Pouvons-nous hériter de maladies mentales ?

16 juillet 2018 dans Psychologie clinique 0 Partagés
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Pouvons-nous hériter de maladies mentales ? Voici une question que certains d’entre nous se poseront un jour, notamment si certains membres de notre famille souffrent de troubles mentaux. De nombreuses recherches montrent en effet que certains troubles mentaux ont une charge génétique importante.

Les recherches ne sont cependant pas encore parvenues à déchiffrer toutes les questions sur la manière dont cette charge génétique agit ou influe. La science avance lentement. Nous en apprenons peu à peu davantage sur la transmission héréditaire des maladies mentales, même s’il reste encore beaucoup à faire.

La maladie, ou plutôt la santé en général, et aujourd’hui comprise comme un produit de l’interaction entre la génétique et l’environnement. Nous savons par ailleurs que ce qui est héréditaire n’est souvent pas la maladie, mais la volonté de la souffrir.

« Est-il possible d’hériter d’une maladie mentale ? C’est l’une des questions les plus souvent posées par les personnes ayant des problèmes de santé mentale. »
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Quels facteurs conditionnent notre santé ?

L’apparition de la maladie dépendra de nombreux facteurs. Il en va ainsi même dans les cas d’héritage de caractères dominants. Il est donc possible de passer toute sa vie sans que la maladie ne se manifeste si n’interviennent aucun facteurs prédisposants et de déclencheurs (l’étincelle qui enflamme la mèche portant la charge génétique).

Nous parlons dès lors de probabilités. Il n’existe donc aucune certitude que l’enfant d’un patient atteint de trouble mental manifestera la même maladieNous pouvons en revanche prédire que la probabilité de souffrir sera plus grande. Et si le père et la mère souffrent de la même maladie, la probabilité augmente encore plus.

Voyons maintenant quelle est la probabilité d’hériter de certaines des maladies mentales les plus connues.

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Probabilité d’hériter de maladies mentales : la schizophrénie

La schizophrénie est une maladie mentale grave qui affecte certaines fonctions cérébrales telles que la pensée, la perception, les émotions et le comportement. Ses symptômes appartiennent aux troubles psychotiques, amenant les patients à perdre contact avec la réalité.

Nous estimons que 1% de la population souffre de schizophrénie. Il est également estimé, sur la base de différentes études, que parmi 40 % des descendants de père et de mère schizophrènes manifesteront la maladie. Un autre 15% présentera des anomalies psychiques, mais non la même maladie.

Parmi les jumeaux bivitellins, le pourcentage d’incidence se maintien. Parmi les univitellines, la concordance est de 80%. Il est donc considéré qu’il s’agit d’une hérédité récessive, avec une pénétration incomplète du gène ou des gènes porteurs.

Probabilité d’hériter d’un trouble bipolaire

Le trouble bipolaire est une maladie grave en raison du danger et de l’invalidité associés. Il est également connu en tant que maladie maniaco-dépressive ou dépression maniaque. Les personnes atteintes de trouble bipolaire se caractérisent par des changements d’humeur inhabituels. Il s’agit de l’une des maladies mentales les plus redoutées.

Les personnes atteintes de trouble bipolaire se sentent parfois très joyeuses et « animées ». Elles sont par ailleurs beaucoup plus énergiques et actives que d’habitude. C’est ce que nous appelons un épisode maniaque. Les personnes atteintes de trouble bipolaire peuvent se sentir très tristes et « déprimés ». Avoir peu d’énergie et être beaucoup moins actives qu’à l’accoutumée. Ceci est connu comme un épisode dépressif.

0,4% de la population présente un trouble bipolaire. Il existe un risque que la maladie augmente lorsque les parents en souffrent. La concordance est de 95% parmi les jumeaux univitellins. Il semble s’agir d’un héritage de type dominant, avec une pénétration incomplète du gène.

Quelle est la probabilité d’hériter d’oligophrénie ?

La plupart des oligophrénies profondes (80%) sont dues à des causes exogènes. Autrement dit à des accidents ou des maladies dans la vie intra-utérine ou dans la petite enfance. Elles ne sont donc pas héréditaires.

80 % des oligophrénies légères ou d’intensité moyenne sont liées à l’hérédité. Il s’agit d’enfants de personnes ayant un faible QI. 80% des enfants ont un retard mental lorsque le père et la mère sont oligophréniques. Seulement 40% présentent un tel retard lorsque seul le père ou la mère est oligophrénique.

Un facteur négatif est que les oligophrènes s’unissent souvent les uns aux autres. De sorte que la probabilité liée à la génétique se déclenche. Il en est ainsi car il est très difficile de trouver des couples dans lesquels la distance de QI est très grande. Le mode de transmission est de type récessif. Hériter de maladies mentales, telles que l’oligophrénie, est possible, même si cela résulte en majorité de causes exogènes.

Qu’en est-il des autres maladies mentales telles que les névroses ?

Les névroses sont des réactions expérientielles anormales, fruit des circonstances. Elles ne sont donc pas liées à la masse génétique. La multitude de névroses dans un même arbre généalogique tend à être expliquée par « faux héritage ». Il s’agit d’une illusion produite suite à une « contagion émotionnelle » dans un contexte familial qui propice à cela.

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Il existe des antécédents héréditaires dans 70% des névroses. Les concordances chez les jumeaux univitellins sont de 83%, mais ne sont que de 23% chez les bivitellins. L’hypothèse d’une « contagion émotionnelle » resterait en question.

Il semble y avoir un arrière-plan constitutionnel à l’indiscutable psychogénie des névroses. Autrement dit, une prédisposition à réagir de façon neurotique face à des expériences pathogènes semble exister. Comme nous pouvons le constater, il est possible d’hériter de maladies mentales. Certains sont plus susceptibles que d’autres de l’être. Les études portant sur des jumeaux et les antécédents familiaux ont montré que les maladies mentales présentent une contribution génétique variable.


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