Je suis revenu(e) plusieurs fois, car je ne savais pas comment m’en aller

29 août 2015 dans Emotions 6 Partagés

« Les baisers qui viennent en riant, s’en vont ensuite en pleurant, emportant avec eux la vie, qui ne reviendra jamais »

Miguel de Unamuno

Je suis revenu(e) plusieurs fois, car je ne savais pas comment m’en aller. Mais, j’ai fini par me rendre compte que tu ne voulais pas de moi. Tu m’as obligé(e) à apprendre à ne jamais revenir.

J’ai pris conscience de cela à un moment où j’aurais pu éviter de souffrir, d’espérer et de pleurer.

Je me suis aussi souvenu(e) de toutes ces nuits de solitude que j’ai passées les yeux rivés sur ma montre, et c’est alors que j’ai su que toi et moi, c’était terminé.

Je n’ai pas été capable d’éviter une seule nuit de souffrance. Un seul message, un seul appel ou un seul mot m’auraient suffi quand je n’étais pas certaine que tu savais que je t’attendais.

C’était exactement ce qui m’arrivait avec toi. Je refusais simplement de l’accepter, et je revenais vers toi sans cesse.

Je t’attendais, je t’attendais…mais je n’avais aucune réponse. Du coup, tu m’as obligé à ne jamais revenir et à oublier le chemin menant à toi.

Je ne sais pas à quel moment la relation est devenue malsaine, peut-être n’a-t-elle même jamais été saine.

J’avais beau savoir que croire en l’amour éternel c’était croire en un mythe, mon coeur me suppliait en hurlant de ne pas te laisser partir. Alors moi, je revenais encore et toujours, dans l’intention de te rattraper.

La hâte n’est pas bonne conseillère quand il s’agit d’amour…mais je dois tout de même te remercier, car tu m’as rapidement fait comprendre que je vaux mieux que ça.

Dorénavant, je ne vis plus dans l’obscurité. Le soleil commence à faire son apparition, et je peux prendre les décisions dont j’ai besoin.

C’est le problème des cercles vicieux. On a l’impression qu’on ne peut rien en tirer de bon, et il suffit alors de s’en écarter un jour pour que tout change.

En fait, tu m’as permis de prendre conscience du fait que « personne ne tombe amoureux par choix, mais par hasard. Personne ne continue à aimer l’autre par hasard, mais en entretenant son amour. Personne finit par ne plus aimer par hasard, mais par choix ».

Voilà donc ce que j’ai compris : l’un va et l’autre suit, mais cette fois, ça a été mon tour d’être le (la) dernier(ère) à prendre la décision de déchirer mon coeur et réussir à être heureux(se).

L’amour est si court, et l’oubli, si long, comme le disait Neruda… Et ça, ça fait aussi mal que mille couteaux plantés dans la poitrine.

Tu m’as aussi appris que ma dignité est primordiale, et qu’il est déjà temps de lâcher prise et de laisser aller ce qui n’existe plus. Car l’amour aussi s’éteint, et si vous le niez, vous souffrirez. Il est donc temps de l’accepter.

Finalement, il suffit d’accepter, et le courage de tout surmonter vient seul. Je refusais de le faire, jusqu’au jour où j’ai enfin réussi à m’énerver contre toi, contre moi, et contre l’amour.

J’ai mis du temps à comprendre que celui (celle) qui me faisait crier veut maintenant m’aplatir au sol, et que cette personne aussi peut être misérable.

Je me suis alors demandé(e) comment faire pour me libérer de toi, et soudain, une profonde tristesse mêlée à une grande confusion m’a envahi(e), et empêché(e) d’agir.

Néanmoins, aujourd’hui, je sais que, finalement, tout cela se surmonte par étapes, et que rien ne sert de revenir en arrière.

N’échoue que celui qui cesse de ressentir les choses et de rêver, et moi, grâce à toi, j’ai dépassé ce stade.

Je t’en remercie donc, car j’ai finalement compris que le (la) premier(ère) à mériter mon amour, c’est moi-même.

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