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Quand les parents se servent de la culpabilité pour éduquer

4 minutes
Quand les parents se servent de la culpabilité pour éduquer
Dernière mise à jour : 18 mars, 2018

Il y a encore beaucoup de parents qui pensent qu’employer la culpabilité pour éduquer est une bonne chose. Ils croient que la récompense et la punition sont la base d’une bonne formation. Ceci peut être vrai, surtout à un âge très précoce. Malgré tout, il faut aussi comprendre qu’il s’agit d’une étape à surmonter.

La culpabilité donne lieu à un mal-être émotionnel. Elle naît d’une sanction symbolique et sociale. Cependant, elle ne mène pas à la responsabilité. Elle ne favorise pas non plus l’autonomie et ne permet pas aux personnes de choisir librement ces valeurs qu’elles veulent respecter ou non. En utilisant la culpabilité pour éduquer, on finit par ne pas éduquer mais par conditionner l’enfant.

“À travers l’ignorance, on atteint la servitude; à travers l’éducation, on atteint la liberté”.

-Diego Luis Córdoba-

Il est vrai qu’employer la culpabilité pour éduquer augmente le contrôle que l’on a sur l’enfant. Cela facilite le travail d’un parent autoritaireL’enfant est envahi de craintes, de conditionnements moraux et devient donc plus gérable. Il obéit plus facilement parce que sa volonté s’affaiblit. Il s’écarte moins des normes car la peur de le faire est plus forte que lui. L’enfant se transformera donc en personne docile. Mais pas en personne libre ou heureuse.

La culpabilité pour éduquer met fin à l’estime de soi

Un enfant a besoin d’orientation mais celle-ci doit lui être offerte d’une façon qui lui permette de se réaffirmer. La culpabilité pour éduquer fait tout le contraire. Elle cherche à lui faire sentir que ce qu’il fait, ressent, désire ou pense n’est pas acceptable.

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Étudions un exemple pour mieux comprendre cette idée. L’enfant ne veut pas manger de légumes. Ils ont un goût amer qu’il n’aime pas. D’un point de vue prenant en compte la culpabilité pour éduquer, on lui dirait qu’un bon enfant doit manger ce qu’on lui donne sans protester. Et, à partir d’une perspective qui cherche à faire en sorte que l’enfant se réaffirme, on lui dirait que les champions mangent des légumes parce qu’ils permettent d’avoir de grands pouvoirs.

Aucun enfant n’agit pour embêter ses parents. Bien au contraire. Ils désirent leur plaire et cherchent à ce qu’ils se sentent bien avec eux. Leur immaturité émotionnelle est ce qui les pousse à ne pas s’ajuster à certains préceptes ou certaines normes. Il faut donc les aider à comprendre la raison d’être de ces préceptes.

La culpabilité empêche le développement de la conscience

Éduquer ne signifie pas apprendre à un enfant à obéir aveuglément aux normes. La culpabilité pour éduquer mène précisément à cela. Elle pousse l’enfant à croire qu’il faut agir selon ce que lui dictent les figures d’autorité. Elle fait croire que ceci est indiscutable. Et qu’en les transgressant, on arrive à un comportement immoral.

On ne fait que marquer une rupture entre le “vouloir” et le “devoir”. Ce dernier est celui qui doit toujours s’imposer. Mais le plus grave est qu’un tel point de vue contribue à détériorer la capacité critique. De cette façon, une conscience réelle des actes n’apparaîtra jamais.

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On a une conscience lorsque l’on choisit librement notre façon d’agir. Quand c’est la raison personnelle qui détermine ce qui est bien et ce qui est mal. Si une personne a une grande marge de conscience, on pourra difficilement la manipuler, la réduire ou se servir d’elle. Mais si une personne est en permanence conditionnée par la culpabilité, elle ne donnera pas de valeur à ses raisonnements. Elle dépendra de l’approbation d’une autorité pour agir.

Éduquer sans culpabilité

Lorsqu’ils naissent, les êtres humains sont égocentriques. Pour un bébé et un enfant, il n’y a pas de possibilité de voir le monde au-delà de leurs propres besoins. À ce moment, le rôle des parents consiste fondamentalement à s’occuper de ces besoins et à faire en sorte que l’enfant se sente en sécurité. Cela sèmera des graines de confiance et d’amour propre.

Avec le sevrage et le contrôle des sphincters commence le long chemin vers l’insertion dans un cadre normatif, c’est-à-dire dans une culture. Il est évident que les limitations et les restrictions créent de la frustration et, par conséquent, du rejet. L’enfant a du mal à assimiler que le monde ne commence pas et ne finit pas avec lui. Cela mène à des frictions qui, dans tous les cas, ne devraient pas mener à l’utilisation de la culpabilité pour éduquer.

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Dans ce long processus de développement, l’idéal est que les parents apprennent à penser à l’enfant en fonction des conséquences de ses actes. Pour cela, il est important qu’on l’aide à reconnaître ses émotions, ses désirs, ses limites et les raisons de ces dernières. La marge pour qu’il apprenne à choisir, à décider, doit s’élargir progressivement. Ces processus ne se déroulent jamais d’une façon parfaite. Mais il suffit que l’intention de les maintenir soit réelle et constante.

 

Ce texte est fourni à des fins d'information uniquement et ne remplace pas la consultation d'un professionnel. En cas de doute, consultez votre spécialiste.