Quand il n’y a pas de haine à l’intérieur, il n’y a pas d’ennemis à l’extérieur

· 4 mai 2017

Notre personnalité et notre manière unique de voir la vie conditionnent la façon dont nous construisons nos relations avec les autres. Dans certaines situations, nous projetons nos propres caractéristiques sur les personnes de notre entourage, en leur attribuant des comportements ou des pensées qui sont en fait les nôtres. Ainsi, avoir des ennemis peut être davantage lié à la manière dont nous affrontons les situations dans notre esprit qu’aux circonstances qui, objectivement, nous concernent.

Parfois, la pire attaque que nous pouvons subir ne vient pas de l’extérieur, mais de nous-même. Dans les situations où nous nous sentons agressé-e-s par des attaques extérieures, des conditions internes telles que la colère, l’impuissance et la honte sociale sont des émotions qui nous donnent l’impression d’être fragiles et en insécurité, et qui rendent propice l’émergence de pensées qui consistent à voir les autres comme des ennemi-e-s.

Pour notre stabilité émotionnelle, il est fondamental de savoir différer la colère que ces situations provoquent en nous. Savoir quelles sont les situations et les circonstances qui vont faire injure à notre vie est crucial pour identifier les personnes ou les événements auxquels nous sommes confronté-e-s.

Il ne fait aucun doute que la pire attaque n’est pas celle qui arrive de l’extérieur, mais celle qui a lieu à l’intérieur, qui provoque une auto-dévalorisation. Cette dévalorisation fait de nous notre pire ennemi, car notre équilibre émotionnel dépend en grande mesure de notre estime de nous-même.

« Vaincre l’ennemi est une victoire ; mais se vaincre soi-même en est une d’autant plus grande. »

-José de San Martín-

Quand l’ennemi, c’est vous

Robert J. Sternberg, professeur de l’Université de Yale et ancien président de l’Association Américaine de Psychiatrie, distingue au moins deux types d’ennemis : les extérieurs et les intérieurs.

Les ennemis intérieurs, comme leur nom l’indique, sont ceux que l’on trouve en nous, comme nos pensées. Les pensées négatives nous enferment dans une boucle qui nous mène systématiquement à la colère, à la haine, au fait de voir l’autre comme un-e ennemi-e et qui provoque des situations douloureuses.

Cet ennemi intérieur provient de l’irrationalité que ces pensées négatives produisent en nous. Le bien-être émotionnel dépend fondamentalement du fait de ne pas se laisser emporter par les pensées automatiques, car elles ont des caractéristiques très négatives :

  • Elles sont irrationnelles, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas de lien avec les faits objectifs, avec la réalité.
  • Elles sont automatiques, elles fonctionnent comme un reflet physique qui a lieu sans que nous voulions le déclencher.
  • Elles sont exagérées, dramatiques et toujours négatives. Elles génèrent un énorme mal être émotionnel et de surcroît, gratuit, sans que nous puissions en tirer un quelconque profit.

« Vos pires ennemis ne peuvent pas vous faire autant de mal que vos propres pensées. »

Comment contrôler les ennemis ?

Gandhi pratiquait une méthode passive pour « lutter » contre ses ennemis : la non-résistance constructive. C’est une manière active d’appréhender l’ennemi avec des moyens positifs, une manière pro-active de faire face aux adversités. Dans les relations personnelles, il y a un large éventail de situations auxquelles nous devons nous confronter. Pour faire face aux situations de conflit, il est important de :

  • Ne pas se disputer pour le simple fait de se disputer.
  • Ne pas se disputer pour faire gonfler l’ego.
  • Ne pas se disputer pour exalter notre orgueil.
  • Ne pas se disputer pour vaincre notre adversaire ou pour le punir.
  • Se disputer uniquement pour obtenir une meilleure fin à la situation.
  • Lutter pour réussir à dépasser ses problèmes.

Même si nous nous efforçons, les situations conflictuelles ne disparaissent pas de notre vie, et il est donc essentiel d’apprendre à contrôler l’effet qu’elles provoquent en nous.

« Notre ennemi est notre meilleur maître. Face à un maître, nous pouvons apprendre l’importance de la patience, le contrôle et la tolérance, mais nous n’avons pas de réelles opportunités pour les pratiquer. La véritable pratique surgit du fait de se retrouver face à un ennemi. »

-Dalaï Lama-

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Images de David de las Heras