Processus de perte de poids : l'activation comportementale

07 février, 2021
On sait que l'activation comportementale apporte des bienfaits à l'heure de traiter les troubles dépressifs. Quels sont ses bienfaits dans les processus qui impliquent l'adoption de nouvelles habitudes saines ?

L’activation comportementale est surtout connue comme outil pour traiter certains troubles de l’humeur tels que la dépression. Ce type de stratégies visant à augmenter le répertoire de comportements présente divers avantages. Elle est par exemple utile en psycho-nutrition : l’activation comportementale peut, en effet, être un outil précieux pour perdre du poids.

Le psychologue et le nutritionniste peuvent jouer un rôle important à l’heure d’aider une personne à améliorer son IMC (indice de masse corporelle). S’il est vrai que l’acquisition de nouvelles habitudes demande un effort constant, l’activation comportementale peut servir d’outil d’accompagnement.

L’activation comportementale

L’activation comportementale étudie les fonctions du comportement d’un individu dans le moment présent en se basant sur son contexte et expérience. Elle aide l’individu à incorporer de nouvelles façons de procéder à son répertoire comportemental afin d’initier des habitudes saines qui façonnent un nouveau mode de vie, comme un processus de perte de poids.

La structure de base d’un programme d’activation comportementale repose sur l’activation. Nous considérons en effet que certains comportements peuvent ne pas être motivants. Effectuer ces comportements est néanmoins nécessaire pour obtenir des résultats à long terme.

En d’autres termes, l’activation comportementale consiste en la réalisation de certains comportements qui rapprochent la personne des habitudes dont elle a besoin pour atteindre son objectif requiert une motivation suffisante. Cette motivation peut toutefois venir plus tard, une fois qu’elle réalise le comportement.

En somme, l’activation comportementale fait que nous travaillons de “l’extérieur vers l’intérieur” (la motivation vient une fois que l’activité a été faite). Et ce, via la réalisation de certaines activités qui augmentent la probabilité d’instaurer certains comportements chez l’individu qui souhaite adopter un changement.

Un nutritionniste avec son patient.

Comment mettre en œuvre un programme d’activation comportementale dans les processus de perte de poids ?

La réalisation d’auto-enregistrements est d’importance vitale pour connaître le mode de vie des individus. Il est par ailleurs essentiel de collecter d’autres données clés pour initier l’activation comportementale.

La présence d’un nutritionniste ou d’un technicien en nutrition revêt une importance particulière. En effet, il convient que se soit le professionnel responsable des connaissances en nutrition qui initie le processus d’habitudes saines et de maintien d’un poids santé.

L’évaluation des capacités de changement de la personne présente également un intérêt particulier pour façonner les premiers pas vers des comportements qui les rapprochent de leurs objectifs. Une fois que nous connaissons les compétences et les capacités de l’individu, il sera possible de prendre des mesures.

Ils fixent pour cela de petites étapes pour le rapprocher de ses objectifs. L’idée est d’introduire lentement des changements, mais régulièrement. Cela permet d’éviter l’ennui et le manque de ressources, favorisant ainsi la stagnation de l’activation.

Les bienfaits de l’activation comportementale dans les processus de perte de poids

Nous avons antérieurement énuméré les habitudes à transformer en défis plus petits. La personne a ainsi la possibilité d’obtenir le renforcement qui découle de l’accomplissement des sous-objectifs ou des étapes intermédiaires, tout en augmentant la probabilité de fixer l’habitude. Parmi les bienfaits de l’activation comportementale, figurent les suivants :

  • Elle fournit à la personne un sentiment de compétence à l’heure d’effectuer certaines tâches qui peuvent s’avérer difficiles au début.
  • Elle augmente la motivation de la personne une fois qu’elle réalise l’objectif.
  • Elle enseigne d’autres compétences plus complexes ou met en lumière des compétences dont la personne n’avait pas conscience au départ.
  • Elle fait travailler les pensées et les émotions comme des éléments motivants ou inhibiteurs du comportement objectif, l’objectif principal étant la performance du comportement.

Quelles activités peuvent augmenter ou enseigner dans un programme de perte de poids ?

Une personne qui décide de suivre un programme de perte de poids ou de maintien d’un poids santé se fixe souvent des objectifs irréalistes. Par exemple, si une personne ne fait généralement pas d’exercice, courir 20 kilomètres dès le départ ne fera que contracturer son corps, ce qui sera un obstacle pour recommencer.

Plus encore, se fixer des objectifs irréalistes peut générer un sentiment de mal-être et de frustration. La personne pensera qu’elle n’est pas capable, alors que le problème réside dans le plan établit.

Une femme frustrée assise par terre.

Comportements souhaités et objectifs réalistes

L’activation comportementale aide à acquérir des habitudes saines. La personne observe alors en elle-même de petites modifications dans sa routine sans que ses objectifs ne dépassent ses capacités. Voici quelques exemples qui illustrent cela :

  • Aller au gymnase embarrasse une personne parce qu’elle ne sait pas quelle routine d’exercice faire. Elle estime que les exercices qu’elle connaît ne dureront que 20 minutes, ce qui lui semble insuffisant pour atteindre son objectif.
    • Avec l’activation comportementale, elle peut commencer à faire de l’exercice pendant ces vingt minutes, et ajouter progressivement de nouveaux exercices. L’activation alimentera la motivation personnelle.
  • Une personne décide de changer ses habitudes alimentaires, mais elle n’a pas assez de compétences en cuisine.
    • L’activation comportementale la ferait commencer par l’organisation du panier d’achat, évitant un certain pourcentage de produits ultra-transformés.
  • Une personne souhaite faire de l’exercice à l’air libre, mais elle a peur que les autres se moquent d’elle parce qu’elle est maladroite.
    • Dans ce cas, l’activation comportementale la ferait commencer par de courtes promenades.

Si, dans ces exemples, la personne réalise directement le comportement désiré (aller au gymnase pendant une heure, ne pas manger d’aliments ultra-transformés et cuisiner, aller courir), sans comportements intermédiaires et activation, il est fort probable qu’elle ne le fasse qu’une seule fois.

En somme, l’activation comportementale permet de réaliser certaines activités que nous ne faisions pas auparavant. Elle établit également sur le long terme les comportements recherchés.

Herrero, G. & Andrades, C.(2019). Psiconutrición. Editorial Arcopress (3 edición) (2019).
Martel,C.R., Dimidjan,S. & Herman – Dum, R. Activación conductual para la depresión: una guía clínica. Desclée de Brower (2013)