Activer le neurotransmetteur de la paix

Pour ressentir la paix, il n'est pas toujours nécessaire de regarder bien loin, car le corps – et, plus concrètement, les neurotransmetteurs – peuvent beaucoup nous aider.
Activer le neurotransmetteur de la paix

Dernière mise à jour : 30 novembre, 2020

Lorsque nous pensons à la paix, nous nous imaginons sereins, reposés, entourés de générosité et d’amitié. Cela ressemble à une utopie que l’on ne pourrait vivre que plus tard ou seulement par instants. Or, il est tout à fait possible d’atteindre cet état dès maintenant.

Nous devons prendre en compte une chose importante : dans la vie réelle, les niveaux de cortisol sont élevés à cause du quota de stress que nous ressentons tous – dans une certaine mesure – chaque jour. Dans cette tentative de s’adapter au chaos qu’impliquent les multiples stimuli auxquels notre milieu nous soumet, la glande surrénale travaille.

Au milieu de tout ce travail, s’il y a bien une substance que l’organisme sécrète pour gérer le stress et nous aider à avancer de façon plus calme, c’est la sérotonine. La sérotonine est un neurotransmetteur produit dans le système nerveux central et également dans certaines cellules spécifiques du tractus gastro-intestinal.

Ce neurotransmetteur possède différentes fonctions. Ces fonctions sont liées, en majorité, au bien-être et à la tranquillité, d’où son titre d’«hormone de la paix ». Approfondissons.

Le prix nobel de la paix est pour la sérotonine.

Le Prix Nobel de la paix est pour la sérotonine

Dans le système nerveux central, la sérotonine joue un rôle important dans l’inhibition de la colère et la répression de l’agression. On peut donc dire que cette substance est celle qui refroidit le feu causé par une dispute.

Son augmentation dans les circuits nerveux produit une sensation de bien-être et favorise ainsi une plus grande estime de soi, une meilleure concentration et l’apparition de la motivation. Ce sont des sensations très gratifiantes qui peuvent nous faire penser que nous avons atteint la paix.

Dans le cerveau, la sérotonine régule l’anxiété, ce qui améliore l’humeur. Cette substance nous fait nous sentir plus heureux, en nous faisant voir les événements à travers un prisme plus positif.

La sérotonine régule aussi l’appétit à travers la satiété, équilibre le désir sexuel, contrôle la température corporelle, l’activité motrice et les fonctions perceptives et cognitives, entre autres. Elle intervient également au niveau d’autres neurotransmetteurs connus comme la dopamine et la noradrénaline, qui sont liés à l’angoisse, aux problèmes alimentaires et aux addictions.

La sérotonine agit aussi dans les mouvements de l’intestin : on la retrouve en grande quantité dans l’estomac et l’intestin. Elle aide ainsi à la dégradation des aliments.

Elle régule aussi les nausées. Quand la sérotonine augmente, elle aide à éliminer les substances toxiques de l’intestin et stimule la région du cerveau qui contrôle les nausées.

Enfin, la sérotonine provoque des vasoconstrictions, ce qui facilite la coagulation du sang. Les plaquettes de sang libèrent en effet de la sérotonine pour aider à cicatriser les blessures.

Sérotonine, cortisol et sommeil

La nuit, le cortisol (qui nous maintient attentifs et alertes) baisse. La sérotonine, elle, augmente. C’est l’hormone qui permet à la mélatonine d’entrer – l’hormone qui provoque le sommeil et qui est fabriquée dans le cerveau par la glande pinéale, la grande régulatrice du rythme circadien (sommeil-veille).

Le matin, la glande surrénale commence à pomper notre essence – le cortisol – pour nous réveiller et nous préparer à affronter la journée. La mélatonine diminue alors, et la sérotonine n’est plus transformée en mélatonine.

L’horloge interne sérotoninergique est chargée de coordonner toutes les fonctions biologiques du cycle du sommeil. Elle régule ainsi la température corporelle, la pulsation du cortisol et la production de mélatonine, entre autres. Cette bonne coordination nous permet de dormir profondément et de nous reposer, afin de préparer la journée à venir.

Lorsque la sérotonine baisse, la paix disparaît ?

Les hommes produisent jusqu’à 50 % de plus de sérotonine que les femmes. Ces dernières sont donc plus sensibles aux changements du niveau de sérotonine.

Les œstrogènes et la progestérone sont associés à la sérotonine. Les femmes dont les ovaires produisent plus d’œstrogènes et de progestérone sont plus résistantes au stress, car elles ont une plus grande quantité de sérotonine.

En revanche, celles qui ont moins d’œstrogènes et de progestérone ont encore moins de sérotonine. Au début des règles, elles peuvent être donc hostiles et irritables, et avoir des accès de colère et des crises de larmes.

Le stress, le taux de sucre dans le sang et les changements hormonaux expliquent les altérations de la sérotonine. Cette carence entretient aussi un lien étroit avec l’humeur et peut être responsable de la mauvaise humeur le matin, de l’anxiété, de la dépression et même des migraines car, quand le taux de sérotonine baisse, les vaisseaux sanguins se dilatent.

Un taux de sérotonine faible s’observe clairement dans les cadres dépressifs (sensation de mal-être et pensées négatives, par exemple) et dans la fibromyalgie. Le faible niveau de sérotonine génère en partie les douleurs caractéristiques de cette maladie et les troubles du sommeil.

On peut aussi observer un faible taux chez des personnes avec des difficultés d’apprentissage, de mémoire et de concentration, et des altérations du désir sexuel. Elle peut aussi affecter le rythme alimentaire. En effet, elle peut par exemple déclencher des envies de manger des sucreries ou de grignoter tout le temps.

Les pensées négatives (« j’aurais dû faire… »), celles qui mettent l’accent sur ce qui nous manque et qui nous font nous soucier du regard des autres, en plus d’être absolument dévalorisantes et destructrices, sont la preuve d’un manque de sérotonine. Ces pensées peuvent aboutir à des réalités catastrophiques.

Le sentiment de paix est lié à la sérotonine.

Et le printemps arrive !

Lorsque le printemps et l’été arrivent, la sérotonine s’adapte à la lumière qu’elle reçoit de l’organisme. Cela mène à une augmentation progressive du bien-être et du bonheur avec un plus grand stimulus sexuel, fruit des concentrations de ce neurotransmetteur dans le cerveau.

On l’appelle aussi l’ « hormone du plaisir » car, lors d’un rapport sexuel, pour que l’éjaculation ou l’orgasme aient lieu, l’hypothalamus donne des ordres à l’hypophyse et libère de l’ocytocine (l’hormone de l’amour) à travers l’hypophyse. Après l’éjaculation, la quantité de sérotonine augmente notablement dans le cerveau, aboutissant à un état de plaisir et de tranquillité.

La sérotonine peut être stimulée avec des aliments. Par exemple, le tryptophane, un précurseur de la sérotonine, est un acide aminé essentiel qui, n’étant pas produit par l’organisme, doit être obtenu à travers l’alimentation (lait et dérivés, œufs, poulet, dinde, soja, légumineuses, banane, ananas, tomates, pâtes, céréales, riz, fromage, chocolat noir, viandes maigres).

La pratique régulière d’un sport ne fait pas que produire des endorphines : elle produit aussi de la sérotonine. Au-delà des bienfaits du système cardio-respiratoire et musculosquelettique, les techniques de relaxation favorisent l’augmentation de la sérotonine. Tout commen éviter la routine, créer de nouvelles choses et développer de nouvelles activités.

Pour résumer, le bonheur, le bien-être et la paix sont liés à la sérotonine. Par conséquent, il est temps de faire des activités qui nous remplissent de ce neurotransmetteur. Soyons sérotoninergiques !

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