Tout ce qui vient ne convient pas

14 mai 2017 dans Psychologie 560 Partagés

Tout ce qui nous entoure n’est pas important, de même que tout ce qui vient ne convient pas. Appliquer au quotidien les filtres émotionnels et psychologiques adéquats évitera qu’arrivent jusqu’à nous certaines toxicités. Cela chassera les loups camouflés en moutons séduisants et ces virus capables de développer en nous des surcharges, du stress et des expériences amères.

Toutes ces dimensions sont importantes et ne sont pas toutes bien connues. Cependant, et pour comprendre un peu mieux ce que suppose le fait de ne pas appliquer au quotidien ces « parapluies psychologiques », on commencera à parler de la fatigue. L’épuisement le plus commun puise son origine, comme on le sait, dans un effort physique. Cependant, et aussi curieux cela puisse-t-il paraître, il en existe un autre type plus habituel dans la population et qui généralement devient chronique.


« Les déceptions tuent parfois, mais ce sont les espoirs qui nous permettent de survivre ».

– George Sand –


Nous vous parlons ici de cette fatigue d’origine émotionnelle capable de créer en nous tout un cadre psychosomatique, où ne manquent pas les douleurs dans la nuque, le dos, les migraines, les problèmes digestifs… Traîner cet épuisement émotionnel, qui dépasse le physique jusqu’à faire de nous des prisonnier-ère-s, nous mène souvent à une dépression cachée qu’il n’est pas toujours facile de diagnostiquer.

L’origine de ce type de réalité si concrète se trouve dans le fait d’être ouvertement perméables à tout ce qui nous arrive, à tout ce qui nous entoure. Dans le fait de ne pas mettre de barrières, de ne pas fixer de limites, de se trouver derrière un bouclier face auquel se trouve tout ce qui ne nous plait pas, tout ce qui nous fait du mal et tout ce qui nous stresse ; on finit alors détruit-e-s de l’intérieur, vaincu-e-s par l’apathie, le découragement et la frustration.

On apprend à se focaliser sur la réalité autrement : on se protège.

La perméabilité : un problème très commun

La perméabilité appliquée au comportement de l’être humain a un but très concret et même nécessaire : nous avons besoin de nous ouvrir à tout ce qui nous entoure pour apprendre, pour intégrer de nouveaux schémas de connaissance et survivre. Filtrer dans notre être ce que les autres nous apportent nous permet de grandir et cela, sans doute, est quelque chose de merveilleux.

Ce qui vient à nous parfois est juste ce dont on a besoin. Nous l’avons tou-te-s expérimenté à un moment ou à un autre. Pour cela, quiconque maintient un schéma de pensée rigide et un esprit fermé n’avance pas, ni ne profite de ces nouvelles opportunités d’être heureux-ses. Ainsi, la majeure partie du temps, on doit lutter contre ce cerveau programmé pour être réceptif, poreux comme une éponge qui cherche à absorber tout ce qui nous entoure.

Cependant, et c’est là que le problème se pose, ce que le cerveau fait instinctivement ne s’ajuste pas à ce dont notre équilibre psychologique a besoin. Etre réceptif-ve-s ne nous mène pas toujours vers le progrès personnel, mais bien au contraire, cela nous rapproche d’une régression émotionnelle. De fait, et en relation avec cela, il résulte intéressant de se souvenir de ce qu’Albert Ellis, dans son approche de la thérapie rationnelle émotive comportementale, a appelé « la triade du malheur ».

Selon Ellis, nous appliquons au quotidien trois types d’attentes irrationnelles qui nous rapprochent, irrémédiablement, de ce malheur classique où s’inscrit aussi l’épuisement émotionnel précédemment mentionné.

Ainsi, avec des pensées irrationnelles telles que « il est important de tout faire parfaitement » ou encore « les autres se comporteront toujours avec moi comme je l’attends », c’est aussi cette troisième à laquelle on devrait réagit, à savoir ,« je n’ai pas besoin de faire face à ce qui me gêne ou ce qui m’inquiète ». Lorsque nous sommes perméables, on cesse aussi de faire face à ce qui ne nous plait pas. On se dilue comme l’eau et le sel, un mélange en rien agréable que l’on avale chaque jour. Et ce n’est pas le plus adéquat.

Si ce qui vient ne convient pas, alors protégez-vous

Jusqu’où êtes-vous disposé-e à céder sans renoncer à ce que vous êtes ? Jusqu’à quel point allez-vous laisser les autres vous traîner vers leurs univers personnels ? Tout ce qui vient ne convient pas, ni tout ce qui arrive ne doit pas forcément être intégré dans votre vie.


« Tout a des limites, seule notre ingénuité est illimitée. »

– Rabindranath Tagore –


Il est vital que l’on apprenne à mettre les limites personnelles adéquates. Pour comprendre ce qui suppose et implique cette stratégie si basique de notre développement personnel, visualisons pour un moment un cercle lumineux et chaud qui nous entoure. Cet espace où on reste contenu-e-s dans une zone qui nous protège du monde extérieur et qui, à son tour, nous permet de nous connecter avec les autres sans avoir besoin de fusionner avec elleux.

A son tour, ce cercle si magique a une propriété fabuleuse : il est flexible. Il nous permet de nous lier aux autres sans pour autant perdre notre identité et il s’étendra à son tour, quand on percevra que quelque chose ou quelqu’un en particulier peut nous permettre de grandir sans nous blesser.

Or, ce cercle est sain et implacable. Dès lors que les autres voudront nous porter atteinte, il se contractera immédiatement car cette barrière défensive est intimement liée à nos valeurs, à notre estime de nous-même et à notre identité. Si ce qui vient fait du mal, alors rejetez-le, tout simplement. Ces limites personnelles se développent généralement dans les premières années de notre enfance et de notre adolescence ; cependant, il est commun qu’à certains moments de notre vie, elles aient subi des dommages, ouvertes à la force par une perméabilité excessive.

Ce n’est pas grave, ce n’est pas la fin. Il sera toujours temps de soigner, de cautériser ses parties cassées afin de créer un autre cercle parfait, fort et puissant. Un cercle qui a la flexibilité adéquate pour savoir ce qui nous convient et ce qu’il est préférable de laisser de côté, dans le vestiaire des invité-e-s non désiré-e-s, dans l’anti-chambre des faux-sses ami-e-s, des faux rêves et des faux espoirs.

Apprenons à faire un bon usage de nos barrières défensives.

Image principale de Nicoletta Ceccolli

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