Pourquoi suis-je si fatigué quand je suis anxieux ?

27 octobre, 2020
Les personnes qui souffrent d'anxiété souffrent aussi souvent d'un type d'épuisement persistant qui limite grandement leur vie. La cause de ce phénomène est bien connue. Nous en parlons ci-dessous.

Pourquoi suis-je fatigué quand je suis anxieux ? Beaucoup de gens se posent cette question lorsqu’ils traversent ces périodes de lutte psychologique difficile.

Le corps est lourd, les muscles sont douloureux, il y a une pression sur la poitrine et on ressent à tout moment le besoin de s’asseoir un instant pour retrouver de l’énergie (et même de l’envie). Pourquoi ? Qu’est-ce qui explique ce phénomène ?

Cette réalité a été étudiée depuis le début du XXe siècle et, plus précisément, depuis la Première Guerre mondiale. Une chose que l’on a observée dans les services hospitaliers est le nombre de soldats qui sont revenus du front et qui n’avaient pas seulement des blessures sur le corps.

Beaucoup d’entre eux souffraient de troubles anxieux et de dépression. De plus, outre les problèmes mentaux, un autre symptôme est apparu : l’épuisement extrême et persistant. Les médecins ont appelé cette manifestation “la fatigue de combat”.

Ainsi, au fil des décennies, cette réalité clinique et tous les processus biochimiques et physiologiques qui accompagnent ces états psychologiques sont désormais bien mieux compris. Analysons-les ensemble.

Fatigue et anxiété vont de pair.

Pourquoi suis-je si fatigué quand je suis anxieux ? Les causes à prendre en compte

La fatigue a généralement deux origines : soit elle est le résultat d’un effort physique maintenu dans le temps, soit elle répond à des causes psychologiques. Il est tout à fait possible que cette dernière cause puisse sembler contradictoire à plus d’un. Cependant, les données sur les questions de travail, par exemple, sont là.

Dans une étude menée au département de psychiatrie de l’université du Manitoba au Canada, un élément intéressant a été analysé. Le coût pour le monde du travail de l’impact de la dépression et des troubles anxieux est immense.

L’une des dimensions les plus étroitement liées au congé maladie est la fatigue. De nombreuses personnes se sentent incapables de se concentrer et d’être productives dans la réalisation de leurs objectifs.

De plus, il est même fréquent que ces personnes ne parviennent pas à mener une vie normale. Les activités qu’elles aiment leur demandent maintenant trop d’efforts et d’énergie. Pourquoi ? Découvrez dans la suite de cet article quelles sont les causes principales.

Adrénaline et anxiété : une activation physique sans répit

Le stress et l’anxiété entraînent tous deux une augmentation de la production d’adrénaline et de noradrénaline. Ces deux hormones n’ont qu’un seul but : nous aider à réagir ou à nous échapper face à une menace.

  • Ainsi, le stress peut augmenter le rythme cardiaque et respiratoire, la pression sanguine et aussi faciliter la sécrétion de cortisol. Toutefois, dans des circonstances normales, cette réaction est brève. Une fois que la menace a disparu, le corps revient à un niveau normal.
  • Lorsque l’anxiété est persistante (et que la menace n’est pas concrète), la présence de ces hormones dans l’organisme est continue, ce qui est très néfaste, car les symptômes suivants apparaissent : épuisement, maux de tête, troubles digestifs, tachycardie, etc.

En moyenne, lorsqu’une personne souffre d’un trouble anxieux, l’épuisement n’est pas le seul symptôme perceptible. Il est courant de vivre plusieurs des dimensions énumérées ci-dessus. Tous ces éléments sont clairement le résultat d’un corps et organisme toujours actifs, prêts à réagir à quelque chose. Comme on peut bien l’imaginer, c’est épuisant.

Les muscles sont les plus touchés

Toute personne qui souffre d’anxiété de façon continue ou qui en a fait l’expérience à un moment donné de sa vie sait bien que cela affecte les muscles. Cet état psychologique transforme le corps en une lourde dalle : les jambes sont blessées, les bras ne peuvent pratiquement pas supporter de poids, et la zone du dos et du cou est une autre des plus critiques.

Les muscles sont une région où l’anxiété a un grand impact. Le cerveau transporte, en effet, une grande partie de l’énergie vers les muscles afin de faciliter cette réaction de fuite ou de combat. La tension accumulée au fil des jours finit par se faire sentir sous forme de douleur et d’épuisement.

Votre cerveau peut également vous transmettre un message

Lorsque quelqu’un se demande pourquoi il est fatigué alors qu’il est anxieux, il doit prendre en compte un détail : peut-être que son corps exprime quelque chose. Peut-être que cet épuisement est un mécanisme de défense du cerveau. Il émet une réponse d’épuisement généralisé pour nous forcer à nous arrêter.

Cependant, il y a un détail à considérer : l’épuisement causé par l’anxiété ne se résout pas en dormant trente heures d’affilée. En d’autres termes, le repos physique ne résout pas le problème mental.

Cette réponse d’épuisement généralisé émise par le cerveau cherche également à nous faire arrêter de réfléchir. Changer les habitudes, établir des priorités, gérer les émotions, régler les problèmes d’hier et d’aujourd’hui sont les meilleures stratégies.

Des facteurs organiques peuvent expliquer pourquoi je suis fatigué quand je suis anxieux.

Vous êtes fatigué et anxieux ? Ne négligez pas les facteurs organiques

Nous savons que l’anxiété a de nombreuses manifestations psychologiques et organiques : inquiétude constante, problèmes de concentration, troubles du sommeil, douleurs abdominales et épuisement physique. Cependant, il ne faut pas supposer que cette fatigue constante est un effet évident de cet état mental.

Il est conseillé de consulter votre médecin pour savoir ce qui vous arrive. Dans de nombreux cas, cette fatigue peut également être à l’origine d’une altération de la thyroïde, d’un problème d’anémie, etc.

Pour le traitement des troubles anxieux, il est conseillé de faire appel à un psychologue et de se faire superviser par son médecin de famille. Lorsque le corps parle, il faut non seulement l’écouter, mais aussi lui donner la réponse dont il a besoin.

  • Enns W. William, Bernstein. Charles (2018) The association of fatigue, pain, depression and anxiety with work and activity impairment in immune mediated inflammatory diseases. Plos One. doi: 10.1371/journal.pone.0198975