Quand la peur étouffe l’amour

28, juin 2016 dans Emotions 4 Partagés

Une question. Pouvez-vous imaginer ce qui se passerait si les émotions étaient capables de se déguiser en d’autres émotions ?

Et que pourrait-il arriver s’il existait des émotions négatives capables de se cacher à l’intérieur des émotions positives ? Serions-nous capables d’y faire face ?

Imaginons le pire des cas. Une des pires émotions déguisées en l’une des  meilleures : que se passerait-il si la peur supplantait l’amour ?

L’amour, compris comme un amour romantique : ce “Big-Bang” d’émotions qui se génèrent entre deux personnes, qui comprennent également l’attirance, l’engagement, l’intimité et la passion.

Un phénomène qui touche jusqu’à la dernière cellule de notre corps, en passant bien sûr par notre tête, nos émotions et même nos goûts et nos préférences.

Comment la peur pourrait-elle se cacher dans une émotion comme celle-ci ? Imaginons-le : être amoureux et avoir peur.

En fin de compte, l’amour n’est-il pas un acte de courage et de générosité avec l’autre et avec nous-mêmes ?

Peut-être devrions-nous y réfléchir et éclaircir ce que signifie la peur qui se cache. Expliquons-le d’une manière différente.

Que se passerait-il si l’origine, ce qui faisait naître l’amour, n’était rien d’autre que la peur ?

Quand la peur apparaît

En premier lieu, la question à un million : pourquoi la peur ? Nous devons donc être justes avec notre humanité et admettre que cette émotion nous a accompagnés depuis le tout début, en facilitant notre fuit ou la lutte pour la survie.

Ainsi, face à un événement émotionnel aussi étouffant que l’amour, il est normal que nos peurs se mettent en marche, nous prévenant que le changement pourrait être mauvais.

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De ce fait, c’est précisément parce qu’elles se mettent en marche aussi facilement qu’elles ont cessé d’avoir l’utilité qui était la leur auparavant.

De nos jours, nous répondons de façon disproportionnée face à des événements qui ne sont pas menaçants. Ou disons encore que nous qualifions de menaçants des événements qui ne peuvent que nous faire du bien.

Nous disons généralement que la peur devient inutile quand elle nous paralyse, car elle nous empêche de profiter, de souffrir ou simplement de vivre.

Ces histoires préalables d’abandons, de ruptures soudaines, de douleur ou de souffrance laissent des traces en nous et conditionnent notre façon de comprendre et de vivre l’amour.

Nous devenons des peureux compulsifs de l’amour, en essayant d’échapper à cette souffrance que suppose la relation, ou même cette souffrance que suppose la solitude et le fait de ne pas se sentir aimé.

Les déguisements de la peur

Nous avons déjà vu les premières clés. Cependant, la peur se met en marche très facilement et l’amour est capable de l’activer à cause de nos précédents déboires amoureux.

Comment se manifeste-t-elle, alors ? Voyons quelques exemples.

  • La “recherche de l’amour”. Le déguisement préféré de la peur est la solitude, le fait de rester seuls. La peur générée par ces clichés qui nous font croire qu’“être seul est terrible”.
    Cette peur prend une autre dimension quand, conscients ou non de celle-ci, elle nous pousse à chercher compulsivement ce compagnon ou cette compagne, pour éviter le terrible destin final.
    Nous courons un grand risque, celui d’essayer de contrôler l’amour, son destinataire, son développement et son dénouement.
  • Le doute. Disons que l’amour a frappé à notre porte et que nous lui ayons ouvert la porte en grand.
    Cependant, une ombre décide de s’emparer de notre esprit sous une de ses formes préférées : est-ce que c’est le moment pour moi ? Est-ce que je me suis précipité ? Est-ce vraiment ce que je veux ? Dans ce cas, la peur du désamour ne se cache pas. Nous savons que nous le vivons mal, et nous sentons que ces doutes sont une façon pour nos cicatrices émotionnelles de palpiter.
  • Le perfectionnisme exagéré. Cette situation dans laquelle nous sentons une urgence et une nécessité absolues à rendre heureux et à plaire à notre conjoint, qui en vient à modifier notre personnalité; tout pour que “tout aille bien“.
    Rien qu’en nous imaginant de nouveau abandonnés, notre monde s’effondre. C’est la peur qui connecte notre côté le plus humain : le peur de la perte, qui menace de nous enlever quelqu’un de vital. Et elle y parvient si nous la laissons contaminer notre couple.

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Accepter ou combattre ?

Maintenant que nous connaissons le pourquoi et le comment, la question logique est celle-ci : sommes-nous seuls face au danger ?

Ce n’est pas l’impression que nous avons. Pourtant, il faut, avant de commencer à penser à la peur ou à l’amour, que nous soyons conscients de notre humanité. 

De notre besoin d’amour et de nos peurs en tant que personnes. Que nous comprenions que la peur restera proche, et que nous pouvons ou non l’accepter et opter pour l’amour.

Ensuite, nous trouvons quelque chose qui est également inséparable de la vie et de la condition humaine : le temps.

Parler du temps peut paraître évident et même “piège”, mais même ainsi, cela reste une des cartes les plus importantes.

Le temps et son pouvoir salutaire influe sur nous plus que nous ne l’imaginons et il nous aide à observer d’un point de vue différent des événements qui sont à l’origine des peurs qui nous tenaillent aujourd’hui.

Enfin, nous sommes des individus uniques, avec un apprentissage et une sagesse qui nous sont propres. Et surtout, une capacité infinie d’aimer et des besoins inépuisables d’être aimés, intégrés et appréciés.

Cet amour que nous avons ressenti, avec tout ce qu’il implique, nous donne l’extraordinaire capacité d’aimer à nouveau.

Et quoi de mieux que de nous exposer à cette solitude, à ce doute et à cette perte, et à choisir d’aimer à nouveau ? Nous finirons sûrement comme ça par nous étouffer avec la peur de notre amour et non le contraire.

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