Arie W. Kruglanski : cognition, motivation et radicalisation

5 janvier 2019
Connaissez-vous Arie W. Kruglanski ?

Arie W. Kruglanski est un professeur émérite à l’Université du Maryland, aux Etats-Unis. Né en Pologne, il a passé la plus grande partie de sa vie aux Etats-Unis, où il a contribué au développement de différentes et importantes théories. S’il est vrai qu’il a commencé par étudier la théorie de la clôture cognitive, il a réalisé des contributions dans divers domaines en dévoilant ses découvertes dans différents articles et livres.

Parmi les contributions d’Arie W. Kruglanski, nous retrouvons le besoin de clôture cognitive, la préparation motivationnelle et la quête de sens. Chacune de ces théories exerce une influence sur les autres. Ainsi, la théorie de quête de sens, la dernière de ses théories, cherche à expliquer les motivations des terroristes à partir des deux théories précédentes.

Arie W. Kruglanski

 

Besoin de clôture cognitive

Le besoin de clôture cognitive, développé par Kruglanski, correspond au désir de donner une réponse rapide à une question qui a un sens confus ou ambigu. Les personnes ont toutes ce besoin incessant de chercher des informations. Le besoin de clôture freinerait donc cette recherche et nous aiderait à obtenir des connaissances. Par conséquent, il serait nécessaire au quotidien pour ne pas constamment chercher des informations.

Les personnes qui ont un grand besoin de clôture surmontent rapidement l’incertitude en se contentant des pistes disponibles. À travers ces pistes, elles tirent des conclusions qui deviendront inamovibles. Si les pistes sont erronées, elles peuvent donc défendre de mauvaises idées. Etant donné que les membres de nos groupes sont la plus grande source de certitude et de connaissance, ils peuvent nous apporter la clôture cognitive. Ces personnes vont nous indiquer comment est le monde, ce qu’on doit faire lors de diverses situations, qui ils sont et pourquoi ils sont si importants.

« Sous le pouvoir de la récompense, il est probable que les communications consistent en des promesses et des échanges d’informations à propos des résultats positifs que chacun a sur l’autre, ce qui augmente la probabilité d’un accord mutuellement satisfaisant. »

-Arie W. Kruglanski-

Préparation motivationnelle

Selon Kruglanski, les personnes ont des désirs lorsque quelque chose leur manque. Des désirs qui peuvent être de tous types, matériels ou symboliques, voire mixtes. Par ailleurs, bien souvent, ces désirs surgissent à cause de l’influence de l’entourage ou des êtres proches. Par conséquent, les désirs ont deux composants : la magnitude et le contenu. La magnitude nous indique le degré du désir et le contenu, ce que nous désirons.

Par ailleurs, nous avons aussi des attentes vis-à-vis de ce désir. Une estimation de la probabilité selon laquelle ce désir se réalisera. Ces attentes vont dépendre des expériences que nous avons eues et de ce que les autres pensent. Si nos amis pensent que nous pouvons y arriver, nos attentes seront plus élevées. D’autres facteurs vont aussi influer sur elles, comme l’optimisme ou le coût.

Le principal est qu’un désir surgisse, même si le désir et les attentes vont mutuellement s’influencer. Plus le désir sera fort, plus les attentes vis-à-vis de sa satisfaction seront grandes. Dans le second cas, plus les attentes seront élevées, plus le désir sera grand. C’est donc quand ces deux composants sont élevés qu’un objectif surgit et, par conséquent, la motivation pour l’atteindre.

« Les bases manifestes pour le conflit peuvent être présentes dans les iniquités réelles de l’éducation mais les possibilités de conflit augmentent encore plus à la suite de facteurs sous-jacents à d’autres situations. »

-Arie W. Kruglanski-

Arie W. Kruglanski

 

Quête de sens

Un autre de nos besoins, selon Kruglanski, est la nécessité de trouver un sens. Nous devons sentir que nous sommes importants, que nous avons un but et des valeurs qui influent sur les décisions que nous prenons. Lorsque nous perdons le sens ou trouvons une opportunité d’en avoir un plus grand, notre motivation se réveille. Cette motivation est la quête de sens qui nous pousse, comme son nom l’indique, à chercher un sens.

Une fois que cette motivation se réveille, nous cherchons des moyens de trouver ce sens. Ceux-ci se trouvent à différents endroits, dans des récits, des idéologies… Si ces récits nous disent que la violence est le seul moyen possible pour trouver un sens et si notre réseau social est pour l’utilisation de la violence, nous finirons par opter pour l’extrémisme violent. En d’autres termes, si notre groupe soutient la violence et si nous sommes en quête de sens, nous finirons probablement par nous en servir. Selon Kruglanski, c’est le chemin que suivent les terroristes.

Comme nous l’avons vu, Kruglanski a apporté de grandes contributions à la psychologie. Et plus particulièrement dans trois champs: la cognition, la motivation et le terrorisme. Ses découvertes l’ont mené à faire d’autres découvertes dans différents domaines. Ainsi, les théories de cognition et de motivation qu’il a développées ont laissé la place à une autre théorie qui nous permet de comprendre comment les personnes se radicalisent et finissent par rejoindre des organisations terroristes.

 

  • Kopetz, C. E., y Fishbach, A. (2018). The motivation-cognition interface: From the lab to the real world: A festschrift in honor of Arie W. Kruglanski. New York: Routledge.