Vous n’êtes pas au courant mais vous connaissez des psychopathes

9, janvier 2017 dans Psychologie 828 Partagés

Certains commettent des tueries, d’autres planifient des meurtres en série. D’autres encore sont nos voisin, ami, conjoint ou maire et peut-être qu’ils ne commettront jamais ces actes, même si au fond ce sont quand même des psychopathes.

Avec leurs ruses, leur affront, leur absence d’aide aux autres, leur déni de responsabilité et leur mépris des réussites des autres, ils se définissent de la même manière.

Ce sont des psychopathes et même si nous avons du mal à le croire, ils sont très nombreux.

Certains se trouvent dans les quartiers marginaux et maltraitent des chiens, et d’autres sont ceux qui vous font signer votre emprunt à la banque.

Certains sont magistralement interprétés, comme Anthony Hopkins dans son rôle d’Hannibal Lecter dans «Le silence des agneaux» et d’autres agissent de la même manière hors des caméras.

Les psychopathes passent complètement inaperçus dans une société comme la nôtre, dans laquelle l’agressivité, l’individualisme, l’égocentrisme, l’enchantement feint ou l’indifférence ou la froideur face aux malheurs des autres sont des ressources approuvées pour atteindre le succès.

Ainsi, si nous voulons nous en défendre, nous devons tout d’abord savoir les identifier.

Qu’est-ce qu’un psychopathe ?

Certains auteurs comme Hervey Ceckley, Cooke et Michie, Robert Hare ou Blackburn ont essayé de résumer les caractéristiques principales des psychopathes, dont nous allons parler ici.

Pour résumer, ce qu’affirment toutes ces recherches et les études les plus récentes, c’est qu’il existe une prédisposition à être psychopathe.

Une tendance favorisée par un système nerveux dans lequel le lobe préfrontal et l’amygdale sont moins préparés à interpréter les clés émotionnelles et à prendre des décisions qui considèrent le bien-être de soi-même et des autres à moyen et long terme.

L’environnement peut aussi former les croyances et les habitudes antisociales, en favorisant ces traits innés.

Il se peut donc qu’une personne ait cette prédisposition organique, mais si elle est éduquée dans une société avec de bonnes valeurs et où le succès ne se base pas sur l’apparence, la violence, la manipulation et la fausse morale, elle ne développera probablement pas cette tendance. Et même, elle la rejettera.

Il existe aussi des psychopathes qui se «font», qui n’ont pas de prédisposition génétique mais qui ont vécu dans un environnement extrêmement perturbateur et qui ont fini par développer cette tendance.

Il existe des théories beaucoup plus sceptiques et pessimistes qui affirment que la psychopathie se développe dès 3-5 ans et que l’environnement n’a aucune influence.

Caractéristiques du psychopathe

On estime qu’1 ou 2 % de la population est psychopathe pure. Il existe une proportion de 5 hommes pour une femme.

Dans le monde du crime tout d’abord, et ensuite dans les professions qui se basent sur l’apparence et la feinte, comme la politique, les affaires ou les grands mouvements spirituels sans autres intérêts que les intérêts économiques.

Ils ont tendance à exercer un pouvoir sur les autres et ont parfois une intelligence supérieure. Il existe plusieurs classifications des psychopathes selon plusieurs auteurs : 

Critères de la psychopathie selon Cleckley

Cleckley signale des critères suivants, pour détecter la psychopathie :

  • L’enchantement superficiel et l’intelligence notable
  • L’absence d’hallucinations et autres signes de pensées irrationnelles
  • L’absence de manifestations psychonévrotiques
  • Une personne qui n’inspire pas confiance
  • Fausseté ou manque de sincérité
  • L’incapacité à éprouver du remord ou de la vengeance 
  • Un comportement antisocial sans justification apparente
  • Le manque de jugement et des difficultés à apprendre de l’expérience
  • L’égocentrisme pathologique et l’incapacité à aimer
  • La rareté des relations affectives de base
  • La perte spécifique de l’intuition
  • L’insensibilité dans les relations interpersonnelles ordinaires
  • Un comportement exagéré et désagréable sous l’emprise de l’alcool, ou pas
  • Des menaces de suicide avec un passage à l’acte rare
  • Une vie sexuelle impersonnelle, frivole et peu stable
  • L’incapacité à suivre un plan de vie

psychopathe

Caractéristiques du psychopathe selon Robert Hare

De son côté, le psychologue et chercheur Robert Hare mentionne ces caractéristiques du psychopathe :

  • Une grande capacité verbale et un enchantement superficiel
  • Une auto-estime exagérée
  • Un besoin constant d’obtenir des stimulations et une tendance à l’ennui
  • Une tendance à mentir de manière pathologique
  • Un comportement malicieux et manipulateur
  • Un manque de culpabilité ou de n’importe quel type de remords
  • Une affectivité frivole, avec une réponse émotionnelle superficielle
  • Un manque d’empathie. Cruauté et insensibilité
  • Un style de vie parasitaire 
  • Le manque de contrôle sur son comportement
  • Une vie sexuelle dissolue
  • Un long historique de problèmes depuis l’enfance
  • Un manque d’objectifs réalistes à long terme
  • Une attitude impulsive
  • Un comportement irresponsable
  • Une incapacité pathologique à accepter la responsabilité de ses actes
  • Un historique de nombreux mariages de courte durée
  • Une tendance à la délinquance juvénile 
  • Une révocation de la libération conditionnelle
  • Un penchant pour l’action criminelle

Caractéristiques du psychopathe selon Blackburn

Blackburn considère quatre types de psychopathes :

  • Les «psychopathes primaires» (P: impulsifs, agressifs, hostiles, extravertis, avec une très grande confiance en eux, avec peu d’anxiété). Dans ce groupe, on trouve notamment les narcissiques, les dramatiques et les antisociaux.
  • Les “psychopathes secondaires» (S: hostiles, impulsifs, agressifs, socialement anxieux, isolés socialement, de mauvaise humeur, avec une faible auto-estime). Ici, on trouve les antisociaux, les personnalités évitantes, les schizoïdes, les dépendants et les paranoïdes.
  • Les “psychopathes dans le contrôle” (C: sur la défensive, dans le contrôle, sociables, pas anxieux). Ce groupe souffre moins de troubles de la personnalité.
  • Les “psychopathes inhibés” (I: timides, isolés, dans le contrôle, modérément anxieux, avec une faible auto-estime). Ici, on trouve les schizoïde, les schizotypiques et les passifs-agressifs, mais ils ne sont pas vraiment antisociaux.

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Le psychopathe selon Cooke et Michie

Cooke et Michie parlent des caractéristiques suivantes :

  • Arrogance, manipulation interpersonnelle
  • Expérience affective indifférente
  • Impulsivité, comportement irresponsable

Comment détecter et se protéger d’un psychopathe ?

Si, malheureusement, un ou plusieurs psychopathes nous injurient ou nous portent atteinte physiquement ou sexuellement, seuls ou en groupe, nous ne pourrons pas faire grand chose pour nous défendre.

Il existe de nombreux cas où les violations sont multiples, et où la victime ne peut rien faire pour se défendre.

Dans ces cas, nous parlons d’une mentalité de psychopathes de groupe, accrue par la consommation de drogues, comme l’alcool : non seulement on commet un acte de violence brutale, mais on agit ensuite avec une froideur totale, en faisant des blagues sur ce qui vient de se passer.

Notre société est face à un défi important : il faut envisager le psychopathe comme un raté émotionnel, et ne jamais associer ses caractéristiques au succès.
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Mais il existe des situations où nous pouvons détecter un psychopathe et nous en éloigner : que ce soit sur notre lieu de travail, au début d’une relation sentimentale ou au moment de voter.

La clé se trouve dans le fait de détecter sa manipulation subtile, avec une stratégie très simple : vérifier que rien de ce qu’il dit n’est pas ensuite réalisé.

Prêtez aussi attention à son indifférence face à la souffrance des autres, des relations émotionnelles détériorées malgré ce qu’il laisse paraître, sa parathymie, sa froideur affective et son fort égocentrisme.