Amelia Earhart : biographie d'un symbole

24 juin, 2020
Presque chaque fois que nous trouvons le nom d'Amelia Earhart dans les nouvelles, c'est pour découvrir de nouveaux indices sur la localisation possible de sa dépouille et de son avion. Mais dans cet article, nous voulons nous intéresser à la vie et non à la mort de cette femme extraordinaire qui a ouvert les portes à des millions de femmes.
 

On a beaucoup écrit sur Amelia Earhart et son étrange disparition. Beaucoup de ressources ont été écumées et beaucoup d’encre a coulé pour tenter d’expliquer ce qui s’est passé lorsque son avion a été perdu au milieu de nulle part. De temps en temps, il semble que de nouvelles preuves soient trouvées qui renforcent certaines théories par rapport à d’autres.

Mais la vérité est que la chose la plus intéressante à propos de ce personnage historique n’était pas sa mort ou sa disparition. Mais bien sa vie. La vie d’Earhart a eu une influence importante sur de nombreux hommes et femmes. Amelia Earhart était une pionnière et un symbole social.

C’est l’une de ces icônes qui, de temps en temps, nous rappellent que les barrières psychologiques et sociales sont surmontées en faisant ce qu’on nous a dit que nous étions incapables de faire.

Cette jeune infirmière est tombée amoureuse de l’aviation. Un domaine professionnel qui, à l’époque, se réservait aux hommes. Les femmes ne pouvaient même pas rêver de devenir pilotes.

Les premières années d’Amelia Earhart

Amelia est née au Kansas, aux États-Unis, en juillet 1897. Élevée par ses grands-parents, elle a montré dès son plus jeune âge une personnalité agitée. Son enfance est marquée par de nombreux déménagements et un père alcoolique que sa mère finira par abandonner.

Elle suit ses études aux universités de Columbia et de Harvard. Mais au début de la Première Guerre mondiale, elle et sa sœur se rendent au Canada en tant qu’infirmières volontaires. A Toronto, elles soignent les pilotes blessés au combat. Il semble que c’est à ce moment que l’idée de devenir pilote d’avion a commencé à entrer dans ses pensées.

 

Peu après la fin de la guerre, et après une visite à un spectacle aérien où elle est montée dans un avion pour un court vol, Amelia Earhart a pris une décision qui allait tout changer : apprendre à voler.

Son premier instructeur de vol était une autre femme, une autre pionnière. En 1923, elle obtient sa licence de pilote, devenant ainsi la seizième femme à l’obtenir. Amelia Earhart devient l’une des femmes qui commencent à rompre avec les stéréotypes les plus archaïques de la société de son époque.

Amelia Earheart devant un avion

Sa carrière de pilote

Au cours des années suivantes, Amelia Earhart s’est non seulement consacrée à l’aviation, mais aussi à la promotion du nouveau monde de l’aviation et à la construction de ses infrastructures. Les journaux nationaux commençaient à la reconnaître comme l’un des pilotes les plus remarquables du pays. Elle était déjà supérieure à de beaucoup d’hommes.

C’est en 1928 qu’Amelia reçoit une offre pour essayer d’être la première femme, avec deux autres pilotes, à traverser l’Atlantique. Il s’agissait de suivre les traces de Charles Lindbergh.

Peu après, la déterminée Amelia Earhart décolle, avec d’autres pilotes, de la Nouvelle-Écosse vers l’Europe dans le cadre du programme Friendship. C’est le 18 juin 1928 qu’Amelia et son équipe arrivent dans le sud du Pays de Galles, où les membres de la presse l’attendent avec enthousiasme.

 

C’est à partir de ce moment qu’elle est devenue connue sous le nom de Lady Lindy. Sa renommée grandit et Amelia écrit des livres et donne des conférences pour encourager plus de femmes à devenir pilotes.

Elle réussit à effectuer plusieurs vols en solitaire aux États-Unis. En 1931, elle épouse George Palmer Putman, un célèbre explorateur et éditeur. À cette époque, elle a également participé à la création de l’une des premières compagnies aériennes.

Le vol en solitaire

La traversée de l’Atlantique effectuée par Amelia Earhart était en fait pilotée par une équipe dont elle faisait partie. Mais l’idée de faire le voyage par elle-même commençait à émerger parmi ses désirs.

Le 20 mai 1932, à bord de son Lockheed Vega, Amelia traverse l’Atlantique seule. Elle est devenue Charles Lindbergh à faire ce voyage et la deuxième personne à le réussir.

On considérait déjà Amelia Earhart, à ce moment de sa vie, comme une idole nationale et une pionnière du mouvement féministe. En 1937, elle décide d’effectuer un tour du monde le long de l’équateur.

Lorsque le voyage était sur le point de se terminer avec succès, sur l’une des dernières étapes, son avion a disparu avec elle et son copilote. On n’a jamais retrouvé ses restes et c’est ainsi qu’a commencé la tragique légende, pleine de spéculations et de mystère.

Amelia Earhart dans un avion
 

Les ailes d’Amelia Earhart

Amelia Earhart était une femme qui a enfreint des règles bien établies sur les professions que les femmes et les hommes pouvaient et ne pouvaient pas exercer. La société avait tracé une ligne de démarcation nette entre les professions qui conviennent aux hommes et celles qui conviennent aux femmes.

L’histoire de sa vie est, dans de nombreux cas, assez idéalisée. Toutefois, elle a dû faire face aux clichés les plus ancrés de son époque.

En plus de sa formation d’aviatrice, elle a dû surmonter les limites mentales que signifiait, pour elle et pour les autres, le fait de devenir pilote de ligne. C’est l’un des nombreux stéréotypes que la psychologie sociale étudie depuis des années.

La stigmatisation dans l’aviation est encore assez courante. Non seulement chez les pilotes, mais aussi chez le personnel de cabine. Il n’y a pas si longtemps encore, le mot « steward » n’était pas reconnu. Seul le terme « hôtesse » était autorisé pour désigner les femmes membres d’équipage. Pendant une grande partie de l’histoire de l’aviation, la limite était plus que fixée : les hommes pouvaient voler et les femmes étaient les hôtesses de l’air.

En 2016, un vol commercial Miami-Buenos Aires a été le cadre d’un incident retentissant. Seules des femmes pilotaient cet avion. Un groupe de passagers a retardé le vol de plus d’une heure et demie. Ils ont déclaré ne pas vouloir monter dans un avion où des femmes pilotaient sans surveillance masculine.

 

Il y a un siècle que les femmes pilotent des avions commerciaux et militaires. Le 8 mars 1910, on a accordé une licence de pilote à une femme pour la première fois..

Comme dans beaucoup d’autres professions, le chemin n’a pas été facile/ Les stéréotypes étaient là, mais nous l’avons fait. Peut-être que des incidents comme celui des passagers refusant de voler sans pilote masculin aux commandes n’étaient qu’une question d’ignorance.

Il semble que nous, les femmes, soyons obligées de nous rappeler sans cesse les exploits et les réalisations de nos prédécesseures afin que, peut-être, juste peut-être, et sur la base de la connaissance de leurs histoires et de leur place dans l temps, notre société cesse, à un moment donné, de remettre en question le talent ou le professionnalisme en fonction du sexe des personnes.