Phobie d’impulsion : qu’est-ce et comment est-elle traitée ?

10 janvier 2018 dans Psychologie 41 Partagés
Phobie d'impulsion

La phobie d’impulsion est la peur extrême de suivre une impulsion, perdre le contrôle et de blesser les autres ou soi-même. Certaines classifications diagnostiques considèrent la phobie d’impulsion comme une variante de trouble obsessionnel compulsif (TOC) dans la mesure où il s’agit d’une pensée intrusive qui envahit ou enferme l’esprit du sujet, de sorte que ce dernier réalise un type de comportement ou de pensée (compulsion) afin de abaisser l’anxiété que cette pensée génère.

Nous expliquerons ci-dessous comment identifier la phobie d’impulsion et comment elle est traitée.

Comment identifier la phobie d’impulsion ?

D’un point de vue professionnel, la phobie d’impulsion est une variante du trouble obsessionnel compulsif. Cependant, indépendamment de la considérer comme un type de TOC ou comme une phobie en soi, nous parlons d’un diagnostic caractérisé par une peur intense de nos propres impulsions.

Les principales caractéristiques cliniques qui définissent ce trouble sont :

  • Invasion de pensées qui tournent autour du fait de suivre une impulsion et de perdre le contrôle.
  • Le contenu de cette pensée a à voir avec l’anticipation d’une « agression » : à soi-même ou aux autres.
  • Une peur intense pour le simple fait d’expérimenter de telles pensées.
  • Adopter des comportements préventifs ou évitants pour empêcher que ce types de pensées ne se transforment en réalité

femme dans l'obscurité

Quelles sont les impulsions les plus fréquentes ?

Les personnes qui recourent à la consultation et sont diagnostiqués avec une phobie d’impulsion sont souvent en mesure d’identifier les pensées qui déclenchent leur peur de nuire à leur proche (conjoint, parents ou enfants), de sauter du balcon, de faire une embardée tout en conduisant sur l’autoroute. Dans toutes ces hypothèses, une fusion entre l’action et la pensée est observée chez le patient.

Le processus de développement de la phobie d’impulsions est :

  • La personne a une pensée ou une image où elle se « voit » mettre en oeuvre une impulsion et perdre le contrôle d’elle-même.
  • Cette pensée ou image est évaluée comme catastrophique.
  • Par conséquent, la personne met toutes les ressources psychologiques dont elle dispose pour « effacer » ces pensées ou ces images. Dans la mesure où se concentrer sur la pensée est une mauvaise stratégie, l’angoisse que cela génère se manifeste plus intensément et les pensées d’anticipation deviennent encore plus puissantes.
  • Puisque le contenu des pensées ne peut être contrôlé (personne ne peut le faire), la personne renforce le pouvoir de l’idée qui fait allusion à la perte de contrôle, intensifiant la sensation de peur.
« Les personnes qui consultent le psychologue pour une phobie d’impulsion se réfèrent souvent à des pensées qui déclenchent la peur de nuire aux membres de leur famille (couple, parents ou enfants). »
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Les conséquences les plus fréquentes de la phobie d’impulsion

Tout type de TOC ou de phobie (si l’objet de la peur est présent tous les jours) entraîne une diminution significative de la qualité de vie du patient. Cela résulte du fait que la personne s’efforce de contrôler la peur et éviter les situations anxieuses. Ainsi, progressivement et sans s’en rendre compte, elle finit par renoncer à différents aspects de sa vie personnelle, consommant une bonne partie de son énergie en essayant de contrôler la peur.

De même, l’une des principales conséquences de la phobie d’impulsion est le sentiment d’avoir un ennemi à l’intérieur de soi. Étant un trouble égodystonique (il existe une dissonance entre ce que la personne pense et veut), l’auto-exigence de contrôler les pensées est très élevée, alors même que la personne a le sentiment qu’elle se bat contre elle-même.

En d’autres termes, l’obsession et la peur face à l’impulsion envahissent l’attention du patient, mais ce dernier croit que, parce qu’il s’agit de quelque chose d’extérieur, il peut le contrôler. Ne pouvant y parvenir, il sent que c’est lui-même qui cause l’obsession et donc le sentiment de « se battre contre ce que ma tête me dit ». Avec le temps, cette lutte interne mène à l’anxiété et à la dépression, lesquelles doivent également être traitées en thérapie.

femme préoccupée par sa phobie d'impulsion

En quoi consiste le traitement de la phobie d’impulsion ?

Le traitement de la phobie d’impulsion, quel que soit l’objet de l’obsession (qu’il s’agisse de se blesser soi-même ou à autrui) doit toujours être psychologique ; pouvoir le combiner, si l’anxiété est extrême, avec un traitement psychopharmacologique prescrit par un psychiatre. D’une manière générale, l’approche thérapeutique de cette phobie suit les lignes de traitement utilisées pour les cas de TOC.

« Tout type de TOC ou de phobie (si l’objet de la peur est présent tous les jours) provoque une diminution significative de la qualité de vie du patient. »
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Nous disons qu’il doit toujours être psychologique, car c’est le psychologue qui dispose de la formation et l’expérience qui lui permet d’obtenir que le patient (en utilisant une série de techniques psychothérapeutiques) parvienne à des changements profonds dans les aspects suivants :

  • Comprendre comment le problème est apparu et quel est son fonctionnement actuel.
  • Évaluer et identifier les solutions essayées pour résoudre le désordre et qui ont échoué.
  • Améliorer les solutions essayées qui fonctionnent.
  • Que le patient soit capable de comprendre comment fonctionne son esprit et son trouble. Et prendre ainsi le contrôle de ce qui lui arrive.
  • Détacher la personne de ses pensées : penser que quelque chose ne signifie ni le faire, ni être capable de le faire, ni augmenter la probabilité que cela se produise.
  • Récupérer des aspects de la vie que la personne valorise mais qu’elle a négligés.
  • Prévenir les rechutes et consolider les outils psychologiques acquis.

Enfin, il convient de noter que, bien qu’il existe différents types d’approches psychologiques pour concevoir un traitement en cas de phobie d’impulsions, il existe seulement des études sur l’efficacité des stratégies cognitivo-comportementales.

Cela ne signifie pas que d’autres approches ne sont pas valables, mais il n’a pas été scientifiquement prouvé qu’elles fonctionnent ou non. Probablement parce qu’aucune étude n’est réalisée sur d’autres modèles thérapeutiques plus compliqués à standardiser (ex : thérapie brève stratégique).

Si vous vous identifiez comme une personne souffrant de phobie d’impulsion, gardez à l’esprit qu’il s’agit d’un problème psychologique qui plus tôt vous l’affronterez plus tôt vous vous en libérerez. Le psychologue est votre meilleur allié ! Arrêtez de tergiverser, et si vous en avez besoin, franchissez le pas : demandez de l’aide.


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