La pyramide de radicalisation

· 25 mars 2018

La pyramide de radicalisation est un modèle théorique qui nous aide à interpréter et à comprendre pourquoi les personnes se radicalisent. Selon de cette théorie, la radicalisation est le résultat de l’extrémisation des croyances, des sentiments et des comportements à l’appui d’un conflit inter-groupal et de violent. La radicalisation peut se produire sur la base de différentes idéologies, croyances religieuses ou politiques.

Selon la pyramide de radicalisation, il existe deux formes de radicalisation. L’une serait la radicalisation du récit ou de l’idéologie, et l’autre, la radicalisation de l’action. En outre, les processus de radicalisation pourraient se produire à trois niveaux différents. A un niveau individuel, lorsqu’une personne se radicalise d’elle-même ; au niveau du groupe, lorsqu’un groupe de personnes se radicalise, un groupe ; et au niveau de la masse, lorsqu’un groupe plus important de personnes se radicalise.

Alors que la radicalisation des actions est un phénomène individuel ou en petit groupe, la radicalisation du récit est un phénomène de masse. Tout un pays peut être amené à radicaliser son récit et considérer qu’il est en guerre et doit vaincre un ennemi, alors que ceux qui vont se battre ne seront qu’une petite partie de cette population.

homme superposant des pierres

La radicalisation du récit

Les pyramides qui sont utilisées comme métaphore pour expliquer la radicalisation sont comme les pyramides démographiques, où la plupart des personnes se trouvent à la base de la pyramide. En revanche, le sommet sera composé de seulement quelques personnes par rapport à la population totale. Les pyramides disposent de quatre niveaux.

Dans le cas de la pyramide de radicalisation, le premier niveau est constitué par les neutres. Ce groupe se compose de personnes qui ne suivent pas une idéologie radicale et qui seraient la base de la pyramide. Si nous montons d’un niveau, nous trouvons les sympathisants, qui acceptent certaines idées radicales, comme le fait qu’il existe un conflit dont ils sont les victimes.

Viennent ensuite les justificateurs, ceux qui croient que les actions des radicaux sont moralement justifiées, et par idéologie. Enfin, au sommet de la pyramide,se situent ceux qui croient qu’il s’agit d’un devoir individuel de soutenir et de participer à des actions radicales, ceux qui ont une obligation morale personnelle. Ces derniers pensent que la menace sous laquelle ils vivent justifie une obligation individuelle d’agir.

La radicalisation de l’action

La pyramide d’action se réfère quant à elle aux actes que les individus accomplissent, à leur comportement. Alors que la pyramide du récit ne fait référence qu’aux croyances des personnes et au récit qu’elles utilisent, celle de l’action se réfère uniquement aux comportements. De même que la pyramide précédente, la pyramide de radicalisation de l’action possède quatre niveaux.

Dans le premier niveau, situé à la base, se trouvent les inertes/inactifs. Il s’agit de la majorité des personnes, celles qui n’agissent pas, ne font rien en faveur d’une idéologie radicale. Nous rencontrons ensuite les activistes. Il s’agit de ceux qui mènent des actions légales et non-violentes. Ces actions prennent généralement la forme de grèves et de manifestations relevant de la légalité de chaque pays, et dans lesquelles il n’existe aucun acte de violence.

Le niveau suivant de la pyramide se compose de radicaux. Il s’agit de ceux qui accomplissent des actes de violence et donc, des illégales. Ils détruisent les biens publics ou procèdent même à des agressions. Le dernier niveau, celui du sommet de la pyramide, se compose de terroristes, étant ceux qui effectuent des actions illégales et violentes, à l’instar des radicaux, mais en étant intégré dans une organisation classée comme terroriste, qui cible les civils.

pyramide de radicalisation

La relation entre les deux pyramides

Grimper dans une pyramide ne signifie pas grimper dans l’autre. Une personne peut justifier un conflit sans agir. Nous trouvons de nombreux exemples au sein d’institutions qui promeuvent des idées radicales mais qui ne mènent à aucune action. En revanche, il est plus compliqué que des personnes deviennent des terroristes sans avoir une idéologie radicale, mais ce n’est toutefois pas impossible. Effectuer des actions radicales et se convertir en terroristes nécessite une justification pour éviter la dissonance cognitive.

Cependant, l’escalade dans les deux pyramides se produit généralement en même temps. Que ce qu’une personne pense aille de pair avec ce qu’elle fait. De plus, la participation à un groupe radical permet d’apprendre le récit et l’idéologie radicale, bien que cela ne soit pas nécessaire pour initier une action radicale.

Enfin, nous trouvons une autre particularité : il est possible de sauter des étapes pour gravir la pyramide. Il est possible que quelqu’un d’inerte, qui n’effectue aucun type d’action pour la défense de son groupe, se livre à des actions radicales. Nous devons donc prendre en compte les dangers que peut présenter une radicalisation si rapide.