Les troubles psychosomatiques : l’influence des émotions sur notre corps

17, juillet 2017 dans Emotions 2507 Partagés

Il ne vous est jamais arrivé, lorsque vous étiez très anxieux-se, d’avoir plus de douleurs d’estomac ou de maux de tête ? Plus de courbatures ? Et quand vous vous êtes mis-e en colère, que s’est-il passé ? Nous pouvons vite nous rendre compte que les émotions influent sur le mal-être physique, n’est-ce pas ?

De cette façon, il est plus facile de comprendre ce que sont les troubles psychosomatiques : ces maladies physiques qui trouvent leur origine dans des facteurs psychologiques. Ou qui se prolongent à cause de ces derniers. Découvrez dès maintenant l’importance de gérer nos émotions négatives afin de préserver notre santé physique.


« Sur quatre-vingt-dix maladies, cinquante proviennent de la culpabilité et quarante de l’ignorance. »

-Paolo Mantegazza-


Pourquoi les émotions ont-elles une influence sur les troubles psychosomatiques ?

Les émotions se manifestent à travers un triple système de réponses : cognitives, physiologiques et motrices. Le système cognitif fait référence aux pensées que nous avons quand nous ressentons différentes émotions. Par exemple, quand la colère monte en nous, nos pensées sont du type « iel fait ça pour me provoquer », « je n’arrive pas à croire qu’iel me fasse ça », etc.

Cependant, ce discours interne est complètement différent quand nous sommes tristes. Le système moteur, quant à lui, est l’ensemble des comportements que nous adoptons en fonction des émotions que nous ressentons. Ainsi, quand la peur fait son apparition, nous essayons de nous protéger ou de fuir, un comportement qui serait totalement inapproprié si nous ressentions de la joie.

Enfin, le système physiologique concerne les sensations corporelles qui apparaissent. En ce sens, il existe des émotions qui nous stimulent plus ou moins, de la même façon qu’il en existe certaines qui ne produisent pas beaucoup d’effets. L’anxiété, pour que vous compreniez à quoi nous faisons référence, est une émotion qui nous stimule beaucoup au niveau physiologique : quand elle apparaît, notre fréquence cardiaque augmente et notre respiration s’accélère.

Comment l’anxiété et la colère influent-elles sur les troubles psychosomatiques ?

Les troubles psychosomatiques sont très nombreux. Ils peuvent être cardiovasculaires (hypertension artérielle), respiratoires (asthme bronchique), endocriniens (diabète), gastro-intestinaux (ulcère peptique), dermatologiques (urticaire) ou immunologiques (douleur chronique ou arthrite rhumatoïde). Ce ne sont que quelques exemples : il y en a bien plus. La manifestation physiologique des émotions va influer sur eux. En particulier l’anxiété et la colère.


« Face aux maladies causées par la misère, face à la tristesse, à l’angoisse et à l’infortune sociale des peuples, les microbes, en tant que causes de maladie, ne représentent presque rien. »

-Ramón Carrillo-


Ces deux émotions débouchent, quand nous les ressentons, sur une grande stimulation physiologique. Nous voyons apparaître une tension musculaire, une hyperventilation ou une accélération de notre rythme cardiaque, entre autres symptômes physiologiques. Dans un premier temps, notre corps se dynamise de la sorte pour faire face au danger qui a provoqué ces émotions. Par conséquent, il ne s’agit pas véritablement d’une mauvaise stimulation.

Le problème surgit quand nous ressentons très intensément, très fréquemment ou très longuement ces émotions. Notre corps garde alors cette tension qui va au-delà de nos possibilités, car cette stimulation devrait disparaître une fois que nous surmontons ce qui a causé cette frayeur ou cette angoisse. Mais comme nous n’y arrivons pas, nos organes se surchargent petit à petit et des changements morphologiques et fonctionnels apparaissent.

Quel est le rôle des symptômes somatiques dans ce processus ?

Tout ce que nous avons expliqué jusque là nous mène à une conclusion : la façon dont nous percevons et interprétons les différentes situations va nous aider à mieux gérer nos émotions négativesLa même chose se produit si nous réussissons à trouver des solutions adaptées à ce qui nous arrive.

En agissant de la sorte, nous réussirons à éviter une forte stimulation et nous aurons moins de risques de développer des troubles psychosomatiques. Cela fonctionne aussi quand nous avons affaire à une maladie purement somatique. Le/La patient-e peut : être convaincu-e que ce n’est pas grave, savoir que c’est grave mais vouloir lutter parce qu’iel est convaincu-e qu’il y a de l’espoir ou savoir que c’est grave mais décider de vivre du mieux possible et de ne pas se limiter plus qu’il ne le faut.


« La maladie qui survient est la plus dangereuse. »

-Sénèque-


Si vous optez pour l’une de ces trois voies, vous réussirez à éviter que l’anxiété et la colère, qui apparaissent normalement quand il y a un problème physique, ne se développent. De cette façon, la probabilité que vous souffriez de troubles psychosomatiques va également être réduite. Il est parfois difficile d’atteindre ce résultat mais grâce à l’aide précieuse d’un-e psychologue adéquat, vous pourrez tout à fait y arriver.

Images de David Cohen, Benjamin Combs et Milada Vigerova.

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