Vaincre la paresse et l’apathie : un peu plus qu’une question de volonté

· 12 juin 2018

Vaincre la paresse et l’apathie n’est pas seulement une question de volonté. Il est très difficile de trouver la motivation quand, derrière ces deux dimensions psychologiques, on retrouve généralement de la peur, de l’affliction, un manque de soutien émotionnel et, parfois, une maladie sous-jacente. Des troubles comme la dépression ou un problème dans la glande thyroïde jouent souvent un rôle dans ce type d’états.

Lorsqu’une personne plonge dans le puits de l’apathie et de la paresse, sa réalité change complètement. Elle ne trouve plus les ressources suffisantes pour sortir de cette situation. Elle ne peut pas toujours disposer de l’énergie nécessaire pour récupérer sa vitalité. Ni pour trouver de nouveaux objectifs motivants qui lui feraient récupérer l’envie, le brio ou l’espoir.

« Le contraire de l’amour n’est pas la haine mais l’apathie. »

-Leo Buscaglia-

D’un point de vue clinique, il est souvent préférable de comprendre ce qu’il y a sous ce puits. Cela vaut mieux que de fournir des stratégies immédiates pour en sortir. Il est nécessaire de savoir ce que cachent cette attitude apathique, cette fatigue et cette absence de motivation. Il n’est ni logique, ni utile de donner des solutions à un patient sans avoir discerné ce qui a déclenché cet état.

Ces dernières années, beaucoup d’études et de travaux ont donc été faits sur ce sujet. Nous savons, par exemple, que la démotivation n’est pas toujours le reflet de la fainéantise. Ce n’est pas une forme de passivité que l’on choisit simplement par manque d’intérêt. L’absence de motivation et l’apathie sont liées à des circuits cérébraux très concrets. Ceux-ci, à certains moments, peuvent révéler certaines pathologies.

Ce sont des facteurs que nous devons prendre en compte au moment de choisir la thérapie la plus adéquate.

personne fatiguée

Les ombres qui se cachent derrière la démotivation

Pour vaincre la paresse et l’apathie, il faut plus que des conseils. Quand ces états ne sont pas ponctuels dans le temps et finissent par devenir chroniques, la personne (et son entourage) doit prendre conscience qu’un changement est nécessaire. Pour cela, il est prioritaire de disposer d’un diagnostic précis qui nous permette de commencer à effectuer de petites innovations dans notre routine et dans notre point de vue personnel pour sortir du puits que nous avons cité.

S’il y a bien une chose que nous devons laisser de côté dans ces situations, ce sont les termes péjoratifs. Beaucoup de patients qui souffrent de paresse et d’apathie ne sont pas « paresseux » parce qu’ils l’ont décidé. Nous devons éviter de catégoriser l’inactivité et le manque d’intérêt comme une faiblesse de caractère. Ce n’est ni utile, ni juste. Voyons donc ce que l’on trouve réellement derrière ces états.

Facteurs qui déterminent l’apparition de la paresse et de l’apathie

  • Manque de sens d’auto-efficacité. Souvent, et pour diverses raisons, la personne cesse de croire en son efficacité pour réaliser des choses, avoir du succès, se sentir utile dans ses responsabilités quotidiennes. Ce sentiment est dévastateur.
  • Absence de soutien émotionnelQuand notre entourage n’est pas émotionnellement disponible ou quand nous sommes entourés de froideur et de désintérêt, ces états d’apathie et de démotivation peuvent surgir.
  • La peur d’échouer, d’essayer et de refaire les mêmes erreurs qu’hier. La peur de sortir de notre zone de confort. L’anxiété au moment de changer d’habitudes. L’inquiétude au moment de découvrir de nouvelles choses… Tous ces facteurs sapent souvent nos envies et notre courage.
la paresse et l'apathie

Par ailleurs, nous devons aussi prendre en compte les facteurs organiques et/ou neurologiques. Des conditions comme la fibromyalgie, l’hypothyroïdisme ou même la maladie d’Alzheimer peuvent jouer un rôle dans cette sensation permanente de manque d’énergie, d’apathie et de démotivation. Nous ne pouvons pas non plus oublier que la paresse et le désintérêt se manifestent habituellement avec les troubles dépressifs.

Comment vaincre la paresse et l’apathie

Pour vaincre la paresse et l’apathie, nous avons besoin de soutien. D’un soutien spécialisé et de celui de notre entourage. Il est nécessaire de percevoir, dans ce dernier, un sens authentique de compréhension et non de censure. Car le manque d’envie, d’enthousiasme et de motivation s’accentue si l’on ne reçoit que des critiques ou des marques de mépris…

Pour mieux comprendre comment vaincre cet état, nous devons nous souvenir d’un détail. Nous croyons souvent que, pour créer un état émotionnel ou pour améliorer la motivation, il suffit de « changer » notre pensée. Or, la si célèbre règle de « bien penser pour mieux vivre » ne fonctionne pas toujours.

Elle ne fonctionne pas si nous n’allons pas bien. S’il manque de la sérotonine dans notre cerveau ou si notre corps est malade. William James a un jour dit que la pensée ne précédait pas toujours l’action. Quand nous parlons de motivation, « action et sentiment » vont toujours de pair.

Le cerveau, l’esprit et le corps doivent être en harmonie totale pour trouver cette impulsion. Pour rassembler cette énergie intérieure qui leur permettrait d’aller mieux. Réfléchissons maintenant aux dimensions suivantes, celles qui peuvent nous permettre de vaincre la paresse et l’apathie.

soleil

Clés pour surmonter la démotivation et l’apathie

  • Nous devons d’abord écarter tout problème médical.
  • Une fois les facteurs hormonaux ou autres problèmes organiques écartés, nous devons comprendre ce qui se cache derrière notre humeur.
  • Ensuite, nous établirons une période de transition. Au cours de cette période, nous ne ferons qu’une chose: résoudre des problèmes. Nous penserons aux façons d’affronter cette insatisfaction, cette peur, cette déception… Nous établirons un processus de détachement face à tout ce qui nous immobilise.
  • Changements graduels. Nous commencerons par introduire de petites changements dans notre routine. Nous pouvons par exemple changer de régime alimentaire ou établir de nouveaux horaires. Un peu plus tard et une fois que nous serons habitués à ces petites variations, il sera temps d’entamer de plus grands changements. Ceux qui doivent nous apporter du bien-être et qui s’ajustent à notre attentes vitales.
  • Diriger notre regard vers des objectifs concrets. Vers des choses que nous pouvons réaliser au quotidien et qui nous procurent un sentiment de satisfaction.
  • Défier l’apathie. Une fois que nous aurons incorporé ces nouvelles routines et aurons conquis des objectifs quotidiens, nous devrons apprendre à défier cet état apathique. Dès que nous notons cette sensation, nous devons chercher une alternative. Par exemple, penser à une nouvelle chose, une chose motivante qui la fera disparaître.

Vaincre la paresse et l’apathie n’est pas une tâche aisée. Mais ce n’est pas non plus impossible. Malgré tout, nous ne pouvons pas oublier que ces ombres sont récidivistes et nous rendent souvent visite. Nous devons être prêts quand elles le font. Prêts à les désactiver, à aérer nos chambres émotionnelles avec un vent frais et de nouveaux projets.