Je veux être heureux à ma manière

9, janvier 2017 dans Emotions 286 Partagés

Tout le monde aime se sentir bien ; il s’agit là d’un principe difficilement contestable. Si vous demandez à quelqu’un ce qu’il veut faire de sa vie, il y a peu de chances qu’il vous réponde que ce qu’il veut, c’est être malheureux, triste, ou encore se complaire dans l’échec.

Les gens veulent savoir ce que c’est que d’être heureux et s’efforcent de trouver un moyen d’y arriver.

Or, même si nous avons tous pour but de mener une vie épanouissante et qui nous satisfait, nombreux sont ceux qui ne savant pas comment y parvenir.

Aujourd’hui, il est bien difficile de donner une définition du bonheur, car nous vivons dans un paradoxe ; d’un côté, il semble que chaque objet puisse être en mesure de nous rapprocher du bonheur, mais d’un autre, visiblement, rien ne peut nous suffire à l’atteindre.

Plus qu’après un état subjectif du bonheur, c’est après un concept que l’on a transformé en un idéal que nous courrons.

Aujourd’hui, le bonheur est devenu un mythe reflété dans des objets qui enrichissent les uns et qui frustrent les autres.

La quête effrénée du bonheur

Il suffit d’une recherche sur Internet pour illustrer l’obsession que de nos jours, nous avons tous pour le bonheur.

En effet, on peut trouver des millions d’articles nous expliquant ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour être heureux, nous présentant ce que disent les scientifiques à propos du bonheur, et nous décrivant les étapes à franchir afin de l’atteindre.

Non seulement nous alimentons l’obsession d’être heureux à tout prix, mais en plus, on veut aussi parvenir à faire entrer le bonheur dans tous les domaines de notre vie : au travail, seul, en couple, en famille, tous les jours.

Dans tous les recoins, on cherche ces petites clés pouvant nous permettre de nous sentir plus chanceux.

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Cette recherche est sans fin, puisque telle qu’elle est envisagée, elle devient un idéal vide et impossible à atteindre.

De nos jours, la définition que l’on donne du bonheur est plus proche de celle de l’amour romantique, dont on peut voir de multiples exemples au cinéma, ou de celle de la recherche épique de Saint Graal que de celle recouvrant pourtant son sens véritable.

L’affaire du bonheur

Les entreprises et le monde de la publicité sont en quête du moindre besoin insatisfait chez leurs clients et autres clients potentiels, et s’ils n’en trouvent pas, alors ils se chargent d’en créer ou d’en chercher de nouveaux afin de lancer un produit ou un service sur le marché qui puisse les couvrir.

Le bonheur captive et fait vendre, car tout le monde veut être heureux. Les entreprises le savent bien, c’est pourquoi elles cherchent à gagner, via des stratégies planifiées, la fidélité et la satisfaction des clients.

Ils jouent avec les émotions de ces derniers afin qu’ils passent par la consommation pour atteindre le bonheur.


«Le bonheur est devenu un bien de consommation parmi tant d’autres, comme s’il était un produit que vous pouviez acheter dans n’importe quel supermarché.»

-Angela Vallvey-


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Ce n’est pas un hasard si la crise économique a coïncidé avec ces stratégies marketing reposant sur le bonheur ; en effet, en temps de crise, le bonheur, c’est l’argent.

La dictature du bonheur

Non seulement le bonheur est devenu un bien de consommation, mais en plus, on nous l’a imposé comme norme immuable.

Nous sommes passé du «je veux être heureux» au «je DOIS être heureux», et en chemin, nous avons aussi accepté des messages du type : «vouloir, c’est pouvoir».

Ces propos sont à double tranchant ; d’un côté émanent le positivisme et la motivation du «rien n’est impossible» ou encore du «je sourirai plus et me plaindrai moins», alors que de l’autre, apparaissent les «je devrais être heureux» et autres «j’ai voulu, et pourtant je n’ai pas pu, c’est donc que quelque chose n’allait pas.»

Dans le contexte d’une société en crise où la vente du bonheur est une stratégie marketing adoptée par de nombreuses entreprises, il est toujours bon de se souvenir du fait que parfois, aussi fort puisse-t-on vouloir, on ne peut pas toujours ; sans oublier que si nous n’atteignons pas nos buts, ce n’est pas toujours de notre faute.

Le bonheur ne vit pas seul

Le bonheur est un sentiment subjectif, de même que le sont beaucoup d’autres. La vie interne de chacun d’entre nous est composée d’émotions et de sentiments qui vont de la joie et du bonheur à la tristesse et la colère.

Chaque émotion a son utilité, chacune d’entre elles est nécessaire et remplit une fonction. Les émotions nous aident à donner un sens à nos expériences, car il est nécessaire de toutes les vivre, de toutes les expérimenter.


«Disney a dû nous apprendre que la haine et la peine sont des émotions nécessaires, qu’elles font de nous ce que nous sommes. Dans Vice Versa, la véritable héroïne, c’est la tristesse, et la démolition de l’Ile du Rire du cerveau de l’enfant est la meilleure métaphore de ce que l’on doit vivre.»

-Quique Peinado-


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Et vous, de quoi avez-vous besoin pour être heureux ?

Le bonheur n’a pas de modèle prédéfini ni ne comprend de produits génériques avec des formules magiques.

Chaque personne a ses particularités, ses goûts et ses préférences. Ce qui peut rendre une personne heureuse pourrait causer chez une autre une grande tristesse.

Le bonheur, ne consiste pas à acheter le tee-shirt arborant le message le plus positif, à suivre des plans élaborés par d’autres pour leur propre bonheur, ou encore à feindre des sourires pour être beau sur une photo.

En réalité être heureux, c’est bien plus simple ; il s’agit de se poser les bonnes questions et de chercher les réponses loin de tous les textes standardisés ou autres produits vides.


«Oui, aujourd’hui, tout le monde est heureux. C’est ce qu’on dit aux enfants, et ce dès leur 5 ans. Mais, n’aimeriez-vous pas avoir la liberté d’être heureux…autrement ? A votre façon, par exemple ; pas à la façon de tous.»

-Aldous Huxley, Le Meilleur des Mondes-