Pourquoi est-ce que je crie quand je suis en colère ? Que puis-je faire ?

De nombreuses personnes ne peuvent s'empêcher d'élever la voix lorsqu'elles sont en colère. Nous savons que le recours aux cris ne résout rien, bien au contraire, mais il s'agit parfois de quelque chose que nous avons du mal à contrôler. Que pouvons-nous faire dans ces cas-là ?
Pourquoi est-ce que je crie quand je suis en colère ? Que puis-je faire ?

Dernière mise à jour : 07 octobre, 2021

Personne n’aime crier. Le cerveau répond en nous mettant en état d’alerte, en intensifiant la tension et la tendance à fuir ou à agir. Cependant, nous avons tous été dans cette situation à un moment ou à un autre… Pourquoi est-ce que je crie quand je suis en colère ? Parfois, sans nous en rendre compte, nous élevons la voix plus que nous ne le devrions, surtout si nous sommes au milieu d’une dispute ou si quelqu’un nous a manqué de respect.

Il est également très courant pour de nombreux parents de regretter d’avoir crié sur leurs enfants lorsqu’ils étaient en pleine crise de colère, en train de faire des bêtises ou d’avoir un comportement inapproprié. Le calme fait défaut, l’esprit agit par instinct et les rôles sont perdus. Puis, bien sûr, viennent les remords et le raisonnement classique du « cette fois sera la dernière ».

De cette façon, et bien que nous sachions tous que crier fait mal, ne résout rien et crée des distances, cela fait partie du comportement humain. Nous voyons des couples se crier dessus sur la plage ou au restaurant, des patrons crier sur leurs employés, ou même des enseignants crier en classe lorsqu’ils doivent attirer l’attention d’un élève.

Quelle est la raison de ce mécanisme ? S’agit-il d’un instinct ou d’un but précis ? En outre, si nous sommes nous-mêmes enclins à ce genre de comportement, que pourrions-nous faire pour le contrôler ?

« Je suis plutôt dans la convulsion, le cri et le hurlement du sang. »

-Alejandra Pizarnik-

femme en colère en train de crier

Pourquoi est-ce que je crie quand je suis en colère ?

Le cri sert un objectif évolutif : il alerte le groupe d’une menace ou d’un danger. C’est un instinct que nous partageons avec les animaux et qui nous aide depuis des temps immémoriaux. Nous pourrions le décrire comme une vocalisation primaire, une vocalisation qui est déjà évidente chez les nouveau-nés et qui informe souvent les parents de leurs besoins.

Cependant, des travaux de recherche tels que ceux menés à l’Université d’Oslo (Norvège) mettent en évidence quelque chose d’intéressant. Les cris humains peuvent refléter jusqu’à six émotions primaires. Non seulement nous crions de colère, mais cette réaction est souvent le reflet de la douleur, de la peur, de la joie, de la tristesse et de la passion.

Par ailleurs, l’un des auteurs de ces travaux, le Dr Sasha Frühholz, souligne que le cerveau réagit très fortement aux cris car il les traite comme des stimuli menaçants. En d’autres termes, vous pouvez soudainement crier de joie et de bonheur, mais cette réaction sera toujours surprenante et désagréable pour ceux qui ne s’y attendent pas.

Cela nous amène à un autre fait. Certaines personnes ont une plus grande tendance à utiliser cette ressource. De nombreuses personnes se demandent : pourquoi est-ce que je crie lorsque je suis en colère et que puis-je faire pour l’éviter ? Nous savons que c’est un comportement désagréable, qu’il nous éloigne des autres et que loin d’être cathartique, il nous accable de regrets.

Ce sont les raisons pour lesquelles nous y avons recours.

Crier, comme vous avez été éduqués

Nous crions parce qu’on nous a crié dessus depuis que nous sommes enfants. Parce que c’est la façon dont nos parents ont communiqué. Ordres, reproches et simples commentaires… Lorsque nos parents nous ont élevés en utilisant un ton de voix élevé ou punitif, ce schéma est ancré en nous et nous le répétons.

Élever la voix pour dominer la situation

Parfois, il y a un manque de ressources, de compétences sociales ou de stratégies de communication. Lorsque quelqu’un demande pourquoi nous crions quand nous sommes en colère, la réponse peut résider dans quelque chose de très simple. Nous avons la conviction subtile qu’en élevant la voix, nous parvenons à dominer la situation et à nous imposer face l’autre personne.

Il est important de savoir que les cris dans la communication humaine sont une forme d’agression. Vous ne dominez pas ou ne gagnez pas un argument en élevant la voix. Ce que nous obtenons en agissant ainsi, c’est l’intensification d’un malaise et la mise en place d’une distance.

Pourquoi est-ce que je crie quand je suis en colère ? Mauvaise gestion des émotions

Les gens sont des êtres émotionnels qui raisonnent. Notre première réaction sera toujours de nous laisser emporter par les émotions que nous ressentons et, si nous ne les régulons pas, les effets peuvent être impulsifs, irrationnels et explosifs. Il n’est pas facile de maîtriser les états émotionnels de valence négative car ils présentent une forte activation physiologique.

Des études telles que celles menées à l’Université du Connecticut et au Centre médical de l’Université du Minnesota mettent en évidence un élément que nous devons garder à l’esprit. Les crises de colère chez les enfants sont toujours de bonnes occasions de les éduquer à la régulation émotionnelle. Cette expressivité dans laquelle le cri est une constante doit être gérée, régulée et contrôlée.

L’enfant qui n’apprend pas à autoréguler ses émotions devient un adulte impulsif qui crie, qui se laisse emporter par la colère, la frustration, l’énervement…

homme énervé au travail

Je veux arrêter de crier, comment faire ?

Le recours aux cris construit un style de communication violent, punitif et abusif. Il n’y a rien à en tirer. Le leader ne dirige pas en criant et en faisant pression. Le parent qui a recours aux cris utilise la violence. Ainsi, celui qui finit par élever la voix chaque fois qu’il se dispute avec quelqu’un fait preuve d’incompétence émotionnelle et communicative.

Si je me demande pourquoi je crie, il est également important de m’engager à arrêter de crier. Voici quelques clés qui peuvent nous aider :

  • Rappelez-vous les expériences passées et les conséquences liées au fait d’élever la voix.
  • Engagez-vous à respecter les relations interpersonnelles. La première étape consiste à faciliter l’écoute active et l’empathie : entrez en contact avec la personne en face de vous, avec respect. Comprenez sa réalité sans réagir ou imposer.
  • Contrôlez la colère et la frustration.
  • Reconnaissez votre schéma de réaction, comprenez ce qui vous fait réagir et recourir aux cris. Contrôlez ces déclencheurs, réfléchissez-y afin de ne pas agir simplement à l’instinct.
  • Lorsque vous avez envie de crier au milieu d’une dispute ou d’une situation particulière, comptez jusqu’à 10.
  • Engagez-vous à changer : soyez responsable de vous-même et de votre comportement.
  • Apprenez des techniques de communication telles que l’affirmation de soi, l’argumentation, la négociation…

En conclusion, pour arrêter de crier, il est bon de commencer à être plus gentil avec soi-même. Pour gérer les émotions négatives, il faut se connaître, se contrôler et être capable de transformer ces processus en des états plus harmonieux. Quelque chose comme cela nécessite de se connecter avec soi-même afin d’effectuer un changement. L’un des meilleurs : cesser d’élever la voix.

Cela pourrait vous intéresser ...
La théorie recalibrationnelle pour expliquer la colère
Nos Pensées
Lisez-le dans Nos Pensées
La théorie recalibrationnelle pour expliquer la colère

La théorie recalibrationnelle s'éloigne de l'idée d'un besoin de frustration pour que la colère surgisse : celle-ci surgirait d'un besoin de pouvoi...



  • Frühholz S, Dietziker J, Staib M, Trost W (2021) Neurocognitive processing efficiency for discriminating human non-alarm rather than alarm scream calls. PLoS Biol 19(4): e3000751. https://doi.org/10.1371/journal.pbio.3000751
  • Green, J. A., Whitney, P. G., & Potegal, M. (2011). Screaming, yelling, whining, and crying: categorical and intensity differences in vocal expressions of anger and sadness in children’s tantrums. Emotion (Washington, D.C.)11(5), 1124–1133. https://doi.org/10.1037/a0024173