Pourquoi vaut-il la peine que les enfants fassent du sport ?

7 septembre 2018 dans Psychologie de l'éducation et du développement 0 Partagés
les enfants et le sport

Les images nous montrant des enfants qui jouent, qui s’amusent sont dotées d’un pouvoir de réconciliation avec le monde que peu d’autres images peuvent nous fournir. Dans ces moments nous voyons comme le temps, le futur et le passé, ainsi que l’espace disparaissent à leurs yeux. Eux sont là, s’amusant comme des enfants. C’est la seule chose qui importe dans chacun de nos gestes. Ainsi, le sport « innocent » renforce leurs muscles et élargit leurs poumons.

D’autres part, les enfants qui pratiquent inconsciemment du sport le pratiqueront rapidement de manière beaucoup plus régulée, contrôlée par des juges ou des arbitres ou encore par des entraîneurs. L’ambiance change alors : un goal ou un panier se transforme en quelque chose de beaucoup plus sérieux. Bien que cela ne soit plus comme avant, le fait que les enfants continuent à faire du sport de cette manière ou d’une autre leur apporte des opportunités de développement uniques, au-delà du fait d’être une future « étoile ».

Détaillons ces opportunités.

Les enfants et le sport : points positifs

Prendre un engagement et le respecter

La pratique régulée d’un sport pousse les enfants à suivre une certaine discipline. Il y a un moment pour se changer, un autre pour s’échauffer, un autre pour réaliser une petit préparation mentale, un autre pour entrer en compétition, un autre pour gérer la victoire ou la défaite… Aussi, au cours de la semaine ils peuvent devoir respecter des horaires déterminées et programmées pour les entraînements. Au fond, il y a donc un engagement que le petit se doit de respecter.

les enfants et le sport : s'engager et respecter son engagement

Certains jours, il aura davantage envie de se rendre au sport que d’autres ; mais il fait partie d’une équipe et en tant que membre de cette équipe, il se doit d’être présent. Ainsi, le sport est un contexte fabuleux qui permet aux enfants d’apprendre à s’organiser et à activer leur volonté afin de répondre à des moments déterminés.

Nourrir des attentes raisonnables

Le sport, déjà pour des jeunes enfants, se transforme en un champ de rendement. Bien souvent, sans que personne ne le lui dise, et même en laissant de côté un possible résultat, l’enfant sait parfaitement lorsqu’il a été bon ou lorsqu’il ne l’a pas été.

Ainsi, il apprendra que c’est souvent lui-même qui précipite la défaite lorsque dans les premières minutes de jeu il n’est pas capable d’entrer en piste ou lorsque les attentes sont très hautes et qu’il n’est pas capable de les satisfaire. Il apprendra donc à augmenter ses propres attentes lorsqu’il réalise de bonnes performances. Grâce au sport, il aura également l’opportunité d’apprendre à gérer la défaite et à se relever pour la compétition suivante. Il pourra même réfléchir et comprendre, avec de l’aide, comment les attentes des autres conditionnent ses choix, son exécution et son rendement.

Il pourra également apprendre à gérer la frustration et la colère contre soi-même.  C’est pour cette étape notamment que nous, parents, avons une bonne opportunité pour intervenir et leur apprendre à effectuer une dialogue interne constructif, avec lequel ils ne vont pas se maltraiter. Le mieux est d’en parler au cours d’une époque où nos paroles ont beaucoup d’importance sur les petits, avant qu’ils n’entament leur adolescence et qu’ils ne soient confrontés à l’influence grandissante de leurs semblables.

Développer leurs sens

Beaucoup des caractéristiques du jeu ou du sport sont liées à la vie en tant que telle. Par exemple, sur le terrain il y a des personnes qui vous suivent et vous soutiennent, tout comme dans le trajet vital. Si nous parlons d’un sport d’équipe, l’enfant apprendra à ne pas être seul, pour le meilleur et pour le pire. Il apprendra à partager les intérêts avec un groupe de personnes (gagner ou faire une bonne action) et également à soutenir ses coéquipiers pour obtenir de meilleurs résultats, car eux aussi le soutiendront.

le sport et l'entraide chez les enfants

L’enfant apprendra que lorsque certains projets commencent mal, il peut les retourner en faisant preuve d’efforts et d’intelligence. Un goal ou une mauvaise sortie n’impliquent pas la défaite finale. Cela signifie uniquement qu’il sera plus difficile de gagner, mais cela n’est pas pour autant impossible. Il apprendra également que parfois, les autres ne peuvent rien faire pour lui, que cela soit par exemple organiser le jeu ou bouger rapidement leurs jambes.

Nous pourrions continuer à mettre l’accent sur des parallélismes, mais peut être que le dernier et certainement le plus spécial serait celui-ci : avec le sport, les enfants apprennent l’importance de l’anticipation. Que cela soit au jeu, ou au contraire. Ils savent qu’une mauvaise passe demande un effort supplémentaire, mais ils savent également qu’une bonne passe ou une interception du ballon avant qu’il n’atteigne les pieds ou les mains est au contraire un avantage énorme. En fait, le sport se convertit donc en un exercice privilégié d’attention soutenue pour les enfants qui sont dotés d’une cortex pré-frontal (celui chargé de l’organisation du comportement et de la prise de décisions) en plein développement.

Finalement, bien que le sport soit une scène parfaite pour l’apprentissage, nous ne devons jamais oublier l’image avec laquelle nous avons débuté cet article. Celle des enfants qui sont au parc, qui jouent et profitent. Car ce qui est sûrement le mieux dans le sport au cours de l’enfance, c’est qu’il est souvent l’un des meilleurs fils conducteurs pour les premières amitiés et l’un des meilleurs arguments faisant référence à des histoires d’enfances heureuses. 

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