées.

On a remarqué que le sentiment de solitude se prédit davantage par le niveau de satisfaction subjectif dans les relations que par la fréquence de contact.

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Qu’est-ce qu’est la solitude ?

On peut définir la solitude de trois manières selon ce qui provoque cette situation ou sensation :

  • Être seul : dans ce cas, la personne se trouve physiquement seule. Elle peut être solitaire mais elle n’éprouve pas de sentiments de solitude. Cet état peut être volontaire. En effet, on peut le choisir parce qu’on préfère être seul qu’accompagné. Autrement dit, il s’agit d’un isolement social choisi.
  • Solitude : dans cet état, la personne éprouve le besoin ou le souhait d’être en contact avec d’autres, mais n’est pas capable de le faire. Les conditions ne permettent peut-être pas ce contact social, mais la personne ressent une certaine insécurité, entraînant ou contribuant à la solitude. En outre, elle éprouve des sentiments d’inutilité, de rejet, de manque de motivation, d’hypoactivité, de rare contact visuel, etc. Autrement dit, l’isolement n’est pas choisi mais il provient d’un sentiment d’incapacité.
  • Solitude positive : parfois les personnes ont besoin de passer du temps seules comme une manière de se reposer. Dans ce cas, la solitude est agréable. On la considère comme une opportunité de recharger les batteries, de promouvoir la créativité et de se connecter avec soi-même.
  • Aliénation : dans un cas plus extrême de solitude, la personne ressent un vide intérieur qui la sépare de sa propre identité. C’est comme si la personne se déconnectait d’elle-même, ce qui la mène à se déconnecter des autres.

Les conséquences du sentiment de solitude

Se sentir seul est une sensation très désagréable qui peut nous envahir même si nous sommes entourés de personnes qui s’inquiètent pour nous. Néanmoins, cela peut supposer un problème plus sérieux. De fait, il peut s’agir d’un trouble auquel on ne fait généralement pas assez attention.

Ceux qui en souffrent ne le communiquent souvent pas. Ils ne veulent pas non plus admettre que c’est à l’origine de leur humeur. Il est difficile de reconnaître et d’accepter cette sensation de solitude quand elle n’est pas désirée. En effet, elle entraîne des sentiments de honte et, en particulier, de difficulté à la surmonter.

La complication principale de se sentir seul est que souvent, quand on se sent ainsi, on ne cherche pas à avoir de l’aide spécialisée. Celui qui en souffre ne le considère pas comme quelque chose de pathologique mais comme une caractéristique normale de la vie.

Quant aux conséquences, au-delà des conséquences émotionnelles, on considère le sentiment de solitude comme un facteur de risque de morbidité. Autrement dit, pour des pathologies qui peuvent devenir mortelles ou réellement nuisibles.

Parmi elles, on a associé la solitude à des altérations de la santé physique. Concrètement, avec des maladies cardiovasculaires, des troubles de l’alimentation ou des troubles du sommeil. Quant à la santé mentale, la solitude est associée à une augmentation de la dépression, de l’abus d’alcool et d’autres drogues, voire au suicide.

Une femme regarde par terre en tenant une fleur.

Comment y remédier ?

Bien qu’il s’avère très difficile d’assumer le sentiment de solitude, et pis encore, d’y remédier, on peut essayer de changer la perception que l’on a de la solitude.

Tout d’abord, il faut identifier l’origine de cette sensation. On peut par exemple se demander ce dont on a besoin pour cesser de se sentir ainsi. Une fois qu’on a identifié les raisons, il faut penser aux solutions à apporter. Améliorer les compétences sociales ? Se faire de nouveaux amis ? Réaliser des activités en groupe ?

On peut recommander de prendre du temps pour aider les autres, par exemple, en faisant du bénévolat. Cette activité peut accroître la sensation d’utilité envers les autres, penser que notre présence est importante pour les autres. Il est important de se maintenir occupé pour essayer de penser à autre chose et réduire le temps consacré à penser à la solitude.

On peut également commencer des activités réalisées en groupe. S’inscrire à des cours de danse, de peinture, à un club de lecture est une manière de profiter du temps et à la fois de rencontrer des personnes et de passer du temps accompagné.

En outre, nous avons aujourd’hui la possibilité de rencontrer des gens en ligne pour ne plus se sentir seul. Il existe de nombreuses plateformes pour rencontrer de nouvelles personnes en reposant sur nos besoins et nos goûts. En définitive, chercher l’option la plus adaptée à nos besoins et à nos goûts, mais surtout essayer de satisfaire le vide ressenti, sans peur de l’assumer.

  • Carvajal-Carrascal, G. & Caro-Castillo, C. V. (2009). Soledad en la adolescencia: análisis del concepto. Aquichan, 9(3), 281-296
  • Rubio, R. (2001). Un estudios sobre la soledad en personas mayores: entre el estar solo y sentirse solo. Revista multidisciplinar de gerontología, 11(1), 23-28.