Pardonnez-vous, tout simplement

· 14 février 2018

Pardonnez-vous. Soyez suffisamment courageux pour faire preuve de compassion envers vous-même. Cessez de vous critiquer, de culpabiliser, de penser à ce qu’il se serait passé si vous aviez agi d’une autre façon… Pourquoi vous maltraitez-vous autant ?

Pensez-vous réellement que vous progresserez en vous traitant de cette manière ? Croyez-vous que vous punir est la solution à toutes vos erreurs ? Une erreur n’est qu’une façon d’essayer ce qui a échoué, ce n’est pas une raison pour se noyer. Pardonnez-vous.

Vous n’avez pas besoin de vous détester, de vous réprimander intérieurement, de vous attribuer tous les qualificatifs les plus négatifs que vous trouvez… Ce que vous avez fait et les erreurs que vous avez commises ne doivent pas, à partir de maintenant, constituer la majeure partie de votre identitéComment pouvez-vous réduire tout ce que vous êtes à une erreur ? Pourquoi cachez-vous vos valeurs, vos qualités, tous ces magnifiques traits qui vous composent ? Pardonnez-vous.

Je comprends, vous ne vouliez pas que les choses se passent de cette façon, ce n’était pas votre intention. Mais ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi vous vous cachez désormais dans l’immense caverne du mépris de soi-même. Laissez-moi vous raconter quelque chose. Je ne veux pas vous convaincre, je veux simplement que vous réfléchissiez. Ensuite, vous déciderez vous-même de quoi faire.

femme triste

L’erreur est humaine

L’erreur est humaine. C’est comme ça. Se tromper est normal, surtout si nous voulons évoluer. Ce n’est pas une chose qui n’arrive qu’à vous: tout le monde fait des erreurs. Certains en commettent chaque jour, d’autres de temps en temps… Nous faisons tellement de choix au cours d’une vie qu’il est impossible de toujours identifier la meilleure option. Comme le disait William James, même quand nous devons faire un choix et ne le faisons pas, c’est quand même un choix : or, en tant que tel, il existe aussi une probabilité que l’on ait commis une erreur.

Comme vous le voyez, vous n’avez rien fait de bien original. Tout le monde est déjà passé par cela. On pourrait même dire qu’il s’agit d’une norme et pas d’une exception. Même si vous vous entêtez à penser tout le contraire. Une erreur est une invitation à découvrir un autre chemin, une autre manière de faire les choses. Un trampoline pour mieux rebondir et s’améliorer. Ce n’est pas un trou dans lequel nous tombons et restons bloqués, abandonnés, sans la moindre issue de secours. Ce n’est pas non plus une raison pour vous punir, pour être à la fois votre juge et votre bourreau.

Cependant, il y a des erreurs et des erreurs. Il faut bien le dire. Il y a celles qui ne se font pas intentionnellement et d’autres qui impliquent une offense et une humiliation intentionnelles envers d’autres personnes. Celles-ci sont beaucoup plus complexes et demandent un traitement spécial, surtout si elles se répètent dans le temps.

Ce sont peut-être des marques d’orgueil, de ressentiment ou d’immaturité émotionnelle. Dans tous les cas, quand on perd le contrôle, il vaut mieux consulter un professionnel. Mais je ne suis pas là pour vous parler de ce type d’erreurs. Je veux vous parler de la première classe. De celles que nous commettons plus souvent et qui se transforment en véritables chaînes…

Ne devenez pas votre pire ennemi

Vous ne vous en êtes peut-être pas encore rendu compte mais, à partir de votre erreur, vous vous êtes petit à petit transformé-e en votre pire ennemi-e. Le premier jour, vous avez pleuré et pensé que vous aviez agi comme un-e idiot-e mais, ensuite, vous n’avez fait que vous adresser des mots empoisonnés. Vous vous êtes déclaré la guerre.

Vous êtes tombé dans l’auto-critique la plus vorace et la plus violente…jusqu’à atteindre un mépris extrêmement profond. Tout cela en silence. Oui, pendant que vous viviez au quotidien, pendant que vous alliez dans tous les sens, sous la douche, dans votre lit… Sans vous en rendre compte, vous vous êtes catalogué comme un monstre et même si à l’extérieur personne ne s’en rend compte, votre intérieur s’est complètement brisé.

Vous avez peut-être laissé quelques indices, comme par exemple être sur la défensive ou être plus éteint que d’habitude. Vous avez peut-être même limité un peu plus votre vie. Vous ne voulez plus faire certaines choses ou, parfois, vous avez cessé de parler avec les autres. Le fait est que l’acte de commettre une erreur a complètement envahi votre vie et vous a déboussolé.

Le doute, la préoccupation excessive, la comparaison, la culpabilité et la critique sont désormais vos meilleurs amis. C’est comme si vous ne saviez rien faire sans eux. S’ils n’apparaissent pas, vous partez à leur recherche. Vous êtes devenu prisonnier du mal-être.

oeil avec larme

Pardonnez-vous pour avancer

Vous continuez à croire que vous avez affronté votre erreur de la meilleure façon possible ? Vous pensez que devenir votre pire ennemi est le prix à payer pour vous être trompé ? Laissez-moi vous dire une chose : non. Vous êtes beaucoup plus que la collection de toutes vos erreurs.

Pardonner est apprendre à laisser aller pour vous réinventer.

Pardonnez-vous. C’est le seul chemin pour rompre avec tout ce que vous avez construit jusque là. La meilleure manière de briser les chaînes qui vous entravent et de pouvoir avancer. Mais ne le faites pas parce que vous le devez ou parce que vous êtes en train de le lire: vous devez le faire parce que vous le ressentez au plus profond de vous.

Ce qui est fait est fait. Vous ne pouvez pas le changer. Vous n’avez pas le pouvoir de voyager dans le passé pour modifier ce qu’il s’est produit. En revanche, vous avez le courage suffisant pour réparer cette erreur en cherchant d’autres alternatives. Cela ne veut pas dire que vous l’ignorez mais que vous avez le courage suffisant pour en prendre la responsabilité.

Regardez-vous dans le miroir et réconciliez-vous avec vous-même. Demandez-vous pardon. Faites-le réellement, en le pensant avec votre cœur. Donnez-vous une autre chance. Car rien ne nous enseigne plus de choses qu’une erreur. Si nous la considérons comme un maître et non pas comme un compagnon, bien sûr.