Syndrome de stress post-traumatique : développement et traitements

16 juillet, 2020
Dans cet article, nous vous présentons le syndrome de stress post-traumatique, une explication de son évolution et les interventions qui obtiennent actuellement les meilleurs résultats.
 

Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) survient chez certaines personnes qui ont été exposées à des événements très stressants et, en même temps, catastrophiques. Ces éléments déclencheurs peuvent inclure la mort d’un être cher dans des circonstances traumatiques. Des blessures graves, une violation sexuelle, etc., que ce soit en fait comme en menace.

On identifie généralement la présence d’éléments intrusifs dans le foyer de la conscience. Comme les souvenirs pénibles récurrents et involontaires de l’événement traumatisant, les rêves ou cauchemars pénibles, les réactions dissociatives, telles que l’amnésie de ce qui s’est passé, ou les réactions disproportionnées d’inconfort lors de la rencontre avec un élément qui rappelle traumatisme.

Une fois que la personne a été exposée à un traumatisme, il est normal qu’elle commence à développer les symptômes typiques du syndrome de stress post-traumatique.

D’un autre côté, les patients souffrant de SSPT développent un évitement marqué des stimuli associés aux traumatismes. Ils peuvent essayer à tout prix d’éviter de se souvenir du fait, de le dire à une autre personne. Ou de s’approcher de personnes, de lieux ou d’objets susceptibles de faire revivre le fait.

 

Se présentent alors des troubles cognitifs et de l’humeur, tels que l’incapacité à se souvenir d’un aspect important de l’événement. Des croyances négatives à propos de soi, des autres ou du monde, un sentiment de détachement ou une incapacité à ressentir des émotions positives. Il n’est pas rare d’observer des comportements irritables et des accès de fureur, une culpabilité ou une honte très intense et même une hypervigilance, des problèmes de sommeil ou de concentration.

Le DSM5 souligne également que la durée de l’altération doit être supérieure à un mois. En effet, dans le cas contraire, on se confronterait alors à un trouble de stress aigu (TSA).

Une femme en proie aux syndrome de stress post-traumatique

Comment se développe le syndrome de stress post-traumatique ?

Vivre un traumatisme, ce n’est pas simplement devoir s’exposer à une situation compliquée et y faire face. Le traumatisme déborde des ressources psychologiques de la personne. Votre cerveau, votre âme et votre être ne peuvent pas traiter ou supporter autant de douleur. De manière si intense et éphémère. Vous devez donc développer le SSPT comme mécanisme de protection contre les menaces futures.

 

Toutes les personnes qui subissent un traumatisme ne génèrent pas cette symptomatologie plus tard. Pour autant, la prévalence peut atteindre 58% de la population à risque.

En cas de viol, la prévalence est généralement de 50% ou plus, et plus encore si l’agresseur est une personne connue de la victime. Cela se produit parce que le fait qu’il s’agisse de quelqu’un de connu provoque une plus grande insécurité chez la personne. Elle pense qu’elle n’est en sécurité « nulle part et avec personne. »

À partir des théories d’apprentissage, les sentiments extrêmes dont souffre le sujet lors de l’événement traumatisant nous permettent de prédire en conditionnant l’évolution des problèmes futurs du patient. C’est pour cette raison que, plus tard, le simple fait de raconter l’événement à un ami ou à un thérapeute fonctionne comme un stimulus conditionné. C’est-à-dire que le fait lui-même est associé – et peut à nouveau causer les symptômes si désagréables.

Pour comprendre la ré-expérimentation qui se produit habituellement chez ces patients – par exemple, sous la forme de flash-back – Foa et Kozak parlent d’un réseau de peurs après une exposition à un traumatisme, qui est réactivé encore et encore par de multiples stimuli. Le sujet commence donc à développer des stratégies d’évitement qui sont perpétuées par des processus de renforcement négatifs. La personne ressent un énorme soulagement lorsqu’elle fuit quelque chose qui lui rappelle un traumatisme.

 

Traitements efficaces dans le syndrome de stress post-traumatique

Pour parler des modèles qui expliquent le développement du SSPT, nous pouvons montrer clairement qu’éviter de parler de l’événement traumatique ou d’entrer en contact avec des stimuli qui nous le rappellent est un soulagement momentané pour le patient. Mais ce soulagement a des retombées très courtes. Car il ne permet pas le retrait émotionnel, si nécessaire à la guérison de ce trouble.

Par conséquent, la thérapie d’exposition est le traitement de choix et celui ayant reçu le plus grand soutien empirique selon les dernières études (Cahill, Rothbaum, Resick & Follette, 2009). La clé pour exposer le SSPT est de le répéter et de le prolonger à tout ce qui touche au traumatisme.

Les modalités peuvent être très variées. Un patient, par exemple, peut être exposé à plusieurs reprises aux vêtements qu’il portait le jour de l’événement. Pour réduire l’effet alors produit, il peut les regarder, les toucher et les sentir.

 

Cela se fait aussi en imagination, évidemment parce que l’événement fait partie du passé. En ce sens, il est commode pour le patient d’évoquer délibérément la mémoire douloureuse ou de l’écrire. De la raconter ou de l’écouter dans un enregistrement. La thérapie d’exposition a été très efficace, en particulier chez les patients adultes souffrant d’un simple traumatisme.

Dans un deuxième temps, la thérapie cognitive s’est également révélée efficace chez les patients atteints de SSPT. Son objectif est de modifier, en utilisant des outils tels que le dialogue socratique, les croyances et les pensées irrationnelles sur les traumatismes. Croire que l’on est à blâmer pour avoir été violé, par exemple.

La thérapie cognitive aborde la signification du traumatisme et de ses conséquences pour le patient. On travaille également sur les concepts de sécurité et de danger. Ainsi que sur la confiance envers la vie et les autres, qui, après le traumatisme, est très endommagée.

 

Dans le cadre de la thérapie cognitive, on travaille principalement sur les émotions de honte et de culpabilité des patients. Elles sont très fréquentes dans cette population clinique et constituent souvent un obstacle pour surmonter l’événement traumatisant. En même temps qu’elles agissent comme une sorte de leurre pour remettre la mémoire de l’expérience traumatisante au centre de la conscience.

Une femme chez le psychologue pour traiter son syndrome de stress post-traumatique

Resick et Schnicke TPC

Il existe une forme de thérapie cognitive qui donne de très bons résultats. C’est la thérapie de traitement cognitif de Resick et Schnicke. Cette thérapie intègre des aspects de la thérapie cognitive ainsi que de la théorie du traitement de l’information. Elle se concentre sur la réorientation de l’attention du patient vers le présent. Ainsi que sur les émotions secondaires et les pensées déformées. Elle aborde les symptômes secondaires tels que la santé, la culpabilité ou la mauvaise qualité de vie.

 

Cette thérapie remet en question la signification des traumatismes dans 5 domaines, qui sont ceux où les patients ont tendance à avoir le plus de difficultés. Il s’agit de la sécurité, de la confiance, du pouvoir ou du contrôle, de l’estime de soi et de l’intimité, ainsi que des implications pour la vie.

La patient présente son expérience et la décrit en détails. Il peut choisir la profondeur d’exposition à son traumatisme. En effet, on a pu constater que cela n’affecte pas significativement l’amélioration.

Il existe de nombreux autres traitements utilisés pour remédier au SSPT qui sont également efficaces. Mais dans cet article, nous avons voulu souligner ceux qui, au niveau scientifique, trouvent une plus grande validité. Nous ne pouvons cependant manquer de souligner l’EMDR, développé par Shapiro comme une technique spécifique contre les traumatismes. Une thérapie dialectique, ou la formation à l’inoculation du stress, qui est efficace lorsque les patients ont une forte composante de colère.

 

 

  • Belloch, A., Sandín, B. y Ramos, F (2008). Manual de psicopatología. Volúmenes I y II. McGraw-Hill.Madrid
  • American Psychiatric Association (APA) (2014): Manual de Diagnóstico y Estadísitico de los Trastornos Mentales, DSM5. Editorial Médica Panamericana. Madrid.
  • Vallejo, P, M.A. (2016). Manual de Terapia de Conducta. Editorial Dykinson-Psicología. Tomo I.