Beethoven, biographie d’un musicien intemporel

15 novembre 2019
La vie de Ludwig van Beethoven fut un mélange de tragédie et de gloire. Son enfance malheureuse le marqua à jamais et ses multiples déceptions amoureuses ont donné un ton particulier à ses compositions.

Ludwig van Beethoven faisait partie de ces âmes tourmentées qui luttaient entre la création et la souffrance. Bien qu’il soit considéré comme le plus grand génie musical de tous les temps, il n’a pas eu une vie heureuse et n’a pas réussi à profiter pleinement de ses succès. Dès son plus jeune âge, il s’est battu avec le monde.

Beethoven a composé une œuvre gigantesque. Plus de 32 sonates pour piano, 17 quators, 8 trios, 5 concerts pour piano et bien plus encore. Mais ce qui a suscité l’admiration de générations entières, ce sont ses symphonies, en particulier la Cinquième, qui l’a rendu très célèbre.

« La musique doit faire couler le sang du cœur de l’homme, et les larmes des yeux de la femme. »

-Ludwig van Beethoven-

Malgré la gloire qu’il a eue dans sa vie, Beethoven n’avait pas une situation économique vraiment confortable. Il n’avait pas non plus une vie de famille ou amoureuse gratifiante. C’est peut-être pour cela que son travail a cette profondeur particulière, et ce ton sombre et splendide à la fois. Sa musique, tout comme lui, est d’une étonnante complexité.

Une enfance malheureuse

Ludwig van Beethoven est issu d’une famille de musiciens. Son père et son grand-père étaient musiciens de profession. Ses grands-parents paternels, Ludwing et María Joespha Poll, ont exercé une forte influence sur lui. En réalité, son grand-père fut pratiquement la seule personne avec qui il avait établi un lien affectif sain durant son enfance, tandis que sa grand-mère était alcoolique.

Beethoven avait quatre frères et sœurs. Il était le second. Sa mère, Marie-Madeleine Kewerich était malade et faible de caractère. Son père, Johann, était un alcoolique qui était dévoué à la boisson et faisait peu pour sa famille. Le grand-père Ludwig, quant à lui, s’identifiait au talent du garçon et lui donna ses premières leçons de piano.

Ludwig van Beethoven ne savait pas ce qu’était la chaleur d’un foyer. A l’âge de 5 ans, le génie a commencé à montrer ses qualités de musicien. D’après l’histoire, son père voulait en profiter pour soulager sa situation de pauvreté, mais il n’y est pas parvenu. On dit qu’à l’âge de 12 ans, Beethoven était déjà un enfant maussade qui disait détester le monde.

Des livres de compositions de Beethoven

Beethoven et ses créations impressionnantes

Malgré tout, Beethoven a réussi à nouer de grandes amitiés. De fait, il a toujours adoré l’amitié. Le premier de ces grands liens est né avec un jeune homme nommé Wegeler, qui l’a amené à vivre avec la famille Breuning. Là, il a pris des leçons de piano, a appris à connaître ce qu’était une famille stable et a vécu son premier amour. Il est tombé amoureux de Leonore, sa partenaire en études musicales. Mais elle l’a rejeté. Cela a augmenté son malaise face au monde.

Il se rendit à Vienne en 1787 et acheva sa formation. C’est aussi là qu’il a commencé à devenir une véritable célébrité de la musique. Il y a séjourna définitivement à partir de 1792. C’est alors qu’il a connu ses moments les plus fructueux en tant que compositeur. Il a également connu de grandes déceptions amoureuses. En 1794, il voulut épouser la chanteuse Magdalena Will, mais elle le traita de « laid et fou » et le rejeta. Plus tard, il rencontra Julieta Guicciadi, qui a joué avec lui pendant un certain temps. Pour elle, il composa la célèbre sonate Au claire de lune.

Entre 1806 et 1810, il vécut une relation tendre et passionnée avec Teresa de Brunswick. Au même moment, il composa les Cinquième et Sixième Symphonies, ainsi que l’Apassionata. La relation s’est terminée et une foule de déceptions s’en sont suivies. A cela s’est ajouté le fait que deux de ses frères sont venus vivre avec lui. Plus exactement, à ses dépens. Cela n’a fait que maintenir ses finances dans le rouge.

Une partition de musique de Beethoven

Une triste fin

Dès l’âge de 30 ans, Beethoven commença à percevoir les premiers symptômes de sa surdité. Pour une raison ou pour une autre, cela lui faisait plus honte que ne l’inquiétait. Il ne dépendait pas de son oreille pour composer, car son talent dépassait largement la normale. Il n’a donc jamais pardonné à Goethe d’avoir fait un commentaire public sur sa surdité.

Pour Ludwig van Beethoven, la surdité n’était pas un problème dans son travail. Il continua à composer comme si de rien n’était. Cependant, avec le temps, ses relations sociales se sont encore détériorées. Ses frères gaspillaient tout l’argent qu’il gagnait. Ses belles-soeurs le détestaient. Il fut chargé de donner des cours particuliers à l’un de ses neveux, ce qui représentait un énorme fardeau pour lui, car le garçon était plus que rebelle.

Sa santé a commencé à s’affaiblir. Etouffé par la situation économique, il décida de demander de l’aide à ses amis et connaissances. La Société philharmonique royale de Londres lui donna 100 livres sterling en prévision d’un concert à son profit. Il pleura lorsqu’il reçut cette aide et promit de faire la Dixième Symphonie en remerciement de ce geste. Toutefois, la mort le surprit en 1824, avant qu’il n’ait pu tenir sa promesse.

 

  • Gómez, J. G. (2002). Genio y drama: La sordera de Beethoven. Medicina, 24(2), 132-135.