Vous trouvez-vous dans une relation toxique ?

22 mars 2017 dans Psychologie 248 Partagés

Si vous vous êtes déjà retrouvé-e en plein dans le tourbillon vorace d’une relation de couple toxique, sûrement comprendrez-vous alors ce que nous allons partager avec vous dans cet article. Avant toute chose, nous allons tenter de définir ce qu’est une relation toxique, ainsi que ce que cela implique dans la vie des personnes qui le subissent.

Bien sûr, les relations toxiques ne se cantonnent pas aux relations de couple, et peuvent aussi s’instaurer entre ami-e-s. Or, dans cet article, nous nous limiterons aux relations toxiques s’établissant au sein du couple.


« Savoir gagner sans se perdre soi-même et savoir perdre en se gagnant soi-même. »

– Joan Garriga –


Une relation toxique a toujours « quelque chose qui nous compense »

C’est ce type d’union que l’on maintient avec quelqu’un et de laquelle nous sommes incapables de sortir. C’est une union très forte, intense et à la fois très destructrice. On se perd en elle. On devient une personne que nous ne sommes pas. Nous cherchons de façon perverse à être là même quand cela implique de souffrir énormément, voire même de perdre notre amour propre.

En toute logique, si nous sommes engagé-e dans cette relation, c’est parce qu’il y a une grande compensation, ou du moins parce qu’elle renferme en elle une chose à laquelle on n’est pas disposé-e  à renoncer. Une compensation suffisamment puissante pour que les liens de la relation ne se rompent pas. Cependant, si on étions capables de regarder cette relation d’un point de vue qui nous permettrait d’envisager la situation dans son ensemble, nous pourrions alors en conclure que la toxicité qu’a cette relation dans notre vie mérite que l’on modifie le fonctionnement de cette relation ou bien qu’on y mette un terme.

Derrière ce type de relations se cache le même mécanisme que celui qui soutient une addiction ; c’est la raison pour laquelle il est si difficile d’en sortir, et plus nous consacrerons du temps à cette relation, plus il nous sera difficile d’y mettre un terme. Peut-être aujourd’hui ne l’envisageons-nous plus, mais c’est pourtant possible et gratifiant pour soi de tirer un trait sur une relation de ce type, de même que cela l’est de réussir à sortir d’une addiction au tabac ou à la cocaïne.

Moi aussi je peux retrouver ma responsabilité perdue et agir en conséquence

En général, on a tendance à rejeter la faute sur notre compagnon/compagne. « Iel est toxique ! Le problème c’est lui/elle, pas moi ! Je lui ai déjà donné plusieurs chances, et iel est incapable de changer, je ne sais plus quoi faire ». Peut-être n’y a-t-il effectivement plus rien à faire…peut-être l’option la plus saine, la plus bénéfique, et la plus en harmonie avec notre amour propre consiste-t-elle à en finir avec cette relation, à ne pas s’obstiner à faire survivre une relation qui ne fonctionne plus, à souffler sur des braises qui se reprendront plus, à tenter de raviver un feu qui ne se rallumera plus.

On ne peut pas changer les gens, et tenter de faire de notre compagnon/compagne une personne qu’iel n’est pas. Suffisamment de temps est déjà passé pour le savoir. Combien de temps devons-nous perdre dans cet effort si nuisible pour notre santé mentale et émotionnelle ? Combien de chances doit-on donner pour en prendre conscience ? « Peut-être devrais-je attendre plus, iel a visiblement besoin de plus de temps… »

En cours de route, nous bifurquons de nous-même. Nous nous perdons. Nous ne nous aimons plus. Qu’en est-il donc de ce que nous méritons, qu’en est-il donc de nos besoins ?

Sortir d’une relation toxique nécessite une effort titanesque

Sortir d’une relation de ce type a un mérite surhumain. D’abord parce que l’on reconnaît que l’on a pas de pouvoir sur l’autre (croyance très fréquente chez de nombreuses personnes : « je vais changer »).

Ensuite, car on prend conscience de la quantité d’efforts gaspillés dans une mission impossible. On comprend alors qu’il est préférable de consacrer cette énergie à s’aimer soi-même et à prendre suffisamment soin de soi pour ne pas tomber une fois de plus dans une relation vouée à l’échec.

Faire culpabiliser l’autre ne sert à rien

On ne peut pas passer notre vie à faire culpabiliser l’autre personne d’être telle qu’elle est si nous-même nous avons choisi de nous mettre en couple avec cette personne (nous parlons ici d’une relation TOXIQUE, pas d’une relation saine qui, comme toutes les relations saines, a ses qualités et ses défauts).


« Que chacun assume ses responsabilités, et il n’y aura pas de coupables. »

– Antonio Porchia –


Nous parlons d’assumer la responsabilité de nos décisions et nos choix. Si nous savons qu’une personne est nocive pour notre santé, nous devons nous en éloigner. Comme un enfant qui sait qu’il est allergique aux cacahuètes, car en manger le rend malade.

S’aimer soi-même, c’est d’abord s’écouter soi-même avec honnêteté

Il en va de même dans une relation toxique ; mais parfois, notre radar et notre guide interne sont tellement atrophiés que nous ne sommes pas capables de voir au-delà du point auquel cet amour est passionnant, voire même presque mystique. L’enfant allergique aux cacahuètes est malade lorsqu’il ne mange, mais…et nous, alors ? Nous devons nous écouter avec attention et prendre conscience des situations dans lesquelles nous nous trouvons afin de prendre conscience des dommages occasionnés.

Dans la mesure où j’ai conscience de ma part de responsabilité et où je choisis de fuir ce qui me blesse, je gagne du pouvoir sur moi-même. Je retrouve un peu ce pouvoir qu’autrefois j’ai totalement concédé à l’autre. Je me retrouve enfin. Je me choisis moi-même.

Images de Sara Herranz

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