Les personnes qui donnent pour recevoir ou qui font des faveurs pour pouvoir en demander en retour

25 juillet 2017 dans Emotions 435 Partagés

Parfois, les gens ne font pas de faveurs mais tiennent de véritables comptes. Sans vous le dire ouvertement. Ils font passer leur aide pour un acte de générosité et, quand vous vous y attendez le moins, ils vous rappellent ce qu’ils ont fait pour vous. Ou pire : ils vous collent des obligations que vous n’avez jamais accepté de suivre.

Celleux qui agissent de cette manière se protègent derrière un faux concept de gratitude. Ils pensent que toutes les faveurs impliquent d’être retournées et ne cherchent jamais à vérifier si l’autre personne pense aussi de cette façon. Ces gens apparaissent donc pour réclamer leur dû ou attendent que vous fassiez quelque chose pour eux, sans même vous le demander. Si vous ne faites rien, ils se mettent en colère et montent un véritable show de victimisme.


« Celui qui fait une faveur à quelqu’un qui le mérite se récompense lui-même. »

-Macrobe-


Vous comprenez finalement que la faveur qui vous a été faite n’était pas une faveur mais un piège. Dans ces cas, cette aide met en marche un mécanisme de contrôle et de manipulation que l’autre activera quand il en aura envie. Cela a des allures de piège car il s’agit d’une sorte de contrat que vous n’avez jamais signé. Celui/Celle qui vous a fait cette faveur l’a signé pour vous.

Les faveurs et leurs motivations

Il y a des contextes très clairs où une faveur rendue implique une dette envers quelqu’un. La politique, par exemple. Cela est aussi vrai pour le champ professionnel : si vous couvrez un-e collègue, vous vous attendrez à ce qu’il en fasse de même quand vous passerez par une mauvaise passe. Dans ces deux exemples, il existe un facteur qui rend l’équation transparente : ce sont des faveurs entre des gens unis par un lien pratique, pas par un lien familial ou affectif.

Les faveurs dans le milieu des affaires se font entre des gens qui n’ont pas nécessairement à travailler main dans la main. Il est évident que si l’on aide quelqu’un, c’est par pur intérêt. Il n’y a pas de piège. Mais cela ne veut pas dire que l’on ne reçoit pas de faveurs d’inconnu-e-s ou que l’on n’offre pas d’aide à quelqu’un d’étranger. Vous pouvez aider quelqu’un qui en a besoin uniquement par principe, ou simplement parce que c’est ce que vous voulez à ce moment-là.

Quand on entre dans le cadre des relations plus étroites, qui implique des liens d’affections ou des liens plus forts, la faveur ou la gratitude devraient en principe être totalement gratuites. Vous aidez votre famille, votre compagnon/compagne ou vos ami-e-s parce que vous le voulez, parce que vous le pouvez et parce que vous vous sentez mieux en faisant cela. Quand vous les aidez, vous ressentez de la satisfaction. Vous n’avez pas de petit carnet mental dans lequel vous inscrivez les dettes des autres. Si vous tenez des comptes, ne dites pas que vous avez fait une faveur : dites plutôt que vous avec commencé une affaire.

Quand le remède est pire que la maladie

Malheureusement, il y a beaucoup de personnes qui tiennent les comptes des faveurs qu’elles ont faites. Le plus grave étant qu’elles les réclament quand elles le veulent, comme elles le veulent. Même si aucun accord explicite n’a jamais été validé par l’autre, elles peuvent apparaître en toutes circonstances pour réclamer la faveur qu’elles vous ont rendue.

Cela devient plus grave quand vous devez « payer » une faveur en supportant la maltraitance ou la violence de celui/celle qui vous l’a faite. Il est fréquent que des personnes agressives et contestataires soient « généreuses » avec les autres. Elles vous font une faveur. Puis elles se fâchent, explosent ou deviennent hystériques. Si vous ne dites rien, tout va bien. Mais si vous dites quelque chose, elles vous renvoient à la figure la faveur qu’elles vous ont rendue. Et elles le font en toute impunité. Même l’abus sexuel est parfois établi sur une chaîne de faveurs.

Il est également fréquent de voir que les faveurs rendues et non-rendues fassent partie du discours de celleux qui se victimisentIl s’agit de l’un des traits habituels de celleux qui se font elleux-mêmes pitié. Iels tiennent un long inventaire où iels notent tout ce qu’iels ont fait pour les autres. Et, bien évidemment, de tous les détails des occasions au cours desquelles leurs multiples faveurs n’ont pas été rendues. Cela les aide à soutenir leur sophisme basique : iels sont victimes des autres.

Une maxime populaire dit qu’une faveur, pour être une faveur, doit se faire avec ingratitude. Cette affirmation est complètement juste. La faveur est le fruit de la générosité, de la conscience du fait que tout être humain dans le besoin doit être soutenu par celleux qui sont capables de le faire. Toute faveur se base sur la satisfaction de celui/celle qui la fait. De celui/celle qui donne, montre des capacités et un pouvoir, dans le meilleur sens du terme. Pourquoi en demander davantage ?

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