Les pensées catastrophiques ou la peur de vivre

15 novembre 2016 dans Psychologie 0 Partagés

Les personnes cernées par les pensées catastrophiques ont tendance à voir des conséquences affreuses dans tous les événements.

Si elles ont mal au ventre, elles ont peur d’aller chez le médecin, car elles suspectent une tumeur maligne.

Si elles allument un feu de camp, dans leur tête apparaît l’image d’une brûlure au troisième degré, due à une négligence.

Quand elles montent dans un avion, des images d’elles sur les bouées de sauvetage défilent dans leur esprit.

Par nature, on a tendance à réagir avec une certaine dose de peur ou d’appréhension face à la nouveauté et à l’incertain.

Cependant, pour certaines personnes, ce petit cumul de peur se transforme en un catastrophisme sans limites, qui les assiège et fait de leur existence un véritable enfer.


« Le soleil brille de toutes parts, mais certains ne voient que leurs ombres. »

-Arthur Helps-


Les personnes qui ont des pensées catastrophiques sont emplies de mauvais pressentiments. Le fil de leurs raisonnements, généralement, se construit à partir du postulat « Et si… ».

C’est la raison pour laquelle leur esprit est envahit par des questions comme « Et si je prenais le bus et qu’il avait un accident ? »… « Et si j’exposais mes idées et que tout le monde se moquait de moi ? »…

« Et si en traversant l’avenue, je ne me rendais pas compte qu’une voiture arrivait à toute vitesse ? »… Elles s’imaginent toujours le pire de toutes les possibilités dans chaque situation.

La nature des pensées catastrophiques

Les pensées catastrophiques ne sont pas un problème indépendant ; en général, elles sont associées à des états d’anxiété et/ou de dépression bien plus profonds.

Les personnes qui présentent un haut degré d’anxiété pensent, par exemple, qu’elles souffrent d’un infarctus si leur rythme cardiaque augmente.

Celles qui souffrent de dépression se visualisent elles-mêmes en situation d’abandon et de rejet, vivant sous un pont, faisant l’aumône dans la rue ou mourant seules dans un hôpital de charité.

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Nous avons tous des pensées catastrophiques parfois, mais ce qui fait d’elles un symptôme important, c’est la régularité de ces raisonnements et leur caractère obstiné.

Bien sûr, on peut aller au zoo et être attaqué par un lion, mais les probabilités que cela arrive sont infimes.

On peut aussi être renversé par une voiture, mais il y a bien plus de personnes à qui cela n’est jamais arrivé que de personnes ayant subi ce genre d’accident.

Pour les personnes qui ont des pensées catastrophiques, cette probabilité infime prend des proportions énormes.

Cela est dû au fait que se produit chez elles une déformation de la pensée se traduisant par le fait de ne pas prendre en compte l’information objective de la probabilité de survenance, mais l’information subjective de la réitération du danger.

En d’autres termes, l’idée de ces risques absurdes est tellement présente dans l’esprit de la personne affectée que cette dernière finit par avoir la sensation que la survenance de ces risques est probable.

Autre qu’une prédisposition naturelle, d’autres facteurs influent sur la surestimation de cette probabilité, tels que l’entourage ou encore les médias.

Dans le cerveau humain, une pensée récurrente influe même sur la manière dont se connectent nos neurones.

Plus on pense à quelque chose, plus cette idée reste ancrée dans notre esprit. C’est ce qui arrive dans le cas des pensées catastrophiques : elles se répètent tellement qu’elles restent figées.

Et comme elles restent figées, elles se répètent constamment, même s’il est évident qu’il ne s’agit que d’une auto-tromperie.

Les catastrophes et la peur de vivre

Nous passons tous, à un moment ou à un autre de notre vie, par une situation que l’on considère comme catastrophique.

Tôt ou tard, nous serons tous confrontés à la mort d’un être cher, à des problèmes de santé difficiles à gérer, ou encore à l’incertitude de ne pas savoir quoi faire après un changement radical dans notre vie.

Cependant, si ces situations étaient constantes, on ne le supporterait pas.

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Ce que les personnes assiégées par les pensées catastrophiques ne comprennent pas, c’est que ces situations sont susceptibles d’être traitées et surmontées.

Au fond, ce qu’elles craignent, c’est de rester dans une situation d’extrême vulnérabilité : des situations face auxquelles elles ne peuvent pas réagir, ou qui les laissent, littéralement, paralysées et incapables de faire quoi que ce soit.

Finalement, cela suppose d’ignorer un fait : on compte sur des recours pouvant nous permettre d’offrir une réponse face à toute situation, aussi difficile soit-elle.

Ce que cachent les personnes qui ont des pensées catastrophiques, c’est sûrement une enfance difficile.

Dès leur plus jeune âge, on leur a appris que le monde est hostile, et que les dangers ne sont jamais bien loin.

Lorsqu’elles étaient petites, sûrement ne savaient-elles pas d’où allait provenir le prochain risque, et par conséquent, elles se sont construit un mécanisme de pensée démesurément défensif.

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Face à ce type de pensées, il est bon de faire une pause et de prendre le temps de les évaluer, afin de les passer par « un filtre de réalité ».

De plus, nous serons plus à même de penser aux possibles réponses pouvant être données face à ces dangers si nous commençons par la prévention.

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