Qu’est-ce que l’holacratie ?

· 10 décembre 2018
L'holacratie est un système organisationnel dans lequel l'autorité et les processus de prise de décisions se font de façon horizontale. Par conséquent, il n'existe pas de hiérarchie où le pouvoir et la responsabilité seraient partagés.

Même si ce système peut sembler étrange et anarchique, certaines organisations l’ont déjà adopté en Australie, en Allemagne, aux Etats-Unis, en France, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni.

Origines de l’holacratie

Le système d’holacratie s’est pour la première fois développé dans l’entreprise informatique de Ternary Software, à Exton (Etats-Unis). Son fondateur était Ternary Brian Robertson, qui, en 2007, a mis en pratique les premières idées d’un système d’organisation novateur.

Ce n’est qu’un peu plus tard, en 2010, que l’Holocracy Constitution s’est développée. On y établit les principes et les pratiques à suivre. Ces derniers constituent les bases du système organisationnel. La constitution sert de guide à toutes ces entreprises qui souhaiteraient établir leur organigramme en s’appuyant sur cette idée.

Brian Robertson et l'holacratie

 

Même si Robertson a été le premier à lui donner forme, le terme d’holacratie dérive du mot holarchie, inventé par le romancier et essayiste Arthur Koestler. Dans son livre The ghost in the machine, publié en 1967, il évoque l’idée d’une organisation qui se compose de holons. 

Les holons sont des unités autonomes et auto-suffisante qui dépendent de leur propre groupe. Par conséquent, une holacratie serait un ensemble d’unités auto-régulées qui fonctionnent cependant de manière indépendante.

Nouveautés introduites par l’holacratie

L’holacratie surgit, en définitive, en tant que système qui essaye de s’opposer à la hiérarchie classique des entreprises. Elle cherche à mettre de côté la figure du chef pour instaurer une organisation théoriquement plus égalitaire et efficace.

Différences organisationnelles

L’une des principales différences de l’organisation de l’entreprise à travers l’instauration d’une holacratie est l’élimination d’une structure dans laquelle on « enferme » chaque employé à un poste fixe. Par conséquent, les fonctions de chaque travailleur cesseraient d’être décrites dans un organigramme.

L’holacratie propose donc une structure dans laquelle chaque employé peut développer des fonctions multiples au sein de l’entreprise. Il ferait aussi partie de différentes équipes à la fois. Par ailleurs, il verrait ses tâches s’actualiser constamment pour s’adapter aux besoins de chaque groupe.

Selon cette idée fondamentale, l’entreprise pourra s’appuyer sur les meilleures capacités de chaque travailleur. Elle leur donnera aussi une plus grande liberté au niveau de leur prise de décisions.

Différences au niveau de l’autorité

Dans le modèle d’organisation plus traditionnel, la structure de l’entreprise est peu dynamique, voire pas du tout. Les ordres viennent toujours des sphères les plus hautes. Les personnes qui se trouvent aux niveaux inférieurs de l’organigramme doivent les suivre.

L’holacratie, elle, essaye constamment de modifier la structure de l’entreprise. Ainsi, chaque équipe de travail a le droit de s’organiser en fonction de l’objectif à atteindre.

L’holacratie cherche à faire disparaître la figure autoritaire du chef.

holacratie

Différences vis-à-vis de la philosophie de l’entreprise

L’un des aspects les plus importants du système d’holacratie est que tous ses membres doivent suivre des règles clairement définies. Cela inclut le CEO ou directeur exécutif. Cette philosophie ne doit pas suivre des ordres qui viennent d’en-haut, par autorité.

Par conséquent, l’idée fondamentale est celle d’une transparence totale au niveau des règles. L’impact de la politique de l’entreprise au niveau des activités des équipes de travail doit donc diminuer. Par ailleurs, la prise de décisions dépendra moins des personnes en position d’autorité.

Le gouvernement de l’holacratie

Dans une entreprise qui pratique l’holacratie, le travail se répartit en rôles qui s’actualisent fréquemment. Ainsi, les employés ont une autonomie totale et décident de la façon dont ils vont développer leurs fonctions. Leur préférence ne doit cependant pas nuire à leurs collègues de travail.

Par ailleurs, l’holacratie doit pouvoir s’appuyer sur des réunions périodiques. Au cours de ces dernières, tous les rôles du circuit organisationnel peuvent intervenir pour revoir et réajuster leur travail.

Enfin, grâce à ces réunions, l’interaction constante entre les différents cercles sera favorisée. La communication sera plus efficace entre les équipes de travail qui se partagent des membres. Ces membres peuvent exercer les rôles de leader, secrétaire ou représentant selon ce que demande chaque équipe.