7 clés pour développer un cerveau résilient chez les enfants

· 13 août 2018

Développer un cerveau résilient chez les enfants est un objectif qui, lorsqu’il est atteint, a une énorme valeur. Nous savons que nos enfants sont capables de choses extraordinaires. Cependant, notre désir le plus cher, c’est qu’ils soient heureux. Pour cela, rien de mieux que de leur apprendre à maîtriser par eux-mêmes les ressources qui peuvent leur permettre de faire face à ces défis quotidiens pouvant surgir n’importe quand.

Le mot « résilience » est à la mode ; on peut le trouver dans n’importe quel livre d’auto-aide ou manuel de développement personnel. Ainsi, nous savons aussi que l’idée que la résilience représente n’est pas nouvelle, bien qu’elle le soit pourtant quelque peu aujourd’hui, maintenant que nous avons commencé à étudier son effet de manière plus rigoureuse.

Viktor Frankl a déjà défini pour nous les bases de la résilience dans plusieurs de ses ouvrages. Il l’a fait en nous apprenant, par exemple, comment certaines personnes arrivent à faire face à l’adversité grâce à leurs forces intérieures, à leurs carapaces, à leurs buts et à leurs approches.

« Ce dont on a vraiment besoin, c’est d’un changement radical dans notre attitude envers la vie. »

-Viktor Frankl-

Par conséquent, si ces ressources sont si motivantes, pourquoi ne pas les transmettre aux enfants ? Le faire supposera quelque chose de plus que de leur donner de simples techniques pour mieux gérer les défis qu’ils peuvent rencontrer. En réalité, la résilience édifie en eux, de même qu’en nous, une nouvelle mentalité. Elle donne forme à des cerveaux plus forts, dotés d’une meilleure résistance au stress et de fonctions exécutives plus habiles.

L’effort en vaut la peine. Développer un cerveau résilient chez les enfants est possible si on applique les stratégies suivantes.

développer un cerveau résilient chez les enfants

Le besoin « d’éduquer » un cerveau résilient

Lorsque nous faisons face à l’adversité, notre cerveau expérimente stress et angoisse émotionnelle. Ainsi, ce type de réponse s’initie et se prépare dans un lieu très concret : l’amygdale cérébrale.

Cette structure est la responsable de nos réponses associées à la peur, et c’est elle aussi qui envoie les messages nécessaires au cerveau pour qu’il libère de l’adrénaline et du cortisol au plus vite. « Il faut réagir, il faut échapper le plus vite possible à ce stimulus menaçant ! », nous dit-il.

Or, lorsque l’amygdale, cette sentinelle de la peur, prend le contrôle, il se passe quelque chose de très caractéristique : le cortex préfrontal perd sa fonctionnalité. Autrement dit, notre capacité à analyser la situation de manière objective ou à réfléchir au problème diminue complètement. Nous nous laissons porter par cette séquestration émotionnelle dominée par la crainte sans être capables de voir une quelconque issue, sans disposer de ce calme interne grâce auquel construire une voie d’évasion.

Si nous étions capables d’éduquer, chez les enfants, un cerveau plus résilient, cela n’arriverait pas, ou du moins pas si souvent. Car la résilience implique fondamentalement de calmer l’amygdale pour activer le cortex préfrontal. De réduire le stress pour développer une mentalité plus ouverte, réfléchie et forte. Voyons, dans la suite de cet article, comment y arriver.

1. Favoriser des liens forts et un attachement sain : soyez le meilleur référent pour l’enfant

Probablement que la plupart d’entre vous pensent qu’au moment d’éduquer des enfants plus résilients, rien ne puisse être mieux que de leur apprendre à être autonomes et indépendants. En réalité, plus que l’auto-suffisance, ce qui est essentiel pour développer un cerveau résilient, c’est la connexion émotionnelle.

Les enfants ont besoin d’un attachement sain, fort et solide. Ils ont besoin de personnes de référence qui leur offrent amour, sécurité et protection. Tout cela donne forme à un cerveau qui n’expérimente ni peur, ni stress. Car un cerveau fort qui n’a pas eu d’expériences prématurées de l’insécurité ou de la crainte est un cerveau qui, sur le long terme, fera plus efficacement face aux problèmes de la vie. L’absence de ces traces détermine un esprit plus fort, plus flexible et plus réceptif.

2. Renforcer les fonctions exécutives

Comme nous le signalions au début de cet article, notre objectif consiste à calmer l’amygdale (à savoir la peur) et à renforcer le cortex préfrontal (à savoir les fonctions exécutives). Ainsi, nous offrirons des ressources à l’enfant pour qu’il soit capable de résoudre les problèmes auxquels il fera face, de focaliser son attention et d’être créatif lorsque se présenteront des défis à relever, soient-ils grands ou petits. Tout cela permettra d’éviter à l’enfant de rester paralysé par la peur ou l’angoisse.

Les stratégies permettant de développer chez les enfants les fonctions exécutives sont les suivantes :

  • Etablir des routines
  • Modeler des comportements sociaux sains
  • Favoriser la connexion sociale avec des personnes de confiance
  • Leur permettre de saisir les opportunités d’établir leurs propres connexions avec leurs semblables (camping, sport, etc)
  • Faire des jeux créatifs
  • S’adonner à des jeux de mémoire
  • Les laisser prendre leurs propres décisions

3. Pratiquer la pleine conscience

Un autre moyen sensationnel de développer un cerveau résilient chez les enfants consiste en la pleine conscience. Etre capable de se connecter avec le moment présent de manière relaxée améliore la connexion cérébrale, libère le stress et favorise le renforcement des fonctions exécutives. Si vous introduisez cette pratique dans la vie des enfants dès leur plus jeune âge, vous en constaterez les grands bénéfices.

4. Transmettre aux enfants l’idée qu’ils sont compétents et capables

Un enfant doit se considérer comme compétent au quotidien, comme quelqu’un de capable d’apprendre de ses erreurs pour s’améliorer, comme quelqu’un qui peut se surpasser chaque jour pour maîtriser plus efficacement de nouvelles compétences et autres habilités. Cette sensation, celle de compter sur notre soutien et notre reconnaissance, lui permettra de prendre de meilleures décisions peu à peu.

5. Transmettre l’optimisme pour développer un cerveau résilient chez les enfants

L’optimisme réaliste peut être d’une grande aide pour les enfants. Montrons-leur que toute réalité qui puisse contenir des nuances problématiques peut être envisagée en termes de surpassement personnel. Ainsi, c’est là que résidera leur véritable valeur.

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6. Faire face aux peurs avec soutien : il est bon de demander de l’aide

Pour développer un cerveau résilient chez les enfants, il est nécessaire d’aider ces derniers à gérer leurs émotions de valence négative, telles que la peur. La première chose que l’on peut leur offrir est une idée : demander de l’aide, autre que recommandable, est nécessaire. De plus, ceux qui demandent de l’aide sont suffisamment courageux pour reconnaître leur vulnérabilité, leurs besoins, et pour faire un pas vers des relations plus profondes.

Aider les autres et permettre à ces derniers de nous aider, c’est une dynamique que les enfants doivent instaurer dès leur plus jeune âge dans leurs vies. Ainsi, les peurs se feront plus petites, elles perdront de leur pouvoir et finiront par disparaître.

7. Apprendre à construire une « trousse à outils pour résoudre les problèmes »

Cette suggestion est aussi amusante qu’utile. A partir de 5 ans, un enfant est déjà capable d’apprendre à résoudre des problèmes simples.

Si on lui offre pour sa vie quotidienne une « trousse à outils pour résoudre les problèmes » et qu’on lui montre comment s’en servir, on l’aidera à mûrir. A mesure qu’ils grandiront, ce seront les enfants qui perfectionneront l’usage de ces outils et qui les adapteront à leurs circonstances.

Ainsi, cette trousse à outils pour résoudre les problèmes peut contenir les stratégies suivantes :

Que faire lorsque quelque chose me préoccupe :

  • Consulter mon papa ou ma maman
  • Demander de l’aide ou des conseils à une personne de confiance
  • Si j’ai déjà rencontré ce problème par le passé, penser à comment j’ai réussi à le résoudre. Puis-je procéder de la même manière aujourd’hui ?
  • Comprendre que tout problème, aussi gros soit-il, peut se diviser en morceaux plus petits à résoudre un par un

Pour conclure, on pourrait dire que le fait de développer un cerveau résilient chez les enfants, de lui donner forme et de le favoriser requiert une éducation basée sur un attachement sûr et dans le cadre de laquelle nous offrons à nos enfants une base solide au moyen de stratégies pouvant permettre d’affronter et de résoudre des problèmes.

Ce dont nous vous parlons ici, c’est d’un type d’éducation active et créative, où l’adulte sert de référent et d’exemple. Un tel projet détermine une grande responsabilité de notre part : nous faisons là référence à une aventure qui en vaudra toujours la peine.