Il n’est jamais trop tard si le moment est opportun

· 30 mai 2017

Il semble de plus en plus accepté que le temps se construit moment après moment, en accumulant des expériences qui nous bercent et nous poussent dans des courants circonstanciels. Le professeur de physique et scientifique allemand Georg Lichtenberg en était arrivé à dire que rien ne nous fait vieillir plus rapidement que le fait de penser sans cesse à ce qui nous rend vieux/vieilles.

Penser qu’il est trop tard pour quelque chose, c’est donner des ailes au « jamais » et tuer les opportunités ainsi que les vents de changement dans différents domaines de notre vie. Dites-vous qu’il n’est pas questions de valoriser les choses en fonction du temps qu’il nous reste dans la journée, dans la semaine ou dans la vie. C’est quelque chose qu’il faut valoriser en fonction du moment dans lequel on se trouve.


« Prenez soin des minutes et les heures prendront soin d’elles-mêmes. »

– Lord Chesterfield –


Les éternelles choses en suspens

Sur ce point, on peut toujours se lamenter du temps perdu, des loisirs sacrifiés ou encore de la passion abandonnée. Tout cela peut générer en nous une certaine anxiété. Une anxiété qui nous mène à ruminer des pensées telles que « je n’aurais pas dû laisser tomber », ou encore « cela a été difficile pour moi ». D’un autre côté, les buts inaccessibles que l’on peut se fixer parfois peuvent nous mener à être déçu-e-s de nous du fait de notre incapacité à atteindre ces buts se trouvant hors de notre portée. 

D’un autre côté, souvent, les objectifs que l’on se fixe incluent des activités nouvelles, et ce n’est pas une mauvaise chose. Cependant, on peut aussi regarder autour de nous, prendre conscience de ce que l’on fait et de ce que l’on a déjà, et tout changer.

Travailler pour améliorer cela, pour élargir notre vision là-dessus et l’approfondir. Peut-être qu’en suivant ce chemin – en apparence plus modeste – on pourra tirer une leçon plus riche que celle que l’on pourrait tirer en poursuivant des objectifs qui se trouvent hors de nos possibilités à court terme, même si au départ ils résultent plus attirants.


« Lorsque l’on dit qu’avant, c’était mieux, on condamne le futur sans le connaitre. »

– Francisco de Quevedo –


Réinventer un « moment » connu

Réinterpréter un des éléments qui occupent notre quotidien peut apporter bien des choses si on change le prisme depuis lequel on voit la vie.

Souvent, le développement n’est pas si loin que ce que l’on croit. De fait, en changeant tout simplement la perspective depuis laquelle on regarde la plupart des éléments qui occupent notre vie quotidienne – relations, comportements, objets, etc – on peut faire de grandes découvertes.

Si on change d’approche et de point de vue, on peut favoriser une infinité de capacités et d’habilités. Pour illustrer cela, prenons un exemple : pendant les fêtes de Noël, où vous disposez de plus de temps libre, vous vous fixez un nouvel objectif, et décider de vous concentrer sur une activité à laquelle jusqu’alors vous adonniez automatiquement sans réfléchir : la cuisine. Avec ce changement de perspective sur une activité que vous faisiez « sans en avoir conscience », vous vous rendez compte que vous pouvez apporter à votre vie bien plus d’éléments qu’un régime alimentaire riche et varié.

La cuisine est un élément qui, bien que motivant pour certain-e-s, peut être un cauchemar pour d’autres. Généralement, nous la réduisons à quelque chose qui nous sert à nous sociabiliser, à obtenir des nutriments et à activer le goût. Mais après cela, il y a d’autres possibilités que nous n’avons pas explorées, et que nous avons eu la chance de mettre en pratique et d’améliorer en décidant d’y accorder plus d’attention et d’importance.

Au-delà de l’évidence

Derrière chaque activité, il y a des qualités occultes qui peuvent faire que l’on exprime le moment. Pour reprendre l’exemple de la cuisine, on peut grâce à elle découvrir plusieurs de ces qualités :

  • La créativité : quelque chose d’important dans la cuisine, c’est le changement ; oser imaginer nos plats, les cuisiner et les goûter. Cet avantage, on le trouve dans cette discipline. Il est certain que parfois, il est préférable de s’en tenir à une recette en particulier – surtout en pâtisserie -, mais cela n’est qu’une partie du processus. On peut aussi laisser libre cours à notre imagination lors du dressage, par exemple.

« Chaque semaine, il y a un désastre dans ma cuisine. L’alarme incendie sonne plusieurs fois, mais cela ne m’empêche pas d’être aventurier. »

– Paul O’Grady –


  • La discipline : l’autre face de la pièce. La précision et le temps sont des éléments importants pour bien des tâches, de manière à ce que pour que le résultat soit optimal, ces deux éléments doivent être contrôlés. Apprendre à mesurer et à travailler en suivant des instructions et en franchissant des étapes ordinaires est une discipline qui octroiera « une bonne assise » à notre créativité.
  • La patience : dans ce cas, deux chemins s’offrent à nous. Soit être patient-e envers soi, soit l’être envers la discipline elle-même. Respecter le temps aussi bien de l’apprentissage propre que des processus que l’on entreprend, c’est une part indispensable pour avoir du succès. De fait, la hâte et l’envie d’en finir peuvent facilement être des facteurs influant de manière négative sur le résultat final. De plus, dites-vous qu’il est bon que la cuisine, comme toute autre activité de loisir, aille à autre rythme que celui que vous menez face à vos obligations quotidiennes.

« Je n’ai pas le temps d’être pressé. »

– John Wesley –


  • La mémoire : on peut l’envisager comme un défi. En essayant de mémoriser des recettes, des proportions ou des ingrédients, on entraîne et on met à l’épreuve notre mémoire à court ainsi qu’à long terme.
  • La planification : actuellement, c’est un élément essentiel à notre quotidien. Savoir quand, comment et que faire à chaque moment, cela nous aidera à centrer notre temps sur les activités auxquelles on s’adonne et à ne pas tout changer constamment dans notre agenda mental. Ainsi, avoir un agenda structuré et flexible à la fois libérera des ressources mentales auxquelles on peut avoir recours pour améliorer l’expérience elle-même de l’activité dans laquelle on se trouve immergé-e.
  • La tolérance face à la frustration : échouer. S’entraîner, et échouer encore. Penser qu’on ne sait pas ou qu’on ne peut pas est un démon qui nous guette à tout moment et en toute circonstance. Dans cette discipline, on échoue, on recommence et on peut également échouer de nouveau. Tout dépend de si on ajuste nos attentes, de si on analyse nos échecs, et de si on travaille pour s’améliorer petit à petit.

Nous ne pouvons pas mettre un point final à cet article sans signaler un objectif de plus : la déconnexion de notre rythme routinier et bien souvent, source d’anxiété. Etre centré-e sur quelque chose qui nous capture, qui fait que l’on ne pense pas à autre chose. Que l’on choisisse de se réinventer dans la cuisine ou que l’on choisisse de restaurer des meubles de maison ou encore de se mettre à la reliure manuelle des livres très usés que l’on trouve sur les étagères de notre bibliothèque, peu importe. L’essentiel, c’est de trouver une activité qui puisse nous permettre de changer de rythme ; c’est fondamental pour notre bien-être.

Regardez autour de vous, cherchez, freinez, réinventez, échouez, apprenez et déconnectez-vous.