Apprendre à diverger de manière efficace (et avec élégance) : 4 clés pour y parvenir

18 février 2018 dans Développement personnel 95 Partagés
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Apprendre à diverger est un art de grande utilité. Grâce à lui, nous éviterons de tomber dans la simple dispute, nous contrôlerons efficacement notre interlocuteur pour éviter les conflits et nous définirons notre position de façon élégante sans dériver vers l’offense ou l’insulte. Nous sommes sans doute face à un grand outil basé sur le désaccord intelligent, que nous devrions tous savoir appliquer au quotidien.

Admettons-le, s’il y a bien une chose qu’une grande partie d’entre nous ne sait pas faire, c’est être en désaccord. Qui plus est, aujourd’hui, beaucoup mélangent les termes et pensent que cette expression, en réalité, est synonyme de dispute. C’est une erreur et, par conséquent, nous devons nuancer une idée clé : diverger signifie ne pas être d’accord avec une idée ou une opinion et cela ne doit pas constituer une menace ou une insulte pour quelqu’un.

“Il vaut mieux débattre d’un problème sans le résoudre que résoudre un problème sans le débattre.”

-Joseph Joubert-

Ainsi, un autre élément à considérer est que diverger sur un aspect définit notre individualité, notre capacité a avoir une opinion personnelle et pas seulement à la défendre face à la personne qui se trouve devant nous : il s’agit de l’argumenter de manière intelligente pour enrichir le processus de communication et la propre relation.

Bien, mais dans notre quotidien, le fait de ne pas être d’accord avec quelque chose sous-entend créer une polarisation au cours de laquelle deux personnes croient détenir la vérité absolue. Au bout de quelques minutes, des commentaires manquant d’argumentation valide apparaissent et presque sans savoir comment, une dispute éclate; les membres n’y gagnent rien mais perdent tous. Nous le voyons souvent sur les réseaux sociaux et également sur n’importe quelle scène politique.

Il est par conséquent recommandé d’apprendre à être en désaccord de façon élégante et efficace pour éviter ces situations insensées. Voyons donc 4 stratégies pour y parvenir.

collègues se disputant

1. Apprendre à être en désaccord, l’art d’avoir un esprit calme

Les personnes qui savent être en désaccord de manière habile connaissent, en premier lieu, un secret très simple : pour diverger efficacement, il faut avoir un esprit calmeécouter en profondeur l’interlocuteur et comprendre que rien de ce qui va être dit ne doit être pris de manière personnelle.

Au moment où une personne assume que ce qui est dit suppose une menace, la dispute commence et tout est perdu. C’est-à-dire que si la personne que j’ai en face de moi me dit que la plus belle couleur du monde est le vert, je n’ai pas de raison de considérer qu’elle va me mépriser parce que j’aime la couleur jaune.

Par conséquent, une bonne idée serait d’avoir un esprit ouvert et serein, qui nous empêcherait de porter les arguments de l’autre sur le plan émotionnel, en comprenant qu’être en désaccord ne signifie pas menacer ou rabaisser l’opinion de l’autre.

2. Être en désaccord est un exercice très bénéfique

Dans notre quotidien, s’il y a bien des personnes que nous rencontrons souvent, ce sont celles qui sont habituées à voir le monde depuis leur propre point de vue, et uniquement depuis ce point de vue. Raisonner avec elles peut être une tâche impossible, nous le savons ; c’est pour cela que parfois, que ce soit parce que nous sommes fatigués ou parce que nous ne voulons pas perdre notre temps, nous pensons qu’il vaut mieux se taire et hocher de la tête plutôt que dire naturellement un “je ne suis pas d’accord avec cela”.

Apprendre à ne pas être d’accord nous permettra plusieurs choses. La première est que nous pourrons réaffirmer notre identité, notre estime de nous-mêmes et nos opinions. La seconde est que nous deviendrons beaucoup plus sociables, nous enrichirons nos relations et nous apprendrons à être cohérents avec ce que nous ressentons, disons et faisons.

En fait, dans le monde des organisations et du travail, on dit habituellement que si, lors d’une réunion, il y a 10 personnes qui sont d’accord, il y a probablement 9 personnes de trop dans ce groupe. C’est-à-dire que le “chef” n’a pas à toujours avoir raison. Diverger génère des idées, une richesse d’opinion, un capital humain…

fil complexe

3. Faites attention au ton que vous employez en plus des mots

Souvent, quand nous parlons avec quelqu’un et choisissons de diverger sur un point, un concept ou une idée, notre ton de voix change et nous élevons la voix. À ce moment précis, nos arguments cesseront d’être importants car ce ton menaçant nous conduira lentement vers une dispute et dérivera vers un moment de tension.

Pour éviter cela, il vaut mieux travailler notre régulation émotionnelle. Il faut comprendre, une fois de plus, qu’être en désaccord avec quelque chose ne doit pas être vu comme une offense. Faisons attention à cette émotionnalité et au ton de notre voix.

“Ce n’est pas parce qu’une personne se tait que vous l’avez convaincue.”

-Joseph Morley-

4. L’hypothèse de Paul Graham

Paul Graham est un informaticien et essayiste britannique qui a acquis une certaine renommée après un travail publié en 2008, portant le nom de “How to disagree”. Dans ce dernier, il nous explique que pour apprendre à être en désaccord, nous devons comprendre qu’il existe certains niveaux plus profitables et des niveaux où ce dialogue peut dériver vers la situation la moins utile, celle des insultes et des offenses.

Par conséquent, pour être efficaces et diverger avec élégance, nous devons rester au sommet, dans cette excellence argumentative que nous pouvons apprendre avec le temps.

pyramide paul graham

Comme nous le voyons sur ce graphique, les champs sur lesquels nous devrions nous concentrer pour être efficaces dans la gestion des divergences sont les quatre premiers. À partir du cinquième et avec la tonalité jaune, on dérive vers l’attaque, la critique et l’offense.

Par conséquent, il serait idéal que, dans chacune de nos conversations, au moment d’entrer en désaccord avec nos interlocuteurs, nous parvenions à faire les choses suivantes:

  • Fournir des arguments constructifs et utiles sur le point central de la divergence.
  • Montrer à l’autre personne, en prenant appui sur des arguments et des raisons contrastées, pourquoi elle a tort ou pourquoi ce qu’elle défend ne nous semble pas valide. Il faut savoir contre-argumenter avec agilité et solvabilité.
  • Montrer à l’autre personne que ce qu’elle pense ou défend n’a pas de preuve concrète et fiable (ceci est très utile quand, par exemple, quelqu’un nous dit quelque chose comme “ce que je te dis est vrai car tout le monde pense que ça l’est”).

Pour conclure, il ne manque plus qu’un détail à ajouter: nous savons tous qu’apprendre à diverger n’est pas toujours facile. Très souvent, nous portons ce sujet sur un terrain émotionnel. Or, c’est là que nous perdons le contrôle. Nous devons donc comprendre qu’une divergence n’est pas une attaque et qu’il s’agit, en réalité, d’une grande opportunité pour trouver des accords, pour apprendre des autres et connaître de grandes réussites.

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