Je suis venu-e te dire quelque chose mais j’ai oublié dès que tu as commencé à parler

21 mars 2017 dans Emotions 341 Partagés

Je suis venu-e te dire quelque chose mais j’ai oublié dès que tu as commencé à parler. Mon brouillard, mon océan de préoccupations se sont évanouis en un instant comme la fumée qui disparaît par une fenêtre ouverte. Car tu m’apportes du calme, car ton regard me recentre et m’envoûte, car tu es ma boussole, mon île refuge dans ce brouhaha incertain qu’on appelle la vie.

Il est très curieux de voir que l’offre éditoriale en terme de relations se concentre sur le fait de nous donner mille conseils et recettes presque magiques pour trouver l’amour de notre vie. Et on nous apprend aussi à laisser de côté les relations qui ne fonctionnent plus, à les abandonner rapidement et sans anesthésie. Cependant, peu de gens se concentrent sur l’essentiel : sur les capacités qui permettent de conserver cette relation. Ce voyage vers l’intimité patiente est faite d’artisanat de longue haleine, de tissu élaboré en commun.

Nous avons tou-te-s déjà vécu cette situation. Traverser une journée compliquée, habitée par les doutes, par le stress de ce monde fait de demandes permanentes. Mais, lorsqu’on revient à la maison ou que l’on retrouve son conjoint, tout redevient calme et prend sens. Il nous suffit de l’écouter parler pour que tout s’harmonise, pour que cet arpège parfait nous offre pleine satisfaction. Et plénitude.

Nous passons une grande partie de notre existence à créer un “faux moi” grâce auquel survivre, correspondre et plaire, jusqu’à ce que soudain, nous tombons sur cette personne. Quelqu’un face à qui toutes nos barrières tombent et devant qui nous pouvons montrer notre “moi authentique”. Peu de choses sont aussi satisfaisantes.

Nous vous proposons de réfléchir à cela.

Quand parler avec toi m’aide à être moi-même

Il y a des gens qui arrivent dans notre vie au bon moment, au moment idéal. Et leur présence n’est pas sans conséquences. Ils deviennent des sculpteurs. Ils retirent peu à peu toutes nos carapaces, nos emballages, nos timidités et nos barrières pour faire sortir en pleine lumière ce que nous sommes au plus profond de nous-même. C’est alors que nous nous montrons sans peurs, sans voile ni réticences.

Dans la langue japonaise, il existe un terme qui entre très bien dans ce contexte : Wabi Sabi. Il s’agit d’une appréciation artistique avec une connotation philosophique intéressante. C’est elle qui rehausse la beauté de l’imparfait, du pur et de l’essentiel face à nos sens. C’est l’élégance de ces objets, de ces décors et même des personnes qui, même si elles ont été blessées, se montrent face à nous dans toute leur authenticité.

Il y a des personnes qui sont obsédées par le fait de devenir le conjoint parfait. Pour cela, elles n’hésitent pas à se camoufler sous une peau à l’apparente perfection. Donald Woods Winnicott, célèbre pédiatre et psychanalyste, disait souvent que vivre avec le masque du faux moi suppose une perte totale et absolue de notre vitalité innée, de la joie et de la créativité.

Le monde est déjà en soi trop imprévisible, changeant et contradictoire pour que nous le soyons nous-même dans nos relations quotidiennes. Si parler avec quelqu’un vous permet de vous retrouver avec vous-même dans un regard extérieur, ne perdez pas cette personne. Si cette personne vous aime malgré vos manies, vos journées de mauvaise humeur et le relief de vos cicatrices, tenez-la fort par la main. Ne la laissez pas partir !

L’amour arrive parfois comme une tempête, avec le bon et le mauvais

Montrer son authentique “moi” est parfois plus qu’un défi. Cela requiert du courage, de la force et un peu de tendresse. Mais, souvenez-vous de ce que disais Kierkegaard : “La forme la plus profonde du désespoir, c’est de choisir d’être quelqu’un que nous ne sommes pas en réalité”.

De plus, nous savons tou-te-s que lorsque l’amour frappe à notre porte, il entre à l’improviste et avec la force d’une tempête. Puisqu’il entre en trombe, nous ne pouvons pas trier entre le bon et le mauvais, et tout rentre à la fois. Si nous cherchons un amour parfait basé uniquement sur le côté positif, la seule chose que nous atteindrons, ce sont des déceptions.

Il faut comprendre qu’aucun-e d’entre nous traversons cette porte allégé-e de tout poids. Dans chacune de ces couches qui nous enveloppent, habitent des histoires passées, de nombreuses beautés et vertus, mais aussi certaines carences, blessures et peurs. Nous sommes donc un “moi complexe” qu’il ne faut pas cacher. Car la complexité peut aussi être un reflet d’authenticité.

Nous sommes tou-te-s un vaste livre, parfois désordonné et chaotique mais toujours beau. Récupérer et célébrer notre propre moi avec l’aide de l’autre est un acte essentiel et merveilleux. Procéder à cette lecture mutuelle dans laquelle nous nous découvrons et nous acceptons avec chaque défaut et chaque qualité est aussi quelque chose d’essentiel.

Petit à petit, arrivera cette harmonie parfaite où tout remplit et rien ne manque. Ces moments où parler réconforte et nous recentre sur nous-même, comme qui a fait un long voyage et finit par arriver à ce foyer chaleureux où reposer son âme et vivre sa vie et ses rêves.

Images de Puuung

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