Quand les relations se refroidissent : la distance émotionnelle

· 23 janvier 2019
Qu'est-ce que la distance émotionnelle et quelles sont ses conséquences au sein du couple ?

Quand les relations se refroidissent, nous voyons souvent émerger les comportements les plus répréhensibles. Il y a les personnes qui, après la distance émotionnelle, disparaissent physiquement. Elles s’en vont sans donner d’explication. Il y a aussi celles qui se servent de fausses excuses et qui refusent d’accepter le vide du lien, ce froid qui se met en place lorsqu’une relation de couple ou d’amitié touche à sa fin.

Les relations sont comme les os: elles se brisent. Cependant, la majorité de ces ruptures ou prises de distance n’ont pas toujours lieu de façon brusque. Elles ne se font pas du jour au lendemain. La majeure partie du temps, les fins sont annoncées par un éloignement subtil et progressif. Le manque de complicité, les regards qui ne se cherchent plus ou les rires qui n’éclatent plus en même temps en sont généralement les premiers indicateurs.

La distance émotionnelle fait toujours mal. Surtout si l’un des deux membres du couple croit encore à ce lien. Il faut malgré tout signaler que l’autre membre souffre aussi car il accumule une certaine sensation de culpabilité ou de remords. Quoi qu’il en soit, dans toutes ces situations, il y a une chose qui revient toujours: notre manque d’habileté pour gérer les fins.

Une résolution adéquate facilite toujours l’avancée vers cette nouvelle étape. Dans le cas contraire, et plus particulièrement si nous sommes obligé-e-s de faire face au ghosting (être abandonnés de façon brusque et sans explication), nous pouvons avoir plus de mal à surmonter cette expérience. Cependant, nous possédons tous les ressources adéquates pour affronter ce type d’expériences.

« Je me sens tellement isolé que je peux palper la distance entre moi et ma présence ».

-Fernando Pessoa-

distance émotionnelle

Quand les relations se refroidissent et quand nous cherchons une raison

Quand les relations se refroidissent, il y a toujours un « pourquoi » derrière. Même s’il ne nous plaît pas. Un désamour, un manque d’intérêt, de nouveaux besoins, des visions opposées à propos de certaines choses… Lorsque la flamme d’un lien émotionnel s’éteint, nous tombons toujours dans cette pénombre dense et ambiguë et ne savons pas très bien comment en sortir.

Ainsi, dans une étude publiée par Charlene Belu y Brenda H. Lee de l’Université de Cambridge, on nous signale que, pour l’être humain, peu de choses sont aussi complexes que de dire adieu à une relation. Ce travail a pu démontrer que nous avons souvent besoin de connaître ou de clarifier les raisons de cette fin pour pouvoir refaire notre vie.

Si elles ne parviennent pas à les identifier, les personnes n’hésitent pas à reprendre contact et à insister une nouvelle fois. En faisant cela, elles compliquent le processus de deuil. Elles perdent l’occasion de mettre fin à une étape pour en commencer une nouvelle avec plus d’intégrité. Par ailleurs, les chercheurs ont pu déceler des dynamiques encore moins adéquates que celles dont nous nous servons lorsque les relations se refroidissent.

Les voici.

Façons négatives de mettre fin à une relation

Comme nous l’avons signalé au début, la dynamique la plus nocive et douloureuse pour faire face à la fin du lien est de disparaître sans rien dire. Le ghosting est aujourd’hui une pratique récurrente qui a lieu dans des relations de couple ou d’amitié.

  • Ce n’est pas de ta faute, c’est de la mienne. Avec cette célèbre phrase que l’on entend souvent, nous choisissons de libérer l’autre personne de toute responsabilité, pour nous servir d’excuses comme « tu mérites mieux », « c’est plus fort que moi et je crois que je ne suis pas celui/celle dont tu as besoin ». Tout cela est une façon de camoufler une évidence très simple: nos intérêts ont changé, nous n’aimons plus l’autre personne.
  • L’iceberg brisé. La méthode de l’iceberg est une des stratégies les plus communes. Il s’agit simplement de laisser la relation se refroidir de plus en plus, en niant les évidences, en retardant les choses… Jusqu’à ce qu’elle soit si congelée qu’elle finisse par sombrer et se briser d’elle-même.

 

La distance émotionnelle, ce carrefour si compliqué

Lorsque les relations se refroidissent, elles ne reflètent pas toujours l’antichambre d’une fin irrémédiable. Il faut savoir que la distance émotionnelle peut nous faire dériver pendant un moment. Cependant, si nous sommes capables d’utiliser les stratégies adéquates, nous pouvons retrouver la chaleur et la flamme de cette relation (si elle mérite d’être sauvée).

Les troubles d’anxiété et de dépression sont extrêmement fréquents dans les salles de consultation des psychologues. Ces états affectent directement la qualité des relations sociales. Ainsi, lorsqu’une personne traverse une période de stress ou de découragement, elle n’a généralement pas l’énergie et la force suffisante pour profiter de ses proches.

En disant cela, nous voulons simplement souligner quelque chose de très simple. La distance émotionnelle ou ces relations qui se refroidissent peuvent être traitées. Les liens, tout comme les personnes, passent par différentes étapes et ont besoin d’attention, de nouveaux nutriments ou de tirer des leçons de leurs conflits et désaccords afin d’avancer, de grandir, de devenir plus forts.

distance émotionnelle

Dans tous les cas, que ce soit pour raviver le lien et le sauver ou pour y mettre un terme, nous avons besoin d’être des personnes compétentes sur le plan émotionnel. Or, on n’apprend pas cela à l’école. Nous devons affiner toutes ces petites choses au quotidien, travailler notre sensibilité, notre respect, notre dignité et notre assertivité.

Chaque lien, qu’il s’agisse d’un lien de couple ou d’amitié, mérité d’être respecté à n’importe quel moment. Savoir lâcher prise avec intégrité et respect en dit aussi beaucoup sur notre qualité humaine.

 

  • Belu, C. F., Lee, B. H., & O’Sullivan, L. F. (2016). It hurts to let you go: Characteristics of romantic relationships, breakups and the aftermath among emerging adults. Journal of Relationships Researchdoi:10.1017/jrr.2016.11