Apnée du sommeil : causes, signes et traitements associés

· 15 mars 2018

Il se dit que l’apnée du sommeil est cette maladie qui vole notre oxygène et même des jours de notre vie alors que nous dormons. Ils ne s’agit pas seulement de simples et intenses ronflements soudainement interrompus. Le syndrome d’apnée hypopnée pendant le sommeil touche près de 5% de la population et est également associé à un risque majeur lorsque apparaissent certaines maladies.

De nombreuses personnes considèrent souvent comme « normaux » des processus physiologiques qui ne sont ni normaux ni même sains. Certaines personnes disent que nous ronflons tous pendant notre sommeil, notamment les hommes, et qu’il ne s’agit pas d’une raison suffisante pour aller consulter un médecin ou pour lui accorder trop d’importance.

« L’apnée du sommeil est une affection grave et plus fréquente que nous ne le pensons : elle affecte tant les hommes que les femmes et ses conséquences sont graves. »

Il s’agit d’une erreur. L’apnée du sommeil est une affection grave, voire fatale, pour une raison très simple à comprendre : il s’agit d’un trouble dans lequel la respiration est brusquement interrompue pendant le sommeilNous arrêtons de respirer pendant 5, 6 ou 10 secondes. Notre corps relance ensuite automatiquement le processus de respiration sans nous ne nous en apercevions.

Cela peut sembler improbable à première vue, mais il ne faut pas oublier que cette irrégularité respiratoire se répète parfois plus de 20 fois en une heure. Les conséquences sont évidentes, ce d’autant plus si nous pensons que cette singularité se répète nuit après nuit. Le syndrome d’apnée hypopnée du sommeil n’est pas inoffensif, et l’idée selon laquelle cette affection n’affecte que les hommes n’est pas véridique : des études démontrent que l’incidence sur le sexe féminin est égale à celle du sexe masculin.

apnée du sommeil

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil et quels signes présente-t-elle ?

Les personnes qui en souffre ne s’en aperçoivent pas. Elles ne perçoivent pas leur intense ronflement ni la brusque interruption de leur respiration. Les voies respiratoires se rétrécisses, provoquant un collapsus où l’air cesse d’atteindre les poumons. Cela suppose en premier lieu que notre corps cesse de recevoir de l’oxygène, que le CO2 augmente dans le sang et que notre cerveau cesse également d’être oxygéné pendant 7 ou 10 secondes.

Peu après, la personne respire de nouveau après un ronflement beaucoup plus fort que la normale, telle une personne sortant de l’eau ou qui récupère son souffle après s’être étouffé. En outre, sur la base du nombre d’interruptions par heure, cette maladie peut être classée en 3 catégories, de plus importante à la moindre gravité :

  • Légère : si ces interruptions se produisent entre 10 et 20 fois par heure.
  • Modérée : si ces interruptions se produisent entre 20 et 30 fois par heure.
  • Sévère : la plus grave, dans ce cas les interruptions respiratoires se produisent plus de 30 fois par heure.

Les causes associées à l’apnée du sommeil

Il existe plusieurs causes associées au syndrome d’apnée du sommeil. Nous avons souvent ici l’image classique d’un homme d’âge moyen et obèse. Ce patient qui ronfle la nuit et se réveille plus tard épuisé et incapable de faire face à son quotidien. Il convient toutefois de préciser qu’il existe de nombreuses nuances et que l’origine de ce trouble a des origines diverses :

  • Déviation de la cloison nasale
  • Polypes dans les voies respiratoires
  • Grand palais
  • Particularités cranio-faciales : la forme du visage, les dimensions de la mâchoire inférieure, la longueur du cou…
  • L’obésité
  • Hyperthyroïdie
  • Fumer : le tabac participe de l’inflammation des voies respiratoires
  • Il existe par ailleurs une autre particularité peu commune mais également présente dans cette maladie : certaines personnes présentent une légère altération cérébrale, de sorte que le cerveau cesse d’envoyer les stimuli respiratoires pendant de brefs instants pendant la nuit.
surpoids

Il est par ailleurs important de prendre en compte les données que nous avons déjà indiquées au début. L’apnée du sommeil affecte à la fois les hommes et les femmes. Cependant, dans le cas de ces dernières, l’incidence augmente surtout après la ménopause, lorsque les divers changements métaboliques interviennent.

Les conséquences de l’apnée du sommeil

L’effet principal de l’apnée du sommeil est plus qu’évident, la personne éprouve une grande fatigue diurne, ainsi que de la somnolence. Lorsque cette condition est plus grave, le patient se sent parfois totalement incapable d’accomplir de nombreuses tâches, son épuisement étant extrême et invalidant.

  • Il est en outre fréquent que les personnes souffrent également de sécheresse buccale, de transpiration excessive et présentent même des somniloquies pendant la nuit (parler dans le sommeil)
  • Le mal de tête est une autre conséquence très récurrente
  • Si l’apnée est sévère, les patients présenteront un gonflement des jambes
  • Ils peuvent également souffrir de problèmes de concentration, de perte de mémoire…
  • Dans le cas des enfants souffrant d’apnée du sommeil, il a été constaté qu’ils tendent à présenter un comportement hyperactif
cerveau

Les conséquences graves de l’apnée du sommeil

  • Hypertension
  • Asthme
  • Fibrillation auriculaire
  • Un risque plus élevé de développer certains types de cancer
  • Problèmes rénaux
  • Troubles cognitifs et comportementaux : diminution de l’attention, problèmes dans les capacités motrices et dans la mémoire verbale et visuo-spatiale
  • Risque plus élevé de développer une démence
  • Maladies de cœur et des vaisseaux sanguins, tels que l’athérosclérose, les crises cardiaques, l’insuffisance cardiaque, les accidents vasculaires cérébraux
  • Les troubles oculaires, tels que le glaucome, l’œil sec, etc
  • Troubles métaboliques, y compris l’intolérance au glucose et le diabète de type 2
  • Complications de la grossesse, telles que le diabète gestationnel

Traitements de l’apnée du sommeil

Les traitements de l’apnée du sommeil dépendront incontestablement de l’état médical de chaque patient, de ses caractéristiques et de l’origine ayant générée ce trouble du sommeil et de la respiration. Ce ne sera pas la même chose, par exemple, de traiter un patient souffrant d’hyperthyroïdie qu’un patient présentant des problèmes dans la cloison nasale et qui fume, ou un enfant souffrant d’obésité et qui met déjà ce problème en évidence.

Ainsi, les approches thérapeutiques les plus courantes sont généralement :

  • Améliorer les habitudes de vie : meilleure nutrition et une vie plus active
  • Utiliser un appareil respiratoire de nuit, comme une machine « CPAP », qui expulse l’air sous pression et se connecte à un tube avec un masque facial
  • Les embouts de repositionnement mandibulaire : il s’agit de dispositifs qui recouvrent les dents supérieures et inférieures et maintiennent la mâchoire dans une position qui l’empêche de bloquer les voies aériennes supérieures
  • Dispositifs de rétention de la langue :  il s’agit d’embouts qui maintiennent la langue dans une position avancée pour l’empêcher de bloquer les voies aériennes supérieures
  • Il est par ailleurs intéressant de noter qu’il existe des thérapies très intéressantes pour apprendre aux personnes à améliorer la position de la langue et renforcer les muscles qui contrôlent les lèvres, la langue, le palais mou, la paroi latérale du pharynx et le visage. Tout cela favorise le repos nocturne, la respiration et la disparition de l’apnée

Enfin, dans les cas les plus graves, il est courant de recourir à la chirurgie pour favoriser une respiration nocturne correcte. Comme nous pouvons le constater, chaque personne aura besoin d’une méthodologie particulière, d’un traitement où améliorer son repos et, finalement, sa qualité de vie.

Références bibliographiques

García Urbano, J. (2012). Ronflement et apnée obstructive – Solutions aux problèmes de sommeil. ISBN 978-84-937238-9-7.

Friedman, Michael (2009). Apnée du sommeil et ronflement : traitement médical et chirurgical. Elsevier Espagne.