Qu'est-ce que la pensée abstraite ?

09 décembre, 2020
Qu'est-ce que la pensée abstraite ? Découvrez-le en passant en revue ses caractéristiques, ses fonctions, ses exemples et ses différences avec la pensée concrète.

Vous avez certainement déjà entendu parler de la pensée abstraite, mais savez-vous vraiment ce que c’est ? C’est un type de pensée qui nous permet de réfléchir à des choses qui ne sont pas présentes dans l’espace et le temps actuels.

Elle nous permet également de réfléchir à des concepts et principes généraux, tant dans notre vie quotidienne que dans un environnement plus académique ou professionnel. La pensée abstraite présente-t-elle un avantage ?

Une étude réalisée en 2006 par l’Université d’Amsterdam a conclu que les gens se sentent plus puissants lorsqu’on leur permet de penser de manière abstraite. Cela pourrait être la preuve de l’avantage de la pensée abstraite par rapport à une pensée concrète plus restrictive.

Vous voulez en savoir plus sur ce type de réflexion ? En quoi diffère-t-elle de la réflexion concrète “opposée” ? À quoi sert-elle et quels sont ses avantages ? Nous vous en parlons ici !

Une illustration représentant un pot de fleurs.

Qu’est-ce que la pensée abstraite et à quoi sert-elle ?

Selon le Psychology Dictionary, la pensée abstraite est la capacité à saisir l’essentiel et les propriétés communes. Elle sert à garder à l’esprit les différents aspects d’une situation, à prévoir et à planifier l’avenir, à réfléchir de manière symbolique et à tirer des conclusions.

Ce serait le contraire de la pensée concrète, qui est dans ce cas la pensée littérale basée sur le temps et l’espace actuels. À quoi sert ce type de réflexion ?

La pensée abstraite, comme nous l’avons déjà vu, nous permet de réaliser les relations entre les différentes idées, croyances ou éléments de l’environnement tant externe qu’interne. En outre, elle nous aide à : innover, créer, imaginer, développer de nouvelles idées, tirer les leçons des expériences passées et réfléchir à l’avenir.

Ce type de réflexion est également une compétence cognitive. Plus précisément, c’est l’une des dernières compétences cognitives que nous, les êtres humains, acquérons à un niveau évolutif. Sans plus tarder, nous allons en apprendre davantage sur ce type de pensée grâce à une synthèse de ses caractéristiques.

Qu’est-ce au fond que la réalité qu’une idée générale et abstraite dans notre esprit ? Ce n’est qu’un nom, ou, si elle est autre chose, elle cesse nécessairement d’être abstraite et générale.”

-Etienne Bonnot de Condillac-

Ses caractéristiques

En résumé, nous pouvons énumérer une série de caractéristiques de la pensée abstraite qui font allusion à sa forme, son contenu et ses fonctions. La pensée abstraite :

  • se concentre sur les éléments qui ne sont pas présents (elle va au-delà de l’environnement actuel).
  • nous permet d’imaginer, de créer et d’innover.
  • stimule la réflexion et la pensée profonde.
  • nous aide à trouver des significations différentes pour chaque situation.
  • Elle nous permet de penser de manière abstraite, en créant des idées du même type.
  • C’est une pensée hypothético-déductive (elle nous permet de construire des hypothèses sans avoir besoin de les tester empiriquement).
  • C’est une pensée flexible, qui stimule le débat.

Quelques exemples

Pour mieux comprendre ce type de réflexion, pensons à des exemples concrets, comme celui d’une personne qui pense au-delà de ce qui est juste devant elle. De manière illustrée : imaginez une personne qui pense à un livre concret ; elle utilisera la pensée abstraite lorsqu’elle pensera à plusieurs livres, des livres qui n’ont pas besoin d’être dans la même pièce ou devant elle.

Vous pouvez aussi penser à des livres qui vous représentent, des livres que vous avez lus, des livres qui représentent des thèmes “X”, etc. Dans la pensée abstraite, vous utilisez aussi votre imagination. Un autre exemple de pensée abstraite serait un artiste choisissant les meilleures couleurs pour sa peinture ou un musicien choisissant la meilleure note pour terminer sa symphonie.

Autre exemple : un compositeur qui utilise ses idées pour créer les paroles d’une chanson. Ou encore un mathématicien qui analyse des chiffres pour tirer une conclusion (tout comme un physicien ou un statisticien peut extraire des relations significatives de ses données), etc.

Nous l’utilisons également au quotidien, lorsque nous devons analyser certaines situations qui impliquent de penser au passé ou au futur (au-delà du présent). En bref : nous trouvons des réflexions abstraites dans de multiples situations et scénarios.

Quand apparait-elle ? L’hypothèse de Piaget

L’épistémologue et biologiste suisse Jean Piaget (1896-1980) parlait déjà, en son temps, de pensée abstraite. Plus précisément, il a élaboré l’hypothèse selon laquelle la pensée abstraite, ainsi que le raisonnement, se développe dans la dernière étape de développement (l’étape des opérations formelles).

Piaget a appelé la pensée abstraite pensée formelle parce qu’elle appartient à ce stade de développement. Le stade des opérations formelles commence entre 11 et 15 ans et se prolonge jusqu’à l’âge adulte. Les éléments suivants sont essentiels à cette étape :

  • Raisonnement hypothétique
  • Raisonnement abstrait
  • Résolution systématique des problèmes
  • Pensée abstraite

Ce type de réflexion, selon Piaget, a beaucoup à voir avec la logique et la capacité à résoudre les problèmes. En ce sens, ce serait l’une des caractéristiques distinctives des êtres humains, qui nous distingue des autres espèces animales.

Comment pouvons-nous appliquer la pensée abstraite ?

Pouvons-nous appliquer ce type de réflexion dans notre vie quotidienne ? Dans quels domaines ? Cela peut être utile pour notre développement personnel, dans des domaines aussi abstraits que la spiritualité.

D’autre part, la maîtrise de la pensée abstraite et de son langage peut également être utile dans des domaines tels que les mathématiques ou les sciences, puisque le raisonnement analytique nécessite le recours à la pensée abstraite. N’oublions pas que pour comprendre un sujet, nous devons être capables de le relier à la vie réelle.

Une illustration représentant

Pensée abstraite et pensée concrète : les différences

Au début de l’article, nous avons fait allusion à la pensée concrète comme un type de pensée opposé à la pensée abstraite. Mais en quoi ces deux types de pensée diffèrent-ils ? La pensée abstraite nous permet de traiter, de décrire et de manipuler des informations mentales, tandis que la pensée concrète fait la même chose, mais avec des objets du monde physique.

D’autre part, nous avons dit que la pensée abstraite était hypothético-déductive. Cela signifie qu’elle nous permet de faire des hypothèses sans avoir besoin de les tester empiriquement. Par la pensée concrète, la connaissance ne peut être formulée que par l’expérience directe du phénomène en question (il s’agirait d’un type de pensée inductive).

La pensée abstraite va du général au particulier (ce qui permet de formuler des lois et des théories, par exemple) ; la pensée concrète, en revanche, va du particulier au général. Enfin, la pensée abstraite permet la réflexion et le débat (c’est une pensée flexible). La pensée concrète, en revanche, ne permet pas de variations, puisqu’elle se fonde sur le tangible et l’évident.

Comme nous l’avons vu, la pensée abstraite “est partout” et présente des avantages notables lorsqu’il s’agit de stimuler d’autres types de pensée comme la réflexion ou le raisonnement. Il existe de multiples types de pensée : convergente, divergente, pratique, théorique, littérale…

Quelle est la meilleure ? Aucune et toutes ; ce sera toujours celle qui sera la mieux adaptée à la tâche que nous voulons développer, c’est pourquoi la flexibilité est une autre valeur ajoutée dans notre cognition.

“L’homme sage ne dit pas tout ce qu’il pense. Mais il pense tout ce qu’il dit.”

-Aristote-

  • Espino, O.G. (2004). Pensamiento y razonamiento. Pirámide.
  • Garnham, A. y Oakhill, J. (1996). Manual de Psicología del Pensamiento. Ed. Paidós.
  • Pagés, J. (1998). La formación del pensamiento social, pp. 152-164. En Pijal Benejam y Joan Pagés, Enseñar y aprender ciencias sociales, geografía e historia en la educación secundaria. Barcelona: ICE/Horsori.
  • Piaget, J. (1986). Psicología evolutiva. Madrid: Editorial Paidós.