Protéger et être protégé : une source de bonheur

· 29 juillet 2018

Nous avons tous besoin de pouvoir compter sur un entourage qui nous apporte du soutien. L’être humain traverse des moments au cours desquels il se sent fragile et comprend qu’il a besoin d’être protégé. Il s’agit d’une nécessité fondamentale qui est présente de notre naissance jusqu’à notre mort.

Le désir et le besoin d’être protégé n’ont pas toujours la même intensité. Bien évidemment, ils deviennent plus forts quand nous nous trouvons dans un état de vulnérabilité manifeste. Quand nous tombons malade ou quand nous avançons dans un lieu inconnu, par exemple. En somme, quand nous faisons face à une situation qui implique un risque.

Le besoin fondamental d’être protégé augmente également quand notre état émotionnel est fragile, même s’il n’y a aucun risque externe. Dans des moments d’insécurité, de désespoir ou d’angoisse, la nécessité de pouvoir compter sur des personnes et de connaître des circonstances qui nous permettent de nous sentir à l’abri augmente.  Dans le fond, nous le savons tous. Mais semons-nous et consolidons-nous ces présences et ces liens de protection dans notre vie?

« La véritable mesure de justice d’un système est la quantité de protection qu’il garantit aux plus faibles. »

-Aung San Suu Kyi-

La genèse du sentiment de protection

En réalité, il y a une différence entre être protégé et se sentir protégé. Parfois, ces deux réalités vont de pair. D’autres fois, non. Se sentir protégé suppose d’avoir la certitude subjective d’être soutenu afin de sortir de ces situations au cours desquelles notre propre force ne suffit pas. Être protégé fait référence à quelque chose de plus concret: l’activation de ces soutiens.

Le fait de se sentir protégé est un sentiment très réconfortant. Il naît lors des premières années de notre vie et dépend en grande partie de notre mère. C’est lors de cette étape qu’on nous octroie ce sceau de protection.

La présence de la mère ou d’une figure de référence qui s’occupe de nous nous donne une sensation d’omnipotence lors de cette première étape. Comme si rien ne pouvait nous arriver. Evidemment, tout peut nous arriver, mais nous n’avons pas cette impression. Le contraire se produit aussi. Si cette mère est absente, l’univers tout entier semble nous menacer. Cette sensation, ou du moins une partie de cette sensation, reste gravée dans la façon dont nous nous lions aux autres et au monde lorsque nous grandissons.

mère et bébé

Être protégé: une affaire de liens

Lorsqu’un être grandit en ayant la sensation d’être protégé, il apprend à croire en lui et à faire confiance aux autres. Il parvient donc facilement à établir des liens de proximité et d’affection avec les autres. En revanche, s’il porte en lui une marque d’absence de protection, il lui sera difficile de vaincre sa peur de se lier affectivement aux autres.

La marque d’absence de protection complique aussi une chose: le fait de trouver un équilibre dans la façon de protéger les autres. Ou l’on retrouve une certaine négligence dans ce soin que nous pouvons prodiguer aux autres, ou c’est une jalousie excessive qui apparaît.

Ceci peut nous pousser à nous bâtir une carapace face au monde. Celle-ci serait une façon de remplacer la protection que nous n’avons pas reçue. Nous cherchons des endroits qui ne sont pas menaçants et nous nous y réfugions, en refusant d’en sortir. Un travail, une addiction, une relation… Tout ce qui peut nous empêcher de ressentir cette sensation d’être en péril. Or, le prix à payer est très haut.

protection

Routines et relations protectrices

Si nous portons en nous cette sensation de ne pas avoir été suffisamment protégés, cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus rien à faire. Bien au contraire: nous pouvons faire beaucoup de choses. Tout d’abord, prendre conscience du fait que nous avons ce vide en nous et que cela nous rend plus vulnérables face à la peur, à l’insécurité et au renfermement. Il faut du courage pour ne pas se laisser consumer par ces sentiments mais il est possible d’y arriver.

Il est important de reconnaître l’importance de la création de liens protecteurs avec les autres. De donner ce que nous n’avons pas. Parfois, on apprend lorsqu’on doit enseigner. La même chose se produit avec cette sensation d’être protégé. Si vous apprenez à protéger d’autres personnes, votre vide se réduira probablement. Et vous pourrez atteindre une réciprocité avec les autres.

amis

Il est donc nécessaire de créer des routines, des formes de vie qui vous permettent de faire disparaître ce sentiment d’exclusion qui accompagne ceux qui n’ont pas suffisamment été protégés. Faire partie d’un groupe stable devient aussi un moyen d’augmenter votre sentiment de confiance face au monde.

Bâtir une forteresse autour de vous et vous isoler n’est pas une bonne idée. Vous ne vous sentirez pas plus sûr de vous et ne ferez pas l’expérience de ce sentiment de protection. Bien au contraire. Vos peurs et vos précautions grandiront. Même si vous êtes effrayé, vous devez ouvrir cette porte et laisser les rayons du soleil entrer.