Rosa Parks : une leçon de psychologie sociale

26 avril 2019

Rosa Parks a été la femme qui a déclenché l’une des plus importantes manifestations dans le cadre du mouvement afro-américain pour les droits civiques aux États-Unis. Et elle l’a fait d’un geste simple mais puissant. Elle a refusé de céder son siège d’autobus à un passager blanc.

On l’a arrêté et emprisonné pour cela. Cela a mené à ce qui allait plus tard être connu sous le nom de boycott des bus de Montgomery. Encouragées par Martin Luther King comme un acte de désobéissance civile, ces manifestations ont fini par abolir les lois sur la ségrégation raciale.

La loi sur la ségrégation raciale obligeait les Afro-Américains à occuper les sièges arrière des autobus publics. Les sièges avant étaient réservés aux blancs. Au milieu, il y avait quelques sièges qui pouvaient être utilisés de façon interchangeable. les Afro-Américains devaient toujours céder ces sièges aux Blancs. Le résultat du refus de Rosa Parks de renoncer à son siège a été la création de la Loi sur les droits civils de 1964.

Qui était Rosa Parks ?

Fille d’une enseignante et d’un menuisier, Rosa Parks a vécu à l’époque de la ségrégation raciale aux États-Unis. Diplômée de l’Alabama State Teachers College, elle a épousé Raymond Parks. Rosa a passé son enfance dans une époque très marquée par la ségrégation raciale : toilettes publiques, écoles, transports, restaurants, etc. Rosa se souvenait toujours de son grand-père à la porte de sa maison avec un fusil de chasse pendant que le Ku Klux Klan marchait dans la rue.

Elle et son mari se sont joints à la cause pour la défense des Scottsboro Boys, un groupe d’hommes noirs accusés à tort de violer une femme blanche. Elle s’est également jointe à la NAACP, la “National Association for the Advancement of Colored People”. Durant sa jeunesse, Rosa a travaillé à la base aérienne de Maxwell. Maxwell appartenait au gouvernement fédéral et ne permettait pas l’isolement. Rosa disait : « Maxwell m’a ouvert les yeux. »

Rosa Parks

Le racisme du point de vue psychologique

Le racisme est basé sur le processus de catégorisation des personnes. On attribue des caractéristiques à un groupe spécifique et cela se fait également à partir de la propre identification avec un autre groupe considéré comme supérieur. L’analyse de la discrimination et des préjugés raciaux repose sur trois concepts principaux :

  • La catégorisation sociale. C’est le principal précurseur de toutes les formes de préjugés. C’est en fait un outil cognitif qui aide à classer et à ordonner la réalité. Elle le fait à travers deux processus cognitifs : l’assimilation et la différenciation. Ils sont responsables de minimiser ou d’exagérer respectivement les différences entre les différents groupes.
  • Le stéréotype. Elle découle de la catégorisation sociale.
  • L’identité sociale. L’idée de soi qu’une personne se crée basée sur son appartenance à un certain groupe.

Qu’est-ce qui pousse une personne à devenir activiste social ?

L’oppression et l’inégalité sont étroitement liées. Les facteurs qui influencent les gens à rejoindre l’activisme social sont principalement la perception de l’injustice par l’appartenance à un groupe social, l’inégalité et les émotions sociales.

Certaines théories psychosociales ont tenté d’expliquer le phénomène du boycott du bus de Montgomery, mais il semble que ce soient les émotions qui l’expliquent le mieux (Ruiz-Junco 2013 et Bosco 2007). Des émotions communes d’humiliation se développent chez les personnes opprimées, ainsi que d’autres émotions comme le courage et la détermination.

A. Jasper 2011, a conclu que les émotions négatives et positives doivent se produire en même temps chez une personne pour qu’elle devienne un activiste social. L’activisme social n’existerait pas seulement avec des émotions négatives. Les émotions jouent un rôle essentiel dans l’identité sociale et le comportement.

Rosa Parks

 

Rosa Parks, une activiste sociale

Rosa Parks a expliqué à plusieurs reprises que ce jour-là, elle avait refusé de se lever et de céder sa place à un passager blanc parce qu’elle était « fatiguée ». Et ce jour-là, il ne s’agissait pas que de la fatigue physique du retour à la maison. Rosa en avait assez d’être traitée comme une citoyenne de seconde zone. Elle en avait assez de l’injustice et des traitements inégaux. Son courage et sa détermination ont également motivé son acte de désobéissance sociale.

Rosa Parks a travaillé le reste de sa vie à défendre les droits civils. C’est la femme qui s’est tenue debout en restant assise. La femme qui nous a appris qu’on peut changer le monde en un jour et d’un simple geste. Le jour de sa mort, en 2005, tous les bus Montgomery circulaient avec les sièges avant reservés avec un ruban noir et un nom : Rosa Parks.