Il n’y a pas de blanc sans noir, il n’y a pas de lumière sans obscurité

· 26 mai 2017

Il n’y a pas de blanc sans noir, il n’y a pas de bonheur sans tristesse. Pour ce qui est des couleurs, notre choix se base sur les goûts, du moins en partie. Cependant, lorsqu’il est question d’émotions, les choses semblent bien moins changeantes . On rejette celles qui génèrent en nous du mal-être, et on ouvre les bras à celles qui nous apportent du bien-être. Cependant, sans les unes, il n’y aurait pas les autres, ou en tout cas pas de la même manière. Seriez-vous capable de valoriser la joie si vous n’aviez jamais eu l’opportunité d’expérimenter la tristesse ?

On a tendance à fuir les mauvaises situations. Parfois, on se résigne à souffrir et à être victime de circonstances que, selon nous, il nous est impossible de changer. Une attitude assez passive, donc, qui nous mène à nous éloigner de la responsabilité de notre propre vie. Or, si vous pouvez vous plonger dans toutes ces expériences négatives, pourquoi ne pourriez-vous pas apprécier leur opposé ?


« La réalité est bien plus réelle en noir et blanc. »

– Octavio Paz –


Il n’y a pas de blanc sans noir

Le fait que l’on se plonge dans le négatif sans même être capable d’ouvrir les yeux face au positif puise son origine dans les illusions et les attentes de ce qui, selon nous, nous rendra heureux-ses. On se dit qu’une vie épanouissante doit être emplie de bonheur, et qu’au contraire elle doit bannir le manque d’argent, les adieux, les maladies, les relations toxiques…

Nous fuyons tout cela de même que nous fuyons les erreurs commises. Et quand on ne peut y échapper, cela nous rend triste. Pourtant, ce n’est pas de cette façon qu’il est le plus judicieux de considérer les choses ; grâce aux expériences négatives vous êtes en mesure d’en apprécier le contraire, à savoir les expériences positives. La beauté de l’équilibre, du quotidien, de l’abondance, de la satisfaction de vos besoins.

Pourquoi méprisons-nous le mauvais si cela nous permet pourtant d’y voir plus clair et de prendre conscience du bon ? Si vous ne vous étiez jamais trompé-e, probablement aujourd’hui ne connaîtriez-vous pas la moitié de ce que vous connaissez. Si on ne vous avait jamais menti, vous ne seriez pas en mesure de prendre conscience de la valeur de l’honnêteté, car vous ne sauriez pas à quel point, parfois, cette option peut être tentante. D’autre part, si vous n’aviez jamais été déçu-e par un-e ami-e, vous n’auriez aujourd’hui aucune idée de ce que représente l’amitié, la vraie… Cela nous prouve donc bien que la plupart du temps, les antagonismes naissent de notre savoir.


Il y a toujours quelque chose de bon dans le mauvais, il y a toujours quelque chose de beau dans le moche. Il suffit d’ouvrir les yeux et de voir vraiment.


C’est dans nos relations que nous souffrons le plus, car là que nous prenons le plus pleinement conscience de ce besoin d’être toujours chargé-e-s d’émotions positives et jamais d’émotions négatives. Dans les relations que l’on entretient avec les autres, que ce soit en amitié ou en amour, ce sont nos attentes qui conditionnent en grande mesure les désillusions que nous portons.

L’importance d’être réaliste

Personne n’est à l’abri de souffrir, et ce n’est pas plus mal ; il y a beaucoup de personnes négatives dans ce monde, et bien des circonstances qui vous mettront à l’épreuve. Si ces personnes ne vous avaient pas fait de mal à un moment donné de votre vie, vous n’auriez jamais su discerner les personnes vraies de celles qui veulent profiter de vous. Toutes les choses négatives qui vous arriveront comportent une part positive.

Peut-être pensez-vous que derrière une infidélité ne se cache rien de bon, surtout si votre compagnon/compagne vous a trompé-e avec une autre personne. Cependant, à la longue, vous vous rendrez compte que, en voyant les choses depuis cette perspective, cela a été quelque chose de positif pour vous : son infidélité vous a donné la motivation suffisante d’en finir avec une relation qui n’avait rien de plus à vous donner.

D’autre part, l’expérience des « relations désastreuses » peut vous avoir donné le bagage suffisant pour que maintenant, vous ayez une idée bien claire de ce que vous voulez et de ce que vous ne voulez pas. De fait, une rupture nous apprend toujours quelque chose, et en l’occurrence que cette personne de qui vous vous êtes séparé-e n’était pas faite pour vous. De plus, grâce à ces relations, vous prendrez conscience de l’étendue de votre tendance à agir dans les situations difficiles, celles que vous affrontez déjà et qui vous font perdre patience.

Sans nous en rendre compte, parfois, ce n’est pas la lumière que l’on cherche, mais l’obscurité. Combien de fois avez-vous cru que le fait de posséder des choses pourrait vous rendre heureux-se ? Pourquoi si vous ne pouvez pas avoir d’enfants, vous sentez-vous déjà condamné-e ? Quand vous êtes-vous pour la dernière fois senti-e victime, alors qu’il ne tenait qu’à vous de faire en sorte que ce ne soit pas le cas ? Les réponses – qui se présentent sous forme de précieuses leçons – à ces questions ne nous apportent qu’une seule chose : l’émouvant exercice de vivre.


Il n’y a pas de blanc sans noir, il n’y pas rien sans quelque chose. La vie tourne autour de deux pôles opposés qui s’attirent.


Tout ce qui implique des émotions nous marque davantage. C’est pourquoi nous avons toujours autant de problèmes dans nos relations. Parfois, on confond nos propres besoins avec ceux des autres : manques affectifs, peurs, besoin que l’on nous rende heureux-ses… Cependant, il n’y a rien de négatif dans tout cela. C’est au travers de la douleur et de la souffrance que l’on apprend. Il n’y a qu’ainsi que l’on pourra grandir en tant que personnes. Car il n’y a jamais de blanc sans noir, et c’est une très bonne chose.