Par quoi sont déclenchées les crises de panique ?

· 29 mai 2017

Cela arrive soudainement. On remarque que le cœur bat à toute vitesse. Toutes les alarmes sont allumées. Oh, oh, que m’arrive-t-il ? Suis-je en train de mourir ? La panique vous inonde et vous commencez à respirer de plus et plus vite. Vous sentez que vous manquez d’air. -Vais-je m’étouffer ? Je ne cesse de trembler !-

L’oppression sur la poitrine est de plus en plus forte et vous sentez que ce qui arrive n’est pas réel. Mais la peur de mourir est présente. Vous croyez que vous devenez fou/folle. Vous avez l’impression que vous allez vous évanouir. En à peine 10 minutes, votre corps est complètement incontrôlable. Qu’est-il arrivé ? Vous avez eu une crise de panique. Mais quelles sont les conséquences ?

« Les mains s’agitent et tremblent. Un barrage s’est ouvert à un endroit et la transpiration froide vous inonde, et imbibe votre corps. Vous voulez crier. Vous le feriez si vous pouviez. Mais pour crier vous avez besoin de respirer. Panique. »

-Khaled Hosseini-

Comment et pourquoi une crise de panique arrive-t-elle ?

Une crise de panique est une crise qui commence brutalement. La première chose que remarque la personne, c’est l’apparition d’une série de sensations corporelles. Les voici : palpitations ou élévation du taux cardiaque, transpiration, tremblements et spasmes, sensation d’étouffement et/ou d’étranglement, oppression thoracique, sensation d’engourdissement ou de fourmillement, frissons.

Le problème augmente petit à petit à cause aux pensées que la personne reproduit dans son esprit autour de ces symptômes physiques. La crise de panique a lieu car la personne associe ses sensations corporelles à une menace. De plus, généralement, la personne perçoit que cette menace induite met sa vie en danger. Ainsi, elle développe tout un cycle de pensées -qui vont dans le même sens- qui vont rendre encore plus intenses les sensations corporelles initiales.

Ce sont la peur de la mort, de perdre le contrôle et/ou de devenir fou, et la sensation d’irréalité ou d’être séparé de soi-même. Les personnes interprètent ces symptômes physiques de manière catastrophique. C’est-à-dire qu’elles croient que ces sensations corporelles ont lieu car il leur arrive quelque chose de grave. Il est fondamental d’insister sur le fait qu’il n’y a, en réalité, pas de danger de mort, mais que tout arrive à cause de ce à quoi l’on est en train de penser.

« C’était dans cette sensation que la folie débutait. Pendant les brefs instants durant lesquels il parvenait à éloigner la panique et à penser avec clarté, il essayait de s’accrocher à tout ce qui, malgré tout, semblait avoir un lien avec la réalité. »

-Henning Mankell-

Quelles sont les conséquences des crises de panique ?

Les crises de panique ont des conséquences négatives pour qui en souffrent, mais ne provoquent jamais la mort, du moins pas directement. Si non, pensez à cela : vous est-il vraiment arrivé quelque chose de grave physiquement lorsque vous avez eu une de ces crises ? Non, pas vrai ? S’il y avait eu les conséquences que vous craigniez, vous ne seriez pas en train de lire cet article !

« Il voulait crier, mais les rongeurs de la panique lui croquaient la langue à pleines dents.  Il voulais courir mais les serpents fins et volants lui attachaient les jambes. »

-Luis Sepúlveda-

Les mots de Luis Sepúlveda ont une dose d’humour noir, mais nous apporte une description détaillée des sensations des victimes de panique. De plus, le grand mal être psychologique et émotionnel provoque aussi ces crises de panique. La peur prend possession du quotidien des gens.

La peur d’avoir une autre crise apparaît, car ce n’est pas agréable du tout. Dans de nombreux cas, les stimulations que la crise génère se généralisent. Exemple : d’un arrêt de bus en particulier à tous les arrêts de bus. Et chez beaucoup de gens, l’anticipation de la crise la provoque (on anticipe qu’on va passer par un arrêt de bus).

On a surtout peur que les crises apparaissent dans les lieux publics, où il est difficile de s’échapper, dans les situations sociales où cela serait gênant ou dans les moments où il est compliqué d’obtenir de l’aide. Alors, que commence à faire la personne dans ces cas ? Elle commence à éviter ces situations.

La personne cesse de se rendre dans ces lieux pour diminuer l’anxiété qui entraîne le risque d’une autre crise. Elle évite de plus en plus d’endroits. Les tâches quotidiennes deviennent alors un véritable exercice de planification et d’efforts. Il devient très difficile d’aller dans des endroits que l’on fréquentait auparavant. Ainsi, le type d’activités que l’on finit par faire est très réduit.

On peut finir par souffrir, dans certains cas, d’agoraphobie. On a peur ou on évite des situations telles que : les villes, les lieux publics, voyager seul ou s’absenter de chez soi. C’est réellement incapacitant pour la personne, dont la qualité de vie est réduite à tous les niveaux. Comme au niveau personnel, professionnel et social, cela peut être très limitant, il est important de consulter un-e psychologue pour apprendre à réguler l’anxiété et réduire les crises de panique.

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Images de Cristian Newman, Christopher Campbell et Isai Ramos.