7 phrases à ne pas dire à une personne traumatisée

Un traumatisme exige qu'on s'y attarde. Découvrez les phrases à ne pas dire à quelqu'un qui en a été victime pour mieux l'aider.
7 phrases à ne pas dire à une personne traumatisée
Valeria Sabater

Rédigé et vérifié par Psychologue Valeria Sabater.

Dernière mise à jour : 11 décembre, 2022

Personne n’est à l’abri de la souffrance, des coups de la vie et des tragédies sous toutes leurs formes. À tel point qu’il y a très peu de personnes qui parviennent à éviter l’empreinte d’un traumatisme psychologique dans leur vie. Une enfance de carences, du harcèlement scolaires, la perte d’un être cher, des agressions, des événements sociaux néfastes, une relation affective compliquée…

La première fois que ce terme est apparu, c’était en 1880. Cependant, cette réalité clinique était déjà décrite dans les écrits d’Hérodote sur la bataille de Marathon en 490 av. J-C. Le célèbre écrivain et géographe a raconté l’histoire d’un lancier athénien qui a soudainement perdu la vue sans raison apparente. Plus tard, il a découvert que cet homme portait avec lui les mauvais souvenirs d’une guerre.

Des siècles plus tard, et tout au long de la Première Guerre mondiale, des médecins et des psychiatres britanniques ont diagnostiqué chez la plupart des soldats ce qu’ils ont défini comme un shell shock (choc de l’obus). Nous avons parcouru un long chemin depuis lors dans le traitement et l’approche psychothérapeutique de cette condition.

Cependant, le problème est le social, le personnel, le quotidien de nos liens. Nous ne savons pas tous comment nous adresser à quelqu’un qui nous révèle un événement traumatisant ou qui en souffre depuis longtemps. Analysons cela.

Savoir communiquer avec ceux qui portent en eux une situation de stress post-traumatique peut servir d’ancrage et de soutien à leur rétablissement.

personne traumatisée
Nombreuses sont les personnes qui vivent pendant des années avec le souvenir d’un événement indésirable qu’elles ne savent pas traiter.

Que ne faut-il pas dire à une personne traumatisée ?

Le mot traumatisme évoque un récit dans lequel quelqu’un est victime d’un agresseur, d’un événement ou d’une circonstance face à laquelle il est complètement sans défense. Après cette expérience, l’esprit reste coincé dans cet événement et est incapable de le transformer en une certaine symptomatologie. La mémoire revient fréquemment à ces événements et tout stimulus déclenche le souvenir.

Le comportement change, l’identité est altérée et les émotions sont à fleur de peau. Il est difficile de dormir, l’anxiété et le stress brouillent complètement la capacité de contrôle et les symptômes physiques, tous comme les psychiques, sont aussi complexes qu’invalidants. De plus, gardons quelque chose à l’esprit : tout le monde ne révèle pas l’événement traumatisant ou ne demande pas d’aide spécialisée.

Une enquête menée grâce à la collaboration d’universités du monde entier indique que plus de 70 % des personnes interrogées pour ce travail ont déclaré avoir subi un traumatisme. Les données sont accablantes, mais c’est une réalité évidente dont il faut être conscient. Une personne traumatisée a besoin de soutien, de ressources et de compréhension. Tout commence par une bonne communication.

Comprenons quelles sont les phrases, expressions et commentaires que nous devrions éviter et pourquoi.

Un traumatisme est un événement inattendu qui menace notre vie et notre intégrité. Il n’est pas facile de traiter ces expériences etn si notre environnement ne nous soutient pas ou n’agit pas de manière appropriée, ce fait peut être encore plus dérangeant.

1. Pourquoi me le dis-tu maintenant et pas quand c’est arrivé ?

Une personne ne révèle pas toujours un événement traumatisant quand il se produit, mais quand elle le peut. Cela signifie, par exemple, que les parents peuvent ne pas savoir que leurs enfants ont été abusés par des tiers jusqu’à l’âge adulte. Il est vrai que ces révélations sont surprenantes et déconcertantes, mais il faut répondre correctement à ce défi.

Ce dont la personne qui vient de raconter l’histoire d’un événement traumatique a le plus besoin, c’est qu’on y croie, qu’on la valide sans aucune trace de reproche et qu’on l’accompagne.

  • L’expression correcte dans ces cas est « Merci de me le dire et de me faire confiance, je t’aime et je te soutiens ».

2. Avance, c’est du passé : l’une des phrases à ne pas dire à une personne traumatisée

S’il y a un commentaire récurrent et dévastateur qu’une personne traumatisée entend, c’est « tourne la page et passe à autre chose ». Ces mots invalident la douleur présente et invalident celui qui souffre. Les survivants d’une expérience défavorable savent déjà que cet événement appartient à hier, mais ils souffrent ici et maintenant et ont besoin d’aide en ce moment même.

  • L’expression correcte dans ces cas est : « Tu es en sécurité maintenant et je suis avec toi ».

3. À partir de maintenant, tout ira mieux, aie confiance

La tentation de dire à une personne traumatisée que tout va bien peut être très grande ; c’est comme si on essayait de faire disparaître un problème en claquant des doigts. Cependant, pour ceux qui souffrent, le problème ou l’inquiétude continuera d’exister, même si nous ne le voyons pas. Peu d’aides sont moins paralysantes, voire blessantes, lorsque nous écartons ainsi les autres et leurs préoccupations.

Évitons de tomber dans l’inertie de l’utilisation de cette phrase et essayons de valider fondamentalement tout ce que la personne traumatisée ressent. Ne promettons rien.

  • L’expression correcte dans ces cas serait : « Je sais que tu souffres, je suis avec toi et tu es en sécurité. »

4. Laisse-moi t’aider

« Laisse-moi t’aider, faisons ceci ou cela et tu verras comment tu te sentiras mieux ». Beaucoup peuvent se demander ce qu’il y a de mal à dire à la personne traumatisée que nous voulons l’aider et la soutenir. Comment ne pas le faire ? Cependant, dans le cas où nous ne sommes pas des professionnels spécialisés, il vaut mieux mettre de côté cette tentative. Soyons solidaires, mais ne cherchons pas « à être la solution ».

Il faut garder à l’esprit que chaque victime a des besoins, des caractéristiques uniques qui ne facilitent pas toujours l’apport de cette aide. On peut être frustré et augmenter la souffrance de l’autre. Ne nous chargeons pas de la responsabilité de guérir l’autre.

  • L’expression correcte dans ces cas serait : « De quoi as-tu besoin ? Comment puis-je t’aider en ce moment précis ? »
personne traumatisée en thérapie
Faire face à un traumatisme doit se faire dans un environnement thérapeutique. En tant que famille et amis, notre travail consiste à être proches et à accompagner.

5. Tu dois apprendre à pardonner : une autre phrase à ne pas dire à une personne traumatisée

Dans les cas où le traumatisme découle d’une agression ou d’abus, il est courant que nous recommandions à la victime de pardonner. Cependant, pardonner ou non n’est pas toujours la solution, ni une étape obligatoire pour surmonter un traumatisme. En général, ceux qui ont subi ce type d’expérience portent en eux un mélange de peur, de colère et d’angoisse.

Laissons ces émotions agir en premier. Personne ne pourra demander pardon s’il est encore saisi par la rage et la douleur.

  • L’expression correcte dans ces cas sera : « Je sais que tu es en colère et que tu ressens de la rage, c’est compréhensible ».

6. Cette expérience te rendra plus fort

Toutes les souffrances ne nous donnent pas de force, et nous n’avons pas non plus besoin de souffrir pour savoir ce qu’est la vie. La douleur, la plupart du temps, n’est que cela : une blessure qu’il faut guérir pour respirer à nouveau, un événement traumatisant qu’il faut surmonter pour avancer. Évitons donc de tomber dans l’idée éculée que la personne qui a traversé quelque chose d’adverse sera forcément plus forte.

  • L’expression correcte dans ces cas sera : « Je sais que cette expérience t’a profondément marqué ».

7. Tu dois parler de ton expérience, la laisser sortir

Une personne traumatisée parlera de ce qui s’est passé lorsqu’il se sentira prêt et préparé. Pensons que, parfois, devoir raconter certaines choses leur fera revivre une souffrance face à laquelle nous ne saurons pas tous comment agir. Permettons-lui d’avancer dans ce cheminement dans un environnement thérapeutique et spécialisé.

Essayons de ne pas exercer de pression car parfois, d’autres mécanismes thérapeutiques sont nécessaires pour gérer le traumatisme. Ne pensons pas qu’en laissant sortir ce que nous avons en nous, tout se résout par magie. Il y a un processus et il y a des lignes directrices.

  • L’expression correcte dans ces cas serait : « Si tu as besoin de parler de quoi que ce soit, je suis là pour toi ».

Pour conclure, il est très possible qu’avec cette liste de phrases qu’il ne faut pas dire à quelqu’un qui est aux prises avec un traumatisme, un faux mythe ait été brisé. Quoi qu’il en soit, si nous voulons vraiment aider quelqu’un dans ces circonstances, nous obtiendrons beaucoup en restant à proximité et en accompagnant ; oui, c’est quelque chose qui demandera un effort, nous faisant occuper pendant un temps une position dans laquelle nous ne serons peut-être pas entièrement à l’aise, mais c’est précisément ce que signifie vraiment prendre soin de quelqu’un.

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  • Benjet C, Bromet E, Karam EG, Kessler RC, McLaughlin KA, Ruscio AM, Shahly V, Stein DJ, Petukhova M, Hill E, Alonso J, Atwoli L, Bunting B, Bruffaerts R, Caldas-de-Almeida JM, de Girolamo G, Florescu S, Gureje O, Huang Y, Lepine JP, Kawakami N, Kovess-Masfety V, Medina-Mora ME, Navarro-Mateu F, Piazza M, Posada-Villa J, Scott KM, Shalev A, Slade T, ten Have M, Torres Y, Viana MC, Zarkov Z, Koenen KC. The epidemiology of traumatic event exposure worldwide: results from the World Mental Health Survey Consortium. Psychol Med. 2016 Jan;46(2):327-43. doi: 10.1017/S0033291715001981. Epub 2015 Oct 29. PMID: 26511595; PMCID: PMC4869975.
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