Quelques vérités sur l’amour

· 28 novembre 2015

“Celui qui apprend et apprend et n’applique pas ce qu’il sait,
est comme celui qui laboure et laboure mais ne sème pas
” 

Platon

L’idéalisation de l’amour est un procédé qu’utilisent les poètes, peintres et musiciens depuis plusieurs siècles.

De là s’est créé un ensemble de mythes dont nous entendons encore parler aujourd’hui et en lesquels de nombreuses personnes croient encore, sans même prendre le temps de s’arrêter et de réfléchir à leur véracité.

Le problème réside dans le fait que certaines personnes peuvent établir des attentes trop élevées en matière d’amour. Ainsi, aucune réalité ne peut être à la hauteur de ce qu’elles espèrent.

Ces personnes seront donc souvent en désillusion avec la réalité et il leur sera difficile de construire des liens amoureux authentiques avec d’autres.

Approfondissons donc un peu plus ces quelques autres croyances et mythes sur le romantisme et l’amour.

Tout donner par amour

L’amour idéalisé par le romantisme devient le centre de l’univers personnel. Le summum du bonheur et le point d’arrivée ou mènent tous les chemins de la vie ; représentant la rédemption, le salut ou encore le point culminant de tous les désirs.

L’idée qu’une personne ne peut être heureuse que si elle rencontre quelqu’un et qu’elle s’implique dans une relation, est très fréquente.

On dit également que l’amour sous-entend de grands sacrifices et de grandes privations pour maintenir une relation à tous prix. L’être entier doit être engagé dans la relation. Il ne peut y avoir de secrets, ni de restrictions.

La réalité nous démontre tout autre chose. Ce dévouement absolu, où tout tourne autour du couple, s’apparente plus à une sorte de névrose plutôt qu’au véritable amour comme tel.

L’être humain a de multiples dimensions, qui ne peuvent pas toutes être partagées et dévoilées à son conjoint.

Il existe de nombreuses situations dans la vie qui peuvent vous apporter des moments de bonheur. L’amour romantique n’est pas le seul à avoir cette capacité.

Il y a également des sphères personnelles que l’on considère comme étant privées. Ce sont ces espaces que nous aimons garder pour nous seuls. Il font partie de notre processus de connaissance de soi, de notre exploration individuelle, de notre vie.

Et ce n’est pas déloyal de ne pas les partager avec sa moitié. Ce n’est pas non plus de l’égoïsme. Il s’agit simplement d’un mécanisme pour préserver son individualité.

Le mythe de la possession de l’autre

Ce mythe est un ensemble d’idées selon lesquelles l’amour est une totalité exclusive, ne laissant aucune place pour l’individualité.

Par exemple, un véritable amour doit nécessairement aboutir sur un mariage, ou, dans tous les cas, sur une vie commune sur le long terme.

Ce mythe assure également que la jalousie est une passion absolument légitime. Il y en a même certains qui affirment qu’il s’agit d’une preuve d’amour évidente : s’il t’aime, il doit être jaloux.

En contrepartie, l’infidélité est une hécatombe absolue, une preuve définitive d’une absence d’amour, un obstacle insurmontable, une menace de mort.

De nouveau, la réalité nous prouve ici que les choses ne sont pas exactement comme l’affirment les romantiques.

Il n’y a aucune façon de garantir qu’un véritable amour aboutira sur une union stable qui ne se brisera pas avec le temps.

L’amour n’est pas un sentiment statique, et, chaque jour, nous voyons des mariages qui se maintiennent alors qu’il n’y a plus d’amour, ou, au contraire, des relations brisées même si l’amour est toujours présent des deux côtés.

Nous savons également que l’infidélité existe, même au sein de couples très amoureux.

L’infidélité ne révèle pas nécessairement un manque d’amour, mais souvent une grande insécurité ou un vide personnel qui se répercutera sur la relation.

Pour toutes ces raisons, nous pouvons conclure que nous serions sûrement bien plus heureux si nous arrêtions de croire à ces mythes sur le romantisme.

Cela nous permettrait de mieux valoriser la réalité. Si nous arrêtions de courir après des choses qui n’existent pas, nous pourrions profiter pleinement de ce que l’on peut véritablement attendre de l’amour.

Photo publiée avec l’aimable autorisation d’Elena Dijour.