7 clés pour apprendre à penser comme Sherlock Holmes

30 décembre 2017 dans Livres 42 Partagés
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Pour apprendre à penser comme Sherlock Holmes, il n’y a rien de mieux que de nous plonger dans son esprit, l’un des plus lucides de toute l’histoire de la littérature. La fameuse méthode dont Conan Doyle a doté son personnage est extrêmement liée à l’attention et à la discipline ; Sherlock possède des touches de scepticisme naturel et un regard inquisiteur, curieux et énergique que nous pouvons tous développer efficacement…

Joseph Bell, le médecin étranger dont Doyle s’est inspiré pour donner vie au célèbre héros de Baker Street, disait que n’importe quel diagnostique effectué dans un contexte étranger, scientifique ou autre doit se baser sur trois étapes très simples: observer avec attention, déduire avec astuce et confirmer par des preuves. L’assimilation d’une telle stratégie ne se fait pas en un jour ou deux mais à travers une routine méticuleuse, où il faut entraîner son esprit et apprendre à connaître un peu mieux les “attiques de notre cerveau”.

“Le jour où Sherlock Holmes s’est spécialisé dans la criminologie, le théâtre a perdu un magnifique acteur et la science, un grand penseur.”

-John Watson-

Ce médecin écossais, que Conan Doyle a eu la chance de connaître, s’est toujours montré fier que son élève le prenne pour référence pour son oeuvre ; en fait, il a même réalisé le prologue de certains de ses livres. Il faut préciser que Doyle ne s’est pas seulement inspiré de la méthode analytique du docteur Bell; il s’est aussi senti attiré par la personnalité et les raisonnements d’un autre célèbre détective, C. Auguste Dupin, le fameux détective qui est né de la plume d’Edgar Allan Poe dans “Le double assassinat dans la rue Morgue”.

Arthur Conan Doyle savait très bien ce qu’il voulait quand il a dessiné un par un les traits de la fascinante personnalité de son personnage. Il ne voulait pas d’un homme facile, il ne voulait pas d’un héros classique; il devait avoir des nuances obscures et contradictoires, un sens propre de la justice et, plus que tout, il devait disposer d’un des esprits les plus brillants de tous les temps. Et il y parvint, cela n’en fait aucun doute…

Apprendre à penser comme Sherlock Holmes est à notre portée si nous suivons les stratégies suivantes…

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1. Développez votre scepticisme

Il n’y a pas de pire ennemi que le fait d’arrêter de remettre en question des idées ou des pensées, que d’assumer une attitude passive face à n’importe quel fait, information ou événement qui surgit devant nous. Qui plus est, si nous n’apprenons même pas à remettre en questions nos propres pensées et attitudes, nous n’irons jamais au-delà d’un voile de fumée.

Pour apprendre à penser comme Sherlock Holmes, nous devons passer par une phase de préparation destinée à nous défaire de nos préjugés, en cessant aussi d’assumer comme véritables les opinions ou raisonnements que d’autres défendent, comme s’il s’agissait de vérités universelles irréfutables. Apprenons à mettre des filtres, soyons sceptiques, soyons curieux et capables de voir au-delà du bout de notre nez, en contrôlant avant tout ces raisonnements automatiques qui surgissent parfois devant nous et que nous ne remettons pas toujours en question.

2. Pensée inclusive

Quand Sherlock Holmes reçoit une note, il ne se limite pas en exclusivité à lire le message. En fait, le texte est parfois le moins important. La “méthode sherlockienne” implique de développer une pensée inclusive où tout compte, où tout apporte une information. Penser comme Sherlock Holmes implique de prendre en compte le fait que tout objet, tout visage, tout ton de voix, geste ou endroit en apparence anodin apporte beaucoup plus d’information que ce que l’on peut croire au premier abord.

Souvenons-nous par exemple de l’aventure de “L’escarboucle bleue” et de comment, à travers un vieux chapeau et une oie, Holmes réussit avec astuce à retracer le fil de l’un des cas les plus complexes et originaux que Conan Doyle a réussi à créer.

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3. Un authentique engagement

Ceux qui ont lu tous les cas et toutes les aventures de Sherlock Holmes se sont sûrement rendu compte d’un aspect essentiel: le locataire de l’appartement de Baker Street passe de l’inactivité et de la léthargie la plus profonde à l’excitation et au mouvement quand quelque chose capte son intérêt. C’est à ce moment que son esprit se concentrer et cesse d’errer, désœuvrée et attristée.

Holmes refuse les cas qui ne sont pas suffisamment stimulants pour lui ou ceux de clients qui ne lui inspirent pas confiance. Son esprit est sélectif, il économise du temps et de l’énergie pour se concentrer uniquement sur ce qui s’ajuste à ses valeurs et à ses intérêts. Ainsi, il n’accepte que les affaires qui le motivent et qui, selon lui, peuvent constituer un véritable défi pour ses capacités.

4. Pour mieux penser, il faut parfois s’éloigner

Pour apprendre à penser comme Sherlock Holmes, il nous sera très utile d’appliquer une de ses techniques : la pensée imaginative. Lors de ces moments où son esprit dispose d’une infinité de données, de pièces à emboîter, de témoignages, de sensations imprécises et d’images contradictoires, Holmes a besoin de les ordonner pour les analyser et ensuite élaborer des théories plausibles qui expliqueront les faits.

Pour mener ce processus à bien, il n’hésite pas à s’isoler du monde en s’enfermant dans sa chambre, en fumant une bonne pipe et en jouant du violon pour se plonger dans son palais mental et affiner ses déductions. Parfois, pour mieux penser, il vaut mieux prendre de la distance avec le problème central et cesser de concentrer nos efforts sur une récupération d’information et un travail que nous connaissons déjà.

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5. Nous pouvons nous aider d’un journal

Parfois, nous avons trop confiance en nous et pensons que notre esprit ne va pas oublier telle donnée, tel détail ou telle information. C’est une erreur. Avoir recours aux journaux, écrire nos pensées et idées sur un papier peut nous être d’une grande aide, non seulement pour ne pas oublier d’informations mais aussi pour mieux réfléchir, canaliser un plus grand nombre d’idées et contraster des concepts.

Nous ne pouvons pas non plus mettre de côté un fait que Sherlock Holmes et le scientifique André-Marie d’Ampère avaient en commun: toujours avoir un crayon et un papier sur soi. Les idées sont libres, elles vont et viennent au gré du temps et apparaissent au moment le plus imprécis. Par conséquent, mieux vaut être préparé à les noter quand elles apparaissent.

6. Pour apprendre à penser comme Sherlock Holmes, cherchez les défis mentaux

Il y a une donnée curieuse à prendre en compte à propos du personnage de Sherlock Holmes. Ses capacités de déduction, sa faculté d’analyse, sa virtuosité pour connecter des faits en apparence différents avec ceux qui démontrent une théorie ne sont pas des aspects qui sont automatiquement venus à son esprit.

Celui qui dispose en réalité d’une intelligence exceptionnelle est son frère Mycroft, que tous décrivent comme le plus grand cerveau de l’Angleterre. Cependant, son fabuleux cerveau contraste avec son attitude passive; il s’agit d’un homme de routine, qui déteste l’action et les travaux des champs. Il laissait -avec plaisir- ces tâches à son petit frère, à cet esprit continuellement agité qui avait besoin de stimuli, de défis et d’énigmes pour “se nourrir”. Sherlock pouvait ainsi entraîner son esprit, ses habiletés et son flair en tant que détective consultant.

“Je suis un cerveau, Watson, le reste n’est qu’un simple appendice.”

-Sherlock Holmes-

7. Utilisez vos facultés pour faire le bien

Un détail que le docteur Watson a l’habitude de signaler à propos de son cher compagnon d’aventures -et colocataire- est le fait d’être reconnaissant que Sherlock utilise ses splendides capacités pour faire le bien. Dans le cas contraire, Holmes aurait pu entrer en compétition dans l’autre camp avec un autre esprit extraordinaire mais cette fois criminel: celui du professeur Moriarty. 

Tout cela nous pousse à réfléchir à une idée: le concept d’intelligence ainsi que nos habiletés cognitives ont besoin d’un but, d’un objet de motivation qui nous serve à nous entraîner, à être plus efficaces dans nos raisonnements, nos réflexions et nos champs d’action.

La pensée sans motivation et inspiration ne sert pas à grand-chose. En fait, Sherlock Holmes lui-même avait recours à cette “solution avec 6% de cocaïne” quand les jours passaient sans la moindre affaire à résoudre, quand le temps s’écoulait lentement comme la brume londonienne, sans que son esprit ne serve une fin, un objectif.

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Apprendre à penser comme Sherlock Holmes est sans aucun doute un excellent but que nous pouvons nous fixer au quotidien. Essayons de toujours avoir à notre disposition ce magnifique modèle sherlockien pour nous inspirer, ces dizaines d’aventures pour nous en apprendre un peu plus sur les méthodes et stratégies de l’un des personnages les plus aimés et admirés de l’histoire de la littérature.

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