Antipsychotiques : fonctionnement et types

· 3 mai 2019
Qu'est-ce donc que ces psychotropes ?

Les antipsychotiques sont des psychotropes disponibles uniquement sur ordonnance. Ils sont autorisés pour traiter les problèmes de santé mentale dont les symptômes incluent des effets psychotiques, comme ceux qui apparaissent dans la schizophrénie, le trouble schizo-affectif, certaines formes de trouble bipolaire ou la dépression sévère.

On peut aussi utiliser certains antipsychotiques pour traiter l’anxiété sévère (mais seulement en petites doses) ainsi que des problèmes physiques, des difficultés d’équilibre, des nausées et une agitation. Ils ne sont pas recommandés pour les symptômes psychotiques de la démence.

Les médicaments antipsychotiques portent aussi le nom de neuroleptiques. Certaines personnes préfèrent ce terme en raison de son sens, « s’emparer des nerfs », une description qui reflète mieux leur action.

 L’efficacité des antipsychotiques

Plusieurs explications appuient l’efficacité potentielle des médicaments antipsychotiques :

  • Blocage de l’action de la dopamine : on sait que la majorité des médicaments antipsychotiques bloquent quelques récepteurs de dopamine dans le cerveau. Ceci permet de réduire le flux de messages qui peut être anormalement fréquent lors d’un état psychotique
  • Altération d’autres substances chimiques du cerveau : la majorité des antipsychotiques affectent aussi d’autres substances chimiques du cerveau, comme les neurotransmetteurs sérotonine et noradrénaline, qui jouent un rôle dans la régulation de l’humeur
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Les voies dopaminergiques impliquées dans la schizophrénie

Le principal neurotransmetteur impliqué dans la schizophrénie est la dopamine. L’hypothèse dopaminergique de la schizophrénie est l’une des plus répandues. Il faut savoir que la dopamine exerce ses fonctions, sur le plan cérébral, à travers différentes voies :

  • La voie dopaminergique mésolimbique : elle va de l’aire tegmentaire ventrale dans le tronc cérébral jusqu’au noyau accumbens dans le striatum ventral. L’hyperactivité de cette voie est à l’origine de délires et d’hallucinations
  • La voie mésocorticale : nous devons ici distinguer la voie qui va vers le cortex préfrontal dorsolatéral et celle qui va vers le cortex préfrontal ventromédial. La première est impliquée dans les symptômes négatifs et cognitifs de la schizophrénie, qui sont dus à une hypoactivité de cette voie. La seconde contrôle les symptômes négatifs et émotionnels. Encore une fois, ces symptômes seraient dus à une hypoactivité de cette voie

Les autres voies dopaminergiques :

  • La voie dopaminergique nigro-striée : cette voie fait partie du système nerveux extra-pyramidal. Une déficience en dopamine dans cette voie peut causer la maladie de Parkinson, tandis qu’un excès peut provoquer des mouvements hyperkinétiques
  • La voie tubéro-infundibulaire : elle régule la libération de prolactine, dont la dopamine inhibe la sécrétion

Principaux types d’antipsychotiques

Les antipsychotiques se classent dans deux catégories de base : les antipsychotiques de première génération (les plus anciens) et les antipsychotiques de seconde génération (les plus récents). Tous deux peuvent être potentiellement efficaces, mais ils différent au niveau de leurs effets secondaires.

La principale différence entre ces deux catégories est que les antipsychotiques de première génération bloquent la dopamine tandis que ceux de seconde génération agissent sur les niveaux de sérotonine.

Plusieurs études suggèrent que certains médicaments de seconde génération ont des effets moins prononcés en termes de mouvements du corps que ceux causés par les médicaments de première génération.

Antipsychotiques de première génération

La majorité de ces antipsychotiques ont été développés pour la première fois dans les années 1950. Parfois appelés « typiques », ils se divisent en plusieurs groupes chimiques différents. Ils agissent d’une façon extrêmement similaire entre eux et la majeure partie s’ingère par voie orale, même s’il existe des injections à libération prolongée.

Ils peuvent causer des effets secondaires qui, en définitive, constituent des symptômes extrapyramidaux, comme :

  • Somnolence
  • Agitation
  • Bouche sèche
  • Constipation
  • Troubles visuels
  • Blocage émotionnel
  • Sécrétion mammaire
  • Absence de menstruation (aménorrhée)
  • Rigidité ou spasmes musculaires

Voici quelques antipsychotiques typiques: la chlorpromazine (vendue sous le nom de Largactil), le flupentixol (Fluanxol), la fluphénazine (Modecate), l’halopéridol (Haldol), la loxapine (Loxapac), la perphénazine (Trilafon), le pimozide (Orap), la trifluopérazine (Stelazine), le tiotixène (Navane) et le zuclopenthixol (Clopixol).

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Antipsychotiques de seconde génération (les plus récents)

En général, on préfère utiliser les antipsychotiques de seconde génération ou « atypiques ». Ils ont été développés pour la première fois dans les années 1990. Ils causent habituellement des effets secondaires neuromusculaires moins graves que les antipsychotiques de première génération.

Certains provoquent aussi moins d’effets secondaires sexuels en comparaison avec les antipsychotiques les plus anciens. Cependant, ceux de seconde génération ont plus tendance à causer des effets secondaires métaboliques, cela incluant une prise de poids rapide.

La clozapine est le seul médicament approuvé pour traiter la schizophrénie résistant à d’autres traitements. Elle est aussi indiquée pour faire diminuer les pensées liées à des comportements suicidaires chez des personnes souffrant de schizophrénie.

Parmi les médicaments de cette catégorie, nous retrouvons : la rispéridone (Risperdal), la quétiapine (Seroquel), l’olanzapine (Zyprexa), la ziprasidone (Zeldox), la palipéridone (Invega), l’aripiprazole (Abilify) et la clozapine (clozaril). La clozapine est un peu différente des autres médicaments.

Ces antipsychotiques de seconde génération s’emploient parfois pour traiter les troubles de l’anxiété et de l’humeur, comme le trouble bipolaire, le trouble de stress post-traumatique et le trouble obsessionnel compulsif, même s’ils n’ont pas officiellement été approuvés dans cette optique de soins.

Quels antipsychotiques ont le plus d’effets secondaires ?

À l’exception de la clozapine, les deux groupes de médicaments sont aussi efficaces l’un que l’autre. Le choix du type d’antipsychotiques se réalise normalement sur la base des effets secondaires.

L’un des avantages des neuroleptiques atypiques est qu’ils ne participent pas au blocage dopaminergique dans la voie mésolimbique. Cela implique des bénéfices cliniques. Par ailleurs, ils augmentent la sécrétion de dopamine dans les voies nigro-striée et mésocorticale. Ceci fait diminuer les effets extrapyramidaux et les symptômes négatifs dus au blocage dopaminergique.

On considère que les antipsychotiques atypiques pourraient être plus efficaces que les conventionnels dans le traitement des symptômes affectifs ou des symptômes négatifs (appauvrissement de la pensée et du comportement de la personne).

La clozapine s’associe à une forte incidence d’effets anticholinergiques, similaire à celle de la chlorpromazine, en plus d’une agranulocytose.

Les effets anticholinergiques, sédatifs, d’hypotension et d’augmentation de poids sont fréquents avec tous les antipsychotiques atypiques. Le risque d’hyperglycémie semble néanmoins être supérieur avec la clozapine et l’olanzapine.

La fréquence de certains effets adverses peut être différente en fonction des différents types d’antipsychotiques atypiques. Le manque d’études effectuant des comparaisons directes entre eux ne permet pas de tirer des conclusions irréfutables.