Peur des chats ou ailurophobie : causes et traitements

Beaucoup les adorent, et certains les craignent. La peur des chats n'est pas aussi courante que la phobie des chiens, mais dans certains cas, elle peut être tout aussi limitante. Découvrons les caractéristiques et les causes possibles de cette phobie.
Peur des chats ou ailurophobie : causes et traitements

Dernière mise à jour : 28 janvier, 2021

Mystérieux, intelligents, vigilants, agiles et toujours enveloppés dans cette aura éternelle entre élégance et énigme, les félins sont les protagonistes de nombreuses légendes et même d’histoires terrifiantes, comme l’histoire désormais classique d’Edgar Allan Poe, Le Chat noir. Ainsi, la peur des chats est pour certains quelque chose de justifié et de réel.

C’est une phobie très limitante dans un monde qui, de manière générale, adore ces créatures. Parler de phobies, c’est entrer dans un monde aussi ordinaire que singulier à la fois.

Nous sommes confrontés à l’un des troubles psychiatriques les plus courants. Il s’agit d’une peur irrationnelle qui peut gêner être une entrave dans la vie quotidienne. Et s’il y a un aspect qui définit cette condition, c’est bien la difficulté évidente à trouver l’origine de cette peur démesurée.

En 1914, le psychologue américain G. Stanley Hall a publié sa désormais célèbre étude génétique sur la peur dans American Journal of Psychology. Il y a identifié 136 phobies (la liste est beaucoup plus longue aujourd’hui).

De son côté, la référence pour l’étude de l’ailurophobie ou de la peur des chats est le neurologue américain Silas Weir Mitchell. En 1902, ce neurologue a commencé à collecter le plus d’informations possible pour mieux comprendre ce type de phobie. Découvrez ci-après ce que nous savons aujourd’hui sur ce trouble.

Les causes de la peur des chats.

Quelques considérations préalables

En 1791, dans une petite ville de Plymouth, un jury a conclu que le coupable de la mort d’un bébé était un chat. L’animal, disait-on, avait “absorbé” le souffle de l’enfant conduit par l’ordre d’une sorcière. C’était, comme nous le supposons bien, des temps d’obscurantisme et de fanatisme où les félins étaient associés à des sorts maléfiques.

Les peurs irrationnelles se nourrissent souvent de ces peurs ataviques qui, à l’occasion, accompagnent l’homme depuis l’Antiquité. En ce qui concerne l’ailurophobie, ce n’est pas clair.

Comme l’a expliqué le neurologue Silas Weir Mitchell, cette condition présente plusieurs particularités. Pour commencer, la phobie des chats ne concerne que les chats et non les autres félins. Autrement dit, il n’a pas une aversion pour les lynx, les tigres, les lions, etc.

Les personnes concernées peuvent donc visiter un zoo. En revanche, elles ne seront pas capables d’entrer dans une pièce où se trouve un chat. Même si elles ne voient pas l’animal, car ce dernier se trouve enfermé dans une autre pièce, elles peuvent quand même avoir une crise de panique.

Peur des chats ou ailurophobie : caractéristiques et manifestations

Les phobies peuvent se manifester de multiples manières et avec une intensité variable. De manière générale, les principales caractéristiques sont les suivantes :

Les réactions émotionnelles

  • Aversion et dégoût envers les chats.
  • Éviter de rendre visite à des amis ou à la famille qui ont un chat.
  • Blocages.
  • Colère face à l’incompréhension des autres. 

Les réactions cognitives (pensées)

  • Incapacité de penser à autre chose face à un chat.
  • Pensées paranoïaques, imagination de scénarios.

Les symptômes physiologiques

  • Tachycardie, vertiges, transpiration…
  • Douleur thoracique, sensation d’étouffement.
  • Mal au ventre.
  • Crises de panique.

Peur des chats ou ailurophobie : les causes

L’origine des phobies peut être non spécifique. En d’autres termes, il n’est pas toujours facile de déterminer la cause de la peur, ni même ce qui l’alimente. Dans la plupart des cas, il n’y a même pas d’élément déclencheur. Pour les autres, l’élément déclencheur est l’un des deux cas de figure suivants :

  • Expériences négatives avec des chats. Le fait d’avoir été griffé ou mordu par ces animaux à un moment donné dans l’enfance peut déclencher un souvenir traumatique.
  • La peur d’un animal peut être transmise de parent à enfant. Il suffit que certains parents montrent cette répulsion envers les chats pour que les enfants finissent par développer une phobie.
Le traitement de la peur des chats.

Peur des chats ou ailurophobie : les traitements

Toute phobie, quelle qu’elle soit, tient son origine dans l’anxiété. Des peurs irrationnelles, des pensées déformées, des émotions incontrôlées et des comportements qui échappent à notre contrôle se mélangent.

Une personne souffrant d’ailurophobie voit sa vie quotidienne limitée par ce type de peur, il est conseillé de demander une aide spécialisée. La stratégie d’adaptation commence généralement par les techniques suivantes :

  • La thérapie d’exposition. Dans ce cas, il s’agirait de rapprocher la personne de ces stimuli anxieux (chats), afin de médiatiser les réactions cognitives et émotionnelles.
  • La thérapie cognitivo-comportementale est la plus adaptée pour permettre à la personne de bien gérer ses phobies. Grâce à elle, nous pouvons détecter les pensées inadaptées, réguler les émotions et intégrer des comportements plus adaptés.
  • Les techniques de relaxation et de respiration sont également très appropriées dans ces situations.

Bien que cette phobie ne soit pas aussi courante que la phobie des chiens, elle peut être tout aussi épuisante. Après tout, les chats sont des locataires communs dans de nombreux foyers. Il est ainsi essentiel de traiter cette condition psychologique pour mieux vivre.

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  • André, C. (2006). Psicología del miedo. Temores, angustias y fobias. Barcelona. Editorial Kairós.
  • Bourne, E. J. (2005). The Anxiety & Phobia Workbook, 4ª ed. New Harbinger Publications.
  • Louis S. London, M.D. (1952). Ailurophobia and ornithophobia. The Psychiatric Quarterly 26: 365-371.
  • S. Weir Mitchell, M.D. (1905). Of ailurophobia and the power to be conscious of the cat as near, when unseen and unheard. Transactions of the Association of American Physicians 20: 4-14.