Pourquoi faisons-nous mal à ceux que nous aimons?

· 6 juillet 2015

Le cerveau humain est programmé pour avoir de l’empathie envers les personnes aimées.

Des chercheurs de l’université de Virginie ont démontré qu’en situation de danger, notre esprit ne fait pas la distinction entre notre propre sécurité et celles des personnes qui comptent pour nous.

La capacité de la personne à se mettre à la place de l’autre, dépend du fait que la personne soit un inconnu ou une personne de son entourage.

Selon les chercheurs, le cerveau humain fait une distinction entre les personnes connues et les étrangers, de telle manière que l’entourage social se confond avec le sentiment de soi au niveau neurologique.

En effet, Jame Coan, professeur à l’université de Virginie affirme qu’“avec la familiarité, les autres personnes deviennent une part de nous-mêmes”.

Les êtres humains ont évolué vers une identité propre dans laquelle les êtres aimés font partie du réseau neuronal. C’est pourquoi, les personnes ont besoin d’avoir des amis et des alliés.

Les chercheurs ont trouvé que les régions du cerveau responsables de la réponse à la menace du danger, entrent en activité lorsqu’un ami est en danger, de manière fondamentalement identique à l’activité déclenchée lorsque le danger est propre à soi. 

Cependant, lorsque la menace concerne un étranger, ces zones du cerveau montrent peu d’activité.

Selon Coan, la découverte montre la capacité d’intégration du cerveau, de sorte que les personnes proches deviennent une part de nous-mêmes.

Cela provoque chez la personne un sentiment de danger réel lorsqu’un ami ou une personne aimée est en danger.

Selon les propres termes de Coan: “si un ami est en danger, nous agissons de la même manière que si nous étions nous-mêmes en danger.

Nous pouvons comprendre la douleur ou la difficulté que celui-ci ressent de la même façon que nous le faisons par rapport à notre douleur.”

Pourquoi faisons-nous mal à ceux que nous aimons?

Compte tenu de ce qui précède, il est inévitable de nous poser la question suivante: pourquoi certaines personnes sont capables de faire mal à des gens qu’ils aiment? Pourquoi des explosions se produisent? Que se passe-t-il lorsqu’une personne se comporte cruellement avec une autre?

Ces attitudes, qui sont souvent de courte durée et qui se produisent épisodiquement, montrent le côté le plus vulnérable des personnes.

Elles sont une réponse pour séparer l’autre de notre propre réseau neuronal, comme une réponse naturelle d’auto-protection.

Une des solutions pour briser ce schéma est de renforcer l’estime de soi et de reconnaître que le comportement négatif envers nos proches quand nous éprouvons de la haine envers eux, est une manifestation de la haine que l’on ressent envers nous-même.

Ces comportements sont trop souvent appris au sein de la famille et sont transmis de génération en génération. Cette étude fournit des indices intéressants sur la manière de briser le cycle.

Si une personne tente de ne pas se défendre de soi-même, il sera possible de conserver les autres qui font partie de son réseau neurologique, ce qui renforce le sentiment d’être digne d’amour entre-eux.

Nous avons besoin des autres plus que toute autre chose

Un des aspects les plus intéressants de cette étude est qu’elle reflète le fait de ne pas ressentir de l’empathie avec les êtres aimés comme le reflet du manque d’amour propre.

Il faut comprendre que cette haine envers soi-même est neurobiologique, qu’elle provoque la cruauté envers les êtres chers.

Il faut en être conscient pour ne pas perpétuer ce cycle vicieux envers l’autre.

Il est donc possible de comprendre que la réaction instinctive à la menace est de contre-attaquer en légitime défense, ce qui fausse le cercle vicieux de la colère et de la méfiance.

Si une personne se déteste, il est logique que sa réponse empathique envers ses êtres chers sera un échec.

C’est pour cela qu’il est important de développer l’amour propre et l’auto estime.