Aujourd’hui, j’ai arrêté de tenir les autres pour responsables de mon bien-être

25 juin 2017 dans Psychologie 0 Partagés

J’ai passé beaucoup trop de temps dans ma vie a essayer de tenir les autres pour responsables de mon bien-être. Je leur ai reproché de ne pas respecter leurs promesses, de ne pas m’aimer tel-le que je les aimais elleux, de ne pas faire ce qu’iels disaient ou ce que j’espérais d’elleux. Mes attentes envers le reste des personnes que je considérais importantes pour ma vie étaient trop élevées et c’est ainsi que j’ai commencé à laisser mon propre bonheur entre leurs mains.

Mais, un jour, j’ai commencé à me sentir mal avec moi-même. Je me suis mis-e à penser que j’étais en train de manipuler les autres et, en quelque sorte, c’était bien le cas. Je les utilisais pour qu’iels me rendent heureux-se. Si quelqu’un ne pouvait pas venir me rejoindre pour une sortie (balade, cinéma, etc.) parce qu’un autre plan qui lui plaisait plus avait surgi, je me mettais en colère et ne faisais plus ce que j’avais pensé faire. Voilà ! Ma vie dépendait totalement des gens qui se trouvaient autour de moi. De ce que je plaçais en eux et de la façon dont ils répondaient à cela.


J’avais un bandeau sur les yeux qui m’empêchait de voir que je devais moi-même tenir les rênes de ma vie et que je ne devais jamais les laisser à quelqu’un.


Tenir les autres pour responsables de mon propre bonheur

Tenir les autres pour responsables de notre propre bonheur est une erreur. Une habitude qui n’augure que de la souffrance, de la déception, de la douleur, de la tristesse et même, dans le pire des cas, une dépression. Nous ne nous rendons pas compte que cette dynamique provoque en nous une instabilité émotionnelle très grande. Face à cette perspective, comment pourrons-nous gérer nos émotions ? Ce ne sera pas possible car nous avons placé chez d’autres le contrôle que nous avons sur elles.

Mais la question la plus importante est : « Pourquoi commettre la « bêtise » de laisser une responsabilité et un privilège si grands et si délicats entre les mains des autres ? ». La réponse se trouve parmi les peurs, les insécurités, les croyances que nous avons à propos des relations et, très souvent, derrière l’idée que, pour aimer, il est nécessaire de souffrir.

Tout cela finit par configurer une perspective logique – du point de vue de ses lois internes – qui conditionne notre manière de vivre les relations avec les autres. Nous leur donnons tout, nous faisons tout ce que nous pouvons pour que nos relations (d’amitié ou de couple) aillent dans la bonne direction. Mais il semblerait que tous ces efforts ne servent finalement à rien et aboutissent toujours à une grande déception.


Je m’efforçais de faire plaisir aux autres pour qu’iels soient heureux-ses. J’étais disposé-e à tout faire pour ces personnes que j’aimais plus que tout. Cependant, au fond de moi, je savais qu’elles ne pensaient pas la même chose et je trouvais cela injuste.


Nous empêchons les autres de démontrer que nous sommes aussi importants pour elleux. Nous le faisons en pensant qu’il n’y a qu’une alternative valable pour que quelqu’un nous aime. Cette unique alternative valable est celle qui satisfait nos désirs et conditionne, voire minimise, en réalité, la valeur que possèdent les autres alternatives à nos yeux. Par ailleurs, et très souvent, nous ne mettons pas de mots sur cette alternative et attendons que, par un tour de magie digne de la meilleure école d’illusionnisme, les autres lisent dans notre esprit ou réussissent à comprendre avec les signaux que nous leur envoyons.

D’un autre côté, si nous sommes cet-te ami-e qui prend normalement les initiatives et paraît mener un groupe, pourquoi ne pas faire une pause, cesser de prendre les décisions et permettre aux autres de faire quelque chose ? Nous avons peut-être peur que cela ne se produise pas, que la force de l’habitude ait condamné les rôles que nous occupons à être statiques et à marquer tout ce que l’on peut attendre ou pas des autres.

Le bandeau sur les yeux que je me suis volontairement mis

Tenir les autres pour responsables de notre bonheur, tandis que nous mettons un bandeau sur nos yeux pour ne pas voir ce qui se passe, revient à prendre le risque que quelque chose de désagréable nous arrive dans la loterie de la vie. Mais nous voulons avoir confiance, aveuglément, peut-être parce que nous sommes nous-mêmes aveugles et que la vie, sans se fatiguer, nous crie : « Arrête de regarder chez les autres et regarde en toi ! ».

Nous cherchons ce qui nous manque chez les autres. Si nous ressentons une profonde solitude, nous essayons de la faire disparaître en nous entourant de gens ; si nous réalisons que nous manquons d’amour, nous cherchons quelqu’un pour satisfaire ce besoin. Tenir les autres pour responsables en leur donnant en outre la tâche de combler nos carences nous expose au risque de souffrir et de vivre des relations basées sur la nécessité.

Nous pouvons en fait compter sur beaucoup de choses et nous avons la possibilité de compter sur beaucoup plus. Nous avons le bonheur, nous avons l’amour, nous avons la joie… Il est vrai que certaines expériences entaillent tout cela et peuvent même nous faire croire que tout nous a été arraché. Mais, au plus profond de notre être, nous savons que nous devons être les seul-e-s responsables de notre bonheur. Cessons d’être des princesses ou des princes passif-ve-s car nous sommes le principal protagoniste de notre conte.


Quand j’ai compris que je pouvais choisir d’être heureux-se, que j’avais le pouvoir de le décider, et non pas les autres, je me suis senti-e libre et me suis rendu-e compte de ce que signifiaient l’équilibre et le bien-être.


Ainsi, j’ai aujourd’hui cessé de tenir les autres pour responsables de mon bonheur, de combler mes besoins, de me satisfaire en général. J’ai abandonné le rôle de victime, une zone très confortable à partir de laquelle je demandais en même temps aux autres de me donner ce que je n’avais pas. Désormais, je ne dépends plus de personne pour être heureux-se car j’ai le pouvoir de choisir la façon dont je veux me sentir. J’ai aussi permis aux autres d’être libéré-e-s de ce devoir que je plaçais auparavant entre leurs mains, sans être conscient-e du danger auquel je m’exposais alors.

Images de Zhu Yiyong

A découvrir aussi