La théorie du bonheur de la savane, mieux seul que mal accompagné

· 20 mars 2018

La théorie du bonheur de la savane émerge des conclusions d’une recherche scientifique publiée dans le British Journal of Psychology. Bien qu’elle n’ait pas encore été suffisamment conceptualisée, elle représente une approche intéressante, basée sur des données empiriques.

Tout commença lorsqu’un groupe de chercheurs mena une vaste enquête sur le bonheur. Ils voulaient établir si ce dernier était lié à l’environnement dans lequel les individus vivaient. Fondamentalement destiné à contraster le degré de bonheur éprouvé par ceux qui vivent dans des environnements ruraux par rapport à ceux qui habitent dans des environnements urbains.

L’une des premières conclusions, et l’une des plus surprenantes également, a trait à la relation entre le QI et l’environnement préféré. Selon cette étude, les personnes les plus intelligentes préfèrent vivre dans des environnements urbains. Par ailleurs, celles avec un QI inférieur ont une prédilection spéciale pour la campagne.

théorie du bonheur de la savane

Il s’agit de l’un des aspects les plus importants de la théorie du bonheur de la savane. Les chercheurs se sont demandés pourquoi les personnes les plus intelligentes préféraient un environnement urbain qui, évidemment, est beaucoup plus stressant et difficile à gérer.

La réponse qu’ils trouvèrent est que notre cerveau conserve de nombreux vestiges ancestraux. L’un d’entre eux nous incite à rechercher des environnements ruraux parce qu’ils sont plus faciles à gérer. Tel que le faisaient nos ancêtres en vivant dans de grandes savanes. D’où le nom de la théorie du bonheur de la savane.

Cependant, le cerveau a évolué et est devenu capable de s’adapter à des environnements à forte densité démographique, même s’ils sont plus stressants. Les personnes possédant un QI plus élevé sont plus à même de faire face à de telles conditions, lesquelles ne déterminent pas leur vie et, au contraire, offrent davantage d’opportunités pour développer leurs projets.

La solitude, un facteur clé

L’étude avait trait, entre autres, à la quantité et à la qualité des relations sociales des participants. Les données ont permis de trouver un modèle intéressant. Selon lui, les personnes ayant un QI plus élevé se sentent plus heureuses avec peu d’interactions sociales. Celles possédant un QI moindre, au contraire, voient leur bonheur augmenter en parallèle à la quantité d’interactions sociales dont elles disposent.

Les chercheurs ont par ailleurs expliqué que ceux qui possèdent un QI plus élevé, utilisent précisément la solitude comme mécanisme pour mieux surmonter le stress urbain. En effet, l’un des moyens de réduire le nombre de stimuli consiste à limiter leurs relations avec les autres. La solitude les aide à éviter l’angoisse et leur offre davantage de temps pour investir dans des projets à long terme.

ville

En revanche, les personnes qui possèdent un QI inférieur se sentent plus heureuses lorsqu’elles peuvent interagir fréquemment avec les autres. En effet, il s’agit d’un facteur qui diminue leur stress et leur angoisse ; en contrepartie, elles y consacrent une large partie de leur temps productif. Nous sommes là encore confronté à application de la logique de l’ancêtre de la savane.

La validité de la théorie du bonheur de la savane

La théorie du bonheur de la savane met en avant le fait que les personnes les plus intelligentes sont davantage urbaines et solitaires. Celles qui disposent d’un QI inférieur sont plus sociables, grégaires et attachées aux environnements ruraux. Alors que les premières préfèrent être seules que mal accompagnées, les secondes trouvent très peu de satisfaction dans la solitude.

Donner la pleine validité de la théorie du bonheur de la savane constituerait peut être un raccourci dans la mesure où,  même si elle est basée sur une étude complète et apporte incontestablement de nouvelles données documentées, nous avons certainement besoin d’une plus grande conceptualisation. Aucune théorie solide ne peut être construite sur la base d’une seule étude, aussi vaste et technique soit-elle.

En outre, le fait de donner au QI une valeur si élevée dans le comportement ne semble pas non plus très viable. En effet, la mesure  même de l’intelligence ne cesse d’être un sujet amplement controversé. De même, l’histoire parle de « génies grégaires » et de « génies solitaires ». Mozart fut l’un des premiers, Beethoven des seconds. L’étude est néanmoins intéressante et il est certain qu’elle donnera lieu à de nouveaux développements connexes.