Qu’est-ce qui se cache derrière le silence ?

· 4 décembre 2015

« Peu de choses sont aussi assourdissantes que le silence« 

-Mario Benedetti-


 

Qu’est-ce qui se cache derrière le silence ? Des confusions, des vérités, des jeux de mots, des illusions, des rêves, des mensonges, des secrets, des inquiétudes, des peurs, des excuses, de l’imagination, ou peut-être…rien d’important.

Tout ce à quoi notre esprit est capable de penser et qui n’est pas dit, c’est tout ce que l’on tait.

On a environ 70 000 pensées par jour et on sélectionne parmi toutes ces informations uniquement celles qui sont les plus pertinentes à nos yeux.

C’est cette capacité incroyable dont dispose notre esprit qui d’une part nous fait croire aux grandes histoires, et d’autre part nous rend vulnérable. 

 


Quelles pensées cachons-nous ? Ou du moins,
sont-elles toutes aussi importantes les unes que les autres ?


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Le silence et les pensées

Quand on pense, la plupart du temps, on se tait extérieurement, mais intérieurement, résonne un bruit continu produit par nos pensées.

Parmi ces pensées, il y a les pensées automatiques, à savoir celles auxquelles on a recours pour interpréter et expliquer rapidement les situations de notre quotidien.

Les pensées automatiques sont ces phrases provenant de notre voix intérieure qui nous expliquent ce qui arrive autour de nous. Elles nous permettent d’interpréter les actes des autres, voire même de nous faire une image de nous-même.

Les pensées automatiques sont ces phrases qui nous viennent immédiatement à l’esprit et qui, la plupart du temps, ne se présentent à nous que si elles sont vraiment fondées ou si, au contraire, il s’agit simplement de spéculations dont on ne dispose pas d’assez d’informations et qui sont bâties sur du « vent ».

Si de prime abord elles peuvent sembler moins élaborées, en réalité elles proviennent de notre vision du monde la plus profonde : les schémas de base.

Les schémas de base sont les croyances et les règles par le biais desquelles on construit les valeurs auxquelles on sera fidèle tout au long de notre vie.

Ce sont nos expériences de la vie qui les construisent. Elles se nourrissent de nos avis sur ce que l’on voit, et sont conditionnées par l’éducation que l’on a reçue.

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Comment interprète-on le silence des autres ?

On y ajoute nos propres spéculations et hypothèses, ou autrement dit, nos propres pensées.

Nous les êtres humains avons le réflexe de tout expliquer, car l’incertitude est quelque chose qui nous échappe et que l’on apprécie pas.

Même si on ne peut cerner que dix pour-cents de la réalité, on « re-remplit » ce vide avec notre propre explication, basée sur la façon dont le monde « devrait » être, selon nous.

Des pensées telles que « son silence cache quelque chose de grave » ou « qui ne dit mot consent », sont des phrases que l’on a déjà entendues plus d’une fois.

Si on y a recours constamment et sans disposer des informations nécessaires, il est évident que l’on se trompe.

Nous n’avons pas le pouvoir de lire dans les esprits des gens, et nous ne sommes pas non plus des psychologues.

On se base sur des informations qui peuvent confirmer notre avis, ou bien, au contraire, peut-être est-on conditionné par des croyances irrationnelles nous menant à nous sentir mal, ou bien à accuser les autres d’une intention qu’ils ont peut-être.

 


Gérer le silence, c’est plus difficile

que de gérer le verbe


 

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Le mieux, c’est de tenir les informations qui nous serviront à nous faire notre propre opinion directement de la personne concernée, mais toujours en respectant le droit de cette dernière de ne pas faire part de certaines informations, qu’elle peut préférer garder secrètes. Tout le monde a le droit à l’intimité.

D’autre part, le fait de ne pas communiquer à quelqu’un une information qui pourrait se révéler importante pour lui (même par peur des conséquences), l’empêche de faire un choix librement, et en adoptant un tel comportement, on lui fait du mal.

Par exemple, imaginez ; en décidant de ne pas dire à une personne que son compagnon/sa compagne est infidèle, on lui fait du tort.

Si vous préférez garder le silence, assurez-vous que ce silence ne cache pas d’information qui pourrait se révéler comme étant essentielle pour la personne concernée.

Autrement dit, il y a certaines choses que l’on doit raconter, même si cela est difficile pour nous étant donné qu’elles sont directement liées à des personnes que l’on estime.

Si tôt ou tard, cette information arrive aux oreilles de tierces personnes, alors le problème ne fera qu’empirer.

 


Les mots ont une capacité incroyable,

mais le silence aussi


 

Le silence ne peut pas être considéré comme une preuve de la vérité. Finalement, nous sommes des interprètes de la réalité. De notre réalité. Car notre réalité, ce n’est pas celle des autres.

Oui, le silence peut faire mal, très mal. Mais il peut aussi ne rien cacher d’important, seulement l’imagination. Et ça, c’est l’infini.

 

Ecoute, mon fils, le silence.
C’est un silence ondulé,
un silence,
où glissent des vallées et des échos
et qui inclinent les fronts
vers le sol.

-F.G. Lorca-